Profil d'espèce

Léchéa maritime

Nom scientifique : Lechea maritima
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


Recherche avancée

Liens rapides : | Taxinomie | Description | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Léchéa maritime

Taxinomie

Deux variétés de léchéa maritime sont reconnues : la variété maritima et la variété subcylindrica. Comme l’espèce n’est représentée au Canada que par sa variété subcylindrica, le nom de léchéa maritime est utilisé ici sans préciser la variété.

Haut de la page

Description

La léchéa maritime est une plante herbacée vivace poussant sur les dunes côtières couvertes de végétation. Elle possède sur sa base ligneuse des pousses couchées et densément feuillues, formant souvent une rosette. Les feuilles des pousses basales sont épaisses et serrées les unes contre les autres. D’un vert mat, elles sont finement poilues sur le dessus, tandis que les poils du dessous sont denses et blancs. Deux fois plus longues, les feuilles des tiges présentent des poils clairsemés, mais deviennent glabres à maturité sur le dessus. Les tiges qui portent les fleurs sont généralement dressées et fortement ramifiées. Chaque plant compte de 1 à 5 de ces tiges mesurant de 20 à 35 cm de hauteur environ. La plante fleurit du milieu à la fin de l’été et produit des fruits vers la fin de l’été et au début de l’automne. Les fleurs, nombreuses mais discrètes, sont réunies en petits groupes denses. Elles possèdent chacune trois pétales brun rougeâtre qui tombent peu de temps après leur apparition. Le fruit est une capsule en forme de boule mesurant environ 2 mm de diamètre. Ce petit fruit sec renferme de 3 à 6 graines lisses d’environ 1 mm de longueur, sans mécanisme évident les aidant à se disperser. L’espèce se distingue de la léchéa intermédiaire, seule autre espèce de léchéa susceptible de se retrouver à ses côtés au pays, par ses graines lisses et les nombreux poils blancs tapissant le dessous des feuilles de ses pousses basales.

Haut de la page

Répartition et population

La léchéa maritime se rencontre principalement du Nouveau-Brunswick à la Caroline du Nord, uniquement le long de la côte atlantique, sauf au Massachusetts et au New Hampshire, où l’espèce est présente à l’intérieur des terres. Les mentions pour l’Ontario et le Québec ne sont pas fondées et résultent sans doute d’erreurs. La variété subcylindrica est rare et ne se rencontre que sur la côte est du Nouveau-Brunswick et la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Jusqu’à présent, on a dénombré 15 populations au Canada, dont l’effectif total a été estimé à au moins 181 000 individus. On ne possède aucune information sur les tendances à long terme, mais les cinq populations les plus anciennes, découvertes de 1892 à 1932, existent toujours. Comme la variété subcylindrica ne se retrouve qu’au Canada, elle ne pourrait pas se rétablir par suite d’une immigration en provenance des États-Unis si elle venait à disparaître. À l’échelle de l’espèce entière, l’immigration par dispersion naturelle des graines de plants américains est improbable. En effet, la plus proche occurrence de la variété maritima est située dans le centre-sud du Maine, à environ 115 km de la frontière canadienne.

Haut de la page

Habitat

La léchéa maritime ne pousse que sur les côtes de l’océan, dans les dunes stabilisées, c’est-à-dire en grande partie recouvertes de végétation. On la trouve généralement dans le sable, en terrain sec et dégagé. La plante ne semble pas tolérer les parties très mobiles des dunes et pousse habituellement à des endroits relativement abrités, qui ne sont pratiquement jamais inondés par la mer. On la trouve souvent en compagnie d’un arbuste bas, la hudsonie tomenteuse, qui forme des colonies localement dominantes et parfois étendues. Dans certaines localités, la léchéa maritime pousse sous couvert de pin gris et de pin rouge, sur de vieilles dunes, mais ces populations sont petites et limitées aux endroits où la pinède est la plus clairsemée; il semble donc que cet habitat ne soit pas optimal, car le couvert arborescent, jetant une ombre partielle, tend à éliminer l’espèce par compétition.

Haut de la page

Biologie

On dispose de peu d’informations sur la biologie de la léchéa maritime. On sait toutefois que cette plante vivace se reproduit au moyen de graines. Comme les graines ne semblent posséder aucun mécanisme spécialisé assurant leur dispersion, la majorité d’entre elles restent sans doute à proximité de la plante mère. Il est cependant possible que les graines soient transportées sur de plus grandes distances par l’eau ou les forts vents, particulièrement sur la glace ou la neige. La léchéa maritime fleurit du milieu à la fin de l’été et produit des fruits vers le début de l’automne. On suppose qu’elle est pollinisée par le vent, mais la pollinisation par les insectes est également possible. On a déjà signalé que les diverses espèces de léchéa sont principalement pollinisées par leur propre pollen, mais certains cas d’hybridation semblent indiquer qu’elles peuvent être fécondées par le pollen d’une autre léchéa. Dans certaines conditions, les plantes encore très petites peuvent se reproduire dès le deuxième été ou peut-être même dès le premier été, mais la plupart des plantes reproductrices semblent âgées de 8 à 10 ans. La plupart des membres de cette famille vivent en association avec des champignons mycorhiziens. Ces relations sont généralement très bénéfiques pour la plante hôte, car elles facilitent le transport de l’eau et l’absorption des éléments nutritifs à partir du sol tout en augmentant la résistance de la plante à la sécheresse et aux pathogènes transmis par la terre, ce qui accroît sa capacité à supporter les conditions difficiles, telles que celles caractérisant les dunes.

Haut de la page

Menaces

La hausse du niveau de la mer ainsi que l’augmentation de la force et de la fréquence des tempêtes associées aux changements climatiques pourraient constituer une menace à long terme pour l’espèce et son habitat, étant donné que la population se trouve en grande partie à une altitude inférieure à 5 m. Plusieurs sites où se trouve la léchéa maritime ont déjà subi, au cours des dernières années, des modifications appréciables dues aux fortes tempêtes, et des pertes d’habitat et d’effectif ont été observées dans ces populations. Les activités récréatives intenses se déroulant pendant les mois d’été posent problème pour certaines populations. Des pertes mineures dues au passage des populaires véhicules tout-terrain dans les dunes et au piétinement ont été observées dans quelques sites. La succession végétale pourrait poser problème dans les deux sites boisés. Cette colonisation naturelle du milieu par les plantes est peut-être en train de provoquer un déclin dans les sites de l’île Fox et de l’île Portage, au Nouveau-Brunswick. Les populations présentes sur ces deux îles sont relativement petites et pourraient finir par disparaître. Enfin, l’espèce occupe au pays une superficie très restreinte, et son habitat est très spécifique, la plante ne poussant que dans les dunes stabilisés. Cette spécificité de l’habitat est sans doute la principale raison de la rareté de la léchéa maritime.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Canada, environ le tiers de l’habitat occupé par l’espèce se trouve à l’intérieur de zones protégées. La léchéa maritime est présente dans la Réserve nationale de faune de l’Île-Portage, qui fait partie des terres domaniales protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Elle se trouve également dans les parcs nationaux de Kouchibouguac et de l’Île-du-Prince-Édouard, où elle est protégée par la Loi sur les parcs nationaux. Au niveau provincial, l’espèce jouit d’une certaine protection conférée par les lois et les règlements provinciaux régissant l’aménagement des zones côtières et y limitant les activités. Il s’agit notamment de la Loi sur les actes d’intrusion et de la Politique de protection des zones côtières du Nouveau-Brunswick ainsi que de la Planning Act et de l’Environmental Protection Act de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle bénéficie aussi d’une certaine protection sur la dune de Bouctouche, dans le parc provincial Cabot Beach, et dans d’autres terres provinciales (les deux populations des Conway Sandhills).

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la léchéa maritime (Lechea maritima) au Canada (2008)

    La léchéa maritime (Lechea maritima) est une plante herbacée vivace de la famille des Cistacées. Les populations canadiennes de l’espèce ont été reconnues comme formant une variété distincte, la variété subcylindrica. Comme il s’agit de la seule variété de L. maritima à se trouver au Canada, le présent rapport porte sur la situation des populations canadiennes de l’espèce en général et ne fait référence à la variété subcylindrica que si la clarté l’exige. La plante pousse sur les dunes côtières stabilisées. Elle possède une souche ligneuse, qui émet des pousses basales couchées et densément feuillues formant souvent une rosette. Les tiges fructifères sont hautes de (10) 20 à 35 cm, généralement dressées et fortement ramifiées. La plante fleurit du milieu à la fin de l’été et produit des fruits vers la fin de l’été et au début de l’automne. Les fleurs, nombreuses mais peu visibles (de 2 à 4 mm de diamètre), possèdent chacune trois pétales brun rougeâtre qui tombent après peu de temps. Le fruit est une capsule sphérique, longue de 1,8 à 2,1 mm, généralement plus courte que les sépales, s’ouvrant longitudinalement en trois valves jusqu’à la base. La capsule renferme généralement 4 ou 5 graines, lisses, longues de 1 à 1,1 mm, sans mécanisme évident de dispersion. Par rapport à la léchéa intermédiaire (L. intermedia), seule autre espèce de léchéa présente dans l’aire canadienne de la léchéa maritime, les caractères qui permettent le mieux de distinguer la léchéa maritime sont ses graines lisses et la pubescence dense et blanche du dessous des feuilles de ses pousses basales.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Léchéa maritime (2008)

    Les populations canadiennes ont été reconnues comme une variété endémique d’importance mondiale. Les plants se limitent aux dunes stabilisées dans des zones localisées du littoral du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard. La plupart des 15 populations, y compris les trois plus grandes, sont présentes à des altitudes de moins de 5 m au-dessus du niveau de la mer, où elles sont davantage exposées aux effets de violentes ondes de tempêtes attribuables à la hausse du niveau de la mer ainsi qu’à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes qui surviendront, selon les prévisions, en conséquence des changements climatiques. Une récente onde de tempête a déjà eu des répercussions sur une portion considérable de l’habitat potentiel à l’un des sites au Nouveau-Brunswick. D’autres impacts attribuables au piétinement, à l’utilisation de véhicules tout-terrain et à la succession végétale, ont été documentés.

Plans d'actions

  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de l’Île-du-Prince-Édouard (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de l’Île-du-Prince-Édouard couvre les terres et les eaux se trouvant à l’intérieur des limites du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (PNIPE) établies dans la Gazette du Canada, ainsi que les terres publiques adjacentes au parc détenues et administrées par Parcs Canada, y compris le secteur Greenwich. Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action établies par la Loi sur les espèces en péril (LEP, art. 47) en ce qui a trait aux espèces pour lesquelles il faut établir un plan d’action et qui sont observées régulièrement à ces endroits. Les mesures décrites dans ce plan procureront aussi des avantages aux autres espèces préoccupantes sur le plan de la conservation qui se trouvent régulièrement dans le PNIPE ou les terres publiques fédérales adjacentes.
  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Kouchibouguac et les lieux historiques nationaux du Canada associés (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Kouchibouguac et les lieux historiques nationaux du Canada associés vise les terres et les eaux se trouvant dans les limites de quatre endroits: le parc national du Canada Kouchibouguac (PNK) et d’autres terres administrées par Parcs Canada relevant de l’unité de gestion du Nord du Nouveau-Brunswick qui fournissent un habitat adéquat aux espèces ciblées dans le présent plan d’action (le lieu historique national [LHN] du Canada du Fort-Beauséjour – Fort-Cumberland, le LHN de Beaubassin – Fort-Lawrence, le LHN de Grand-Pré). Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action établies dans la Loi sur les espèces en péril (LEP) (article 47) en ce qui concerne les espèces pour lesquelles un tel plan est nécessaire et que l’on trouve régulièrement à ces endroits. Les mesures décrites dans le présent plan d’action apporteront aussi des bienfaits à d’autres espèces préoccupantes sur le plan de la conservation qui fréquentent régulièrement le PNK et les LHN associés.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du léchéa maritime (Lechea maritima) au Canada (2013)

    Le léchéa maritime (Lechea maritima), une vivace herbacée de la famille des cistacées, est inscrit sur la liste de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) comme espèce préoccupante. En tant que ministre compétent pour la gestion du léchéa maritime, le ministre de l’Environnement et de l’Agence Parcs Canada a préparé un plan de gestion en vertu de l’article 65 de la LEP avec la collaboration ou la consultation des gouvernements du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que de la Confédération des Mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 - 2008 (2008)

    Le rapport annuel de 2008 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 20 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 19 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.