Profil d'espèce

Lasthénie glabre

Nom scientifique : Lasthenia glaberrima
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2008
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Lasthénie glabre

Description

La lasthénie glabre est une herbacée annuelle au port plus ou moins étalé. Comme son nom l’indique, cette plante est glabre, c’est-à-dire que sa tige, ses feuilles et ses fleurs ne sont pas poilues. Des racines peuvent se former à partir des nœuds inférieurs des tiges parfois ramifiées. Les feuilles étroites, longues de 2 à 10 cm, sont disposées face à face sur la tige, et leur contour est entier. La plante produit des groupes de fleurs peu apparentes, qui peuvent facilement passer inaperçues. Chaque « fleur » est en fait un capitule en forme de cloche, composé de nombreuses petites fleurs jaune pâle serrées sur un réceptacle commun en forme de cône. Le capitule est entouré à sa base de 5 à 10 petites écailles, les bractées. Un peu comme une marguerite, le cœur du capitule est entouré de 6 à 13 fleurs jaune pâle filiformes, peu voyantes. Les graines sont enfermées dans des fruits secs appelés « akènes ». Ces fruits, mesurant moins de 4 mm de longueur, sont minces et légèrement poilus. Ils sont pourvus d’une aigrette formée d’écailles. La lasthénie glabre risque d’être confondue avec le cotule pied-de-corbeau et la jaumée charnue. Les trois espèces poussent en tapis et produisent de petites fleurs jaunes groupées et, vues à distance, peuvent paraître semblables. Cependant, le cotule pied-de-corbeau se distingue aisément par ses feuilles, souvent dentées, disposées en alternance autour de la tige. La jaumée charnue se distingue notamment par ses feuilles charnues épaisses.

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Répartition et population

La lasthénie glabre se rencontre depuis l’île de Vancouver jusqu’au centre de la Californie, principalement à l’ouest des monts Cascade. Il existe au Canada une seule population connue de l’espèce; elle se trouve dans le parc régional East Sooke, près de Victoria, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. La population américaine la plus proche se trouve à environ 300 km au sud, dans l’état de Washington. Depuis le début des années 1980, les milieux susceptibles d’abriter la lasthénie glabre ont été explorés à maintes reprises dans le cadre de divers projets visant à déterminer la répartition des plantes rares poussant dans les mares printanières et les zones de suintement du sud-est de l'île de Vancouver et des îles Gulf. En dépit de ces recherches intensives, la population canadienne de lasthénie glabre n’a été découverte qu’en 2003. Des recherches ciblées réalisées en 2003, 2004, 2005 et 2006 n’ont pas mené à la découverte d’autres populations. L’unique population canadienne de lasthénie glabre comptait 21 individus matures en 2006, comparativement à environ 200 individus en 2003, l’année de sa découverte. Il est impossible d’établir les tendances à long terme de la population, mais les dernières données de 2003 à 2006 révèlent une diminution de son effectif. Cependant, ces données ne permettent pas de savoir s’il s’agit d’un réel déclin ou simplement d’un creux dans un cycle de fluctuations. Les lasthénies sont particulièrement sujettes à ces fluctuations en nombre, en réponse aux fluctuations des pluies annuelles et à la durée des mares.

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Habitat

La population de lasthénie glabre de la Colombie-Britannique pousse dans une mare printanière située dans une falaise rocheuse, à environ 15 m au-dessus du niveau de la mer. Le fond de la mare comporte une mince couche de sol à texture moyenne reposant sur de la roche. Le site devient mouillé avec les premières pluies, à la fin de l’été ou au début de l’automne, et demeure saturé ou inondé une bonne partie de l’hiver jusqu’au début du printemps. Le sol s’assèche ensuite progressivement, à mesure que s’installe la sécheresse estivale, et devient très sec de la mi-juin à la fin août ou au début septembre. La superficie des milieux propices à la lasthénie glabre a beaucoup diminué depuis le début du XXe siècle, la zone côtière du sud-est de l’île de Vancouver ayant été en grande partie aménagée à des fins d’habitation et de récréation. Une grande partie de ce qu’il reste d’habitat disponible pour cette annuelle a été profondément transformée par plusieurs espèces exotiques envahissantes.

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Biologie

Les graines de la lasthénie glabre germent à partir d’avril jusqu’au début de mai. Cette annuelle de courte durée continue de croître jusqu’à ce que la sécheresse estivale entraîne son dépérissement. La mortalité survient normalement à la fin mai ou en juin, et les pluies estivales semblent trop rares pour pouvoir provoquer un regain de croissance végétative, la floraison et la fructification. La floraison commence au début de mai et atteint son apogée au plus tard à la mi-mai. Les fleurs sont fécondées par leur propre pollen. La dispersion des akènes s’observe à partir de la mi-mai, et, à la fin juin, la plupart des individus ne portent plus aucun fruit. Il est peu probable que l’aigrette favorise la dispersion des akènes par le vent; elle sert probablement plutôt à attacher ces fruits au pelage de mammifères. La lasthénie glabre survit à la sécheresse de l’été et au froid de l’hiver sous forme de graines. Mais comme chez de nombreuses autres espèces annuelles de lasthénie, toutes les graines viables germent possiblement après un arrosage abondant et ne constituent donc pas de réservoir de longue durée.

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Menaces

Le piétinement est l’une des principales menaces à la survie de l’unique population canadienne de lasthénie glabre, celle-ci se trouvant à proximité d’un sentier de randonnée. Des empreintes ont été observées parmi les plantes durant la période critique de croissance, en avril et mai, et, en 2005, 6 des 20 individus de la population ont été piétinés. En septembre 2005, le Capital Regional Parks Department a érigé une clôture autour de la mare. Cette mesure réduira probablement les dommages accidentels, mais peut en revanche attirer l’attention indésirable de certains randonneurs. Plusieurs plantes envahissantes exotiques ont envahi l’habitat actuel et potentiel de la lasthénie glabre, et constituent un autre facteur menaçant important. Les arbustes exotiques envahissants, comme le genêt à balais, peuvent s’enraciner à proximité et jeter de l’ombre sur les petites colonies de lasthénie glabre. La destruction du milieu naturel est la principale cause de la perte d’habitat. Dans la région du Grand Victoria, une grande partie de la côte qui aurait pu abriter l’espèce a été aménagée avant 2003, année où l’espèce a été mentionnée pour la première fois au Canada. L’unique population canadienne de la lasthénie glabre est menacée du seul fait de son faible effectif et de la superficie très réduite qu’elle occupe, facteur la rendant vulnérable à des événements fortuits qui ne présenteraient aucun risque pour des populations plus abondantes et plus étendues. Enfin, l’espèce dépend des suintements hivernaux et printaniers. Toute modification des régimes d’eau pouvant influer sur la disponibilité de l’eau et sur les caractères du milieu pourrait menacer cette plante rare.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Lasthénie glabre est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique, la lasthénie glabre n’est protégée par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada (2008)

    La lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) est une espèce du genre de la famille des asters (Astéracées). Il s’agit d’une herbacée annuelle à pousses de forme étalée à dressée, à racine pivotante, à tige simple à très ramifiée et glabre. Des racines adventices peuvent se former à partir des nœuds inférieurs des tiges. Les feuilles sont opposées, linéaires, longues de 2 à 10 cm, entières et glabres. La plante produit des groupes de capitules. Chaque capitule, en forme de cloche, réunit de nombreuses fleurs serrées. Les fleurs, jaune pâle, sont peu apparentes et peuvent facilement passer inaperçues. Les akènes (fruits secs typiques de la famille des Astéracées) sont linéaires, pubescents et mesurent moins de 4 mm de longueur. L’espèce présente une grande variation morphologique et est autogame; il est donc fort possible que certaines populations soient génétiquement distinctes, en particulier les populations isolées, comme celle du Canada.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Lasthénie glabre (2008)

    Il n’existe qu’une seule population très petite de cette plante florifère annuelle qui est exposée à un risque continu attribuable à un certain nombre de facteurs limitatifs, dont la propagation de plantes exotiques.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) au Canada (2012)

    En 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la population canadienne de la lasthénie glabre (Lasthenia glaberrima) et a établi qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition. En février 2010, cette population a été inscrite à titre d’espèce en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada, ce qui confère à l’espèce une protection juridique.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 - 2008 (2008)

    Le rapport annuel de 2008 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 20 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 19 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.