Profil d'espèce

Caribou Population boréale

Nom scientifique : Rangifer tarandus
Autres noms/noms précédents : Sébaste aux yeux jaunes (Population des eaux intérieures de l'ocean Pacifique)
Taxonomie : Mammifères
Distribution : Yukon, Territoires-du-Nord-Ouest, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2014
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


Recherche avancée

Liens rapides : | Taxinomie | Photo | Description | Répartition et population | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Caribou

Caribou  Photo 1

Haut de la page

Taxinomie

Il reste de l’incertitude quant à la façon dont les différents groupes de caribous sont apparentés. Les progrès de la technologie de l’analyse génétique ont permis d’éclaircir certaines questions, mais les études se poursuivent. En attendant d’en savoir davantage, on classe les caribous par écotype (selon l’endroit où ils sont présents et d’après leur comportement) pour les gérer et assurer leur conservation. Il existe trois grands types de caribous au Canada : le caribou de Peary, le caribou de la toundra et le caribou des bois. La sous-espèce dawsoni, traditionnellement regroupée avec le caribou des bois, est disparue. Les résultats de recherches récentes indiquent que les caribous du troupeau Dolphin et Union sont uniques. Ils ressemblent à de gros caribous de Peary mais, sur le plan génétique, semblent plus près du caribou de la toundra. On ne trouve le caribou de Peary, la plus petite et la moins bien connue de ces trois races, et celle dont la robe est la plus pâle, que dans les îles de l’archipel Arctique. Ces caribous ont accès à un vaste territoire, mais dont une portion limitée seulement renferme un habitat convenable. Le caribou de la toundra, un peu plus gros et de couleur un peu plus foncée, est présent pendant toute l’année, ou presque, dans la toundra, de l’Alaska à l'île de Baffin. Il s’agit de la race la plus abondante, et de loin, certains troupeaux du Nord du Canada comptant des centaines de milliers d’individus. Ces caribous effectuent une migration saisonnière, en suivant souvent un parcours prévisible, vers les forêts peu fournies de conifères des zones septentrionales. Le caribou des bois, la race la plus grosse et dont la couleur est la plus foncée, est réparti de façon irrégulière dans l’ensemble de notre forêt et nos montagnes boréales, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique. Le caribou des bois ne migre pas, mais certains troupeaux, en particulier ceux des régions montagneuses, se déplacent à différentes altitudes selon les saisons.

Haut de la page

Description

Le caribou, un très vieux membre de la famille des cervidés, est l’un des gros mammifères les plus largement répandus au Canada. Son nom est probablement une altération du nom micmac « xalibu », qui signifie « celui qui donne des coups de patte ». Le caribou se distingue des autres cervidés par le fait que les deux sexes portent des bois; il arrive toutefois que certaines femelles n’en aient qu’un, ou pas du tout. Les bois poussent si rapidement qu’un mâle adulte peut avoir des bosses veloutées sur la tête en mars et une ramure de plus d’un mètre de long en août. En février, tous les caribous ont perdu leurs bois. Le pelage du caribou des bois est surtout brun en été (plus gris en hiver), mais le cou, la crinière, la bande du bas des épaules, le ventre, le dessous de la queue ainsi qu’une touffe au dessus de chacun des sabots sont blanc crème. Le caribou atteint de 1 mètre à 1,2 mètre de haut à l’épaule et les individus matures pèsent de 110 kg à 210 kg. Le poids moyen des mâles est de 180 kg; celui des femelles est de 135 kg. Les bois du caribou des bois sont aplatis, complexes et compacts par comparaison avec ceux du caribou de la toundra.

Haut de la page

Répartition et population

Le caribou des bois est présent dans cinq des huit aires écologiques nationales reconnues par le COSEPAC et sur tout le territoire du Canada à l’exception de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nunavut. La population des montagnes du Nord est formée de 36 populations vivant au Yukon, dans les Territoires du Nord Ouest et dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique. La population des montagnes du Sud comprend 26 populations en Colombie-Britannique et 4 en Alberta. La population boréale est répartie sur une superficie immense, allant des monts Mackenzie, au Nord-Ouest, jusqu’au Sud du Labrador, à l’est, et vers le sud jusqu’au lac Supérieur. À Terre-Neuve, il y a, sur la grande île et sur les îles du large, 15 populations naturelles et 22 populations introduites de caribous des bois. La population de la Gaspésie Atlantique, au Québec, est le seul troupeau qui reste au sud du fleuve Saint Laurent. Il est en grande partie confiné au sommet du mont Albert et du mont Jacques Cartier, dans le parc de la Gaspésie, dans la péninsule du même nom. La population boréale de caribous des bois est celle don’t l’aire de répartition est la plus vaste; elle est présente dans les Territoires du Nord Ouest, en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et à Terre Neuve-et Labrador. Il s’agit peut-être aussi de la population de caribous la moins étudiée. Des recherches récentes ont fait passer le nombre de populations connues à plus de 64, et il faut s’attendre à ce que ce chiffre augmente encore, lorsque des colliers émetteurs seront posés à d’autres individus et que la répartition sera délimitée. Des relevés de populations antérieurs à 2002 estiment à 33 000 le nombre d’individus de la population boréale, ce qui représente 18 p. 100 de tous les caribous des bois du Canada. Les effectifs et les tendances pour la plupart des populations locales de l’aire écologique nationale boréale sont mal connus, car la faible densité des caribous, la grande superficie de la région et la multiplicité des autorités responsables rendent cette tâche difficile. Cinquante deux populations ont été décrites, dont une est à la hausse, six sont stables et douze sont à la baisse; les tendances démographiques ne sont pas connues pour les 33 autres.

Haut de la page

Habitat

En hiver, le caribou des bois fréquente des peuplements mûrs et de vieilles forêts de conifères où se trouvent de grandes quantités de lichens terrestres et arboricoles (qui croissent sur les arbres). Ces forêts sont en général associées à des marais, à des tourbières, à des lacs et à des rivières. En été, le caribou se nourrit de temps à autre dans les peuplements jeunes, après un incendie ou l’abattage des arbres. Il faut en moyenne de 40 à 80 ans dans la forêt boréale méridionale de l’Alberta et de la Saskatchewan, et de 200 à 350 ans en Colombie-Britannique, pour que les habitats reviennent à l’état dans lequel ils étaient avant un incendie. De nombreuses sous-populations de la population boréale manifestent une préférence pour les tourbières; elles évitent en général les forêts coupées à blanc, les habitats où il y a beaucoup d’arbustes et les sites dominés par les peupliers faux-trembles. Les arbres les plus communs dans leurs habitats de prédilection sont l’épinette noire, l’épinette blanche et le mélèze laricin.

Haut de la page

Biologie

Le caribou est bien adapté à son milieu. Il a un corps compact, de petites oreilles et une queue courte, et même son museau est recouvert de poils courts qui le protègent de la neige et de l’air froid. Le pelage du caribou est constitué d’une fine bourre crêpée recouverte d’une couche épaisse de jarres (poils raides). Les jarres sont creux comme des pailles, et l’air qu’ils emprisonnent sert d’isolant qui permet au caribou de conserver sa chaleur corporelle. Le caribou est un excellent nageur, et ces poils creux l’aident aussi à flotter dans l’eau. Le caribou a de larges pieds à quatre doigts. Outre deux petits doigts, appelés « ergots », il est pourvu de deux doigts larges en forme de croissant qui supportent la plus grande partie de son poids et lui servent de pelle lorsqu’il creuse la neige pour trouver de la nourriture. Ces gros sabots concaves assurent sa stabilité sur les sols humides et détrempés et sur la neige croûtée. Les coussinets des sabots, épais et charnus en été, deviennent durs et minces pendant les mois d’hiver, ce qui réduit l’exposition de l’animal au froid. Les longs poils entre les « doigts » lui offrent une protection hivernale supplémentaire : ils recouvrent les coussinets, si bien que le caribou ne marche que sur le rebord corné des sabots. La période du rut, c’est à-dire de l’accouplement, a généralement lieu à la fin de septembre et pendant la première moitié d’octobre. Les femelles peuvent commencer à se reproduire dès qu’elles ont 16 mois; la plupart s’accouplent chaque année à partir de 28 mois et donnent en général naissance à un seul petit le printemps suivant (de la mi mai à la mi juin). En théorie, les mâles peuvent se reproduire lorsqu’ils ont de 18 à 20 mois, mais la plupart n’ont probablement pas l’occasion de le faire avant d’avoir trois ou quatre ans. Pendant le rut, les mâles se livrent avec leurs bois à des combats fréquents et acharnés. Les gros mâles à la ramure imposante sont ceux qui s’accouplent le plus. Pour mettre bas, les femelles se rendent dans des endroits isolés, où il y a relativement peu de prédateurs, comme les îles dans un lac, les tourbières, les rives des lacs ou la toundra. La taille des groupes est plus faible pendant la période de la mise bas et durant l’été qu’en d’autres moments; elle augmente avant le rut et peut diminuer ou augmenter pendant l’hiver. En toutes saisons, les groupes de caribous qui fréquentent la forêt et la toundra sont plus gros que les groupes de caribous des bois. Le taux de survie des petits atteint en moyenne de 30 à 50 p. 100, mais peut varier entre presque rien et 100 p. 100. La survie des petits est déterminée par de nombreux facteurs, y compris la quantité d’aliments et leur qualité (pour les femelles en gestation et pendant la première année de leur vie), le nombre de prédateurs et la température. Le taux de survie pouvant être très élevé, une population peut augmenter rapidement lorsque les conditions sont favorables. Le caribou est un animal qui broute ce qu’il trouve. Il se nourrit surtout le matin et à la fin de la soirée, et se repose au milieu du jour et de la nuit. Il s’agit du seul gros mammifère dont les lichens peuvent constituer le principal aliment. Dans son estomac se trouvent des bactéries et des protozoaires spécialisés qui digèrent avec efficacité les lichens, et lui permettent de tirer profit de cette riche source d’aliments pendant l’hiver, moment où les autres aliments sont rares. Son sens de l’odorat est par ailleurs excellent et l’aide à trouver les lichens sous la neige. Les loups, les ours, les coyotes, les couguars et les lynx se nourrissent de caribous, qui sont aussi chassés par l’être humain. Les caribous se déplacent constamment. Les prédateurs et les parasites ne peuvent donc pas savoir où ils se trouveront, et les endroits où il y a des lichens ne sont ni sur utilisés ni piétinés.

Haut de la page

Menaces

La destruction de son habitat, la chasse, les perturbations causées par l’être humain (y compris la construction de routes et de pipelines) et la prédation (par les loups, les coyotes et les ours) ont tous joué un rôle dans le déclin des effectifs des caribous des bois. En de nombreuses parties de son aire de répartition, les pratiques forestières et le développement de l’agriculture et de l’exploitation minière ont entraîné la disparition, la modification et la fragmentation d’un milieu important pour le caribou. Des facteurs qui échappent à notre contrôle, comme la température et le changement climatique, ont également une influence. Un des défis actuels de la gestion du caribou est d’en apprendre davantage sur les interactions entre ces facteurs pour réduire la menace qu’ils font peser sur les populations de caribous des bois.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

L'espèces Caribou, Population boréale, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Les caribous des bois appartenant à la population boréale se trouvent dans de nombreux parcs nationaux où ils sont protégés par la Loi sur les parcs nationaux du Canada. L’espèce est protégée également par la Endangered Species Act de Terre-Neuve-et-Labrador, la Loi sur la faune des Territoires du Nord-Ouest, la Wildlife Act de l’Alberta et la Loi sur la protection du poisson et de la faune de l’Ontario.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

7 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Sébaste aux yeux jaunes Sebastes ruberrimus au Canada (2009)

    Le sébaste aux yeux jaunes (Sebastes ruberrimus) fait partie des 102 espèces de sébastes du genre Sebastes, dont 96 vivent dans le Pacifique Nord et environ 36 dans les eaux canadiennes du Pacifique. Au Canada, la gestion du sébaste aux yeux jaunes s’inscrit dans le cadre de la gestion d’un complexe de sébastes « côtiers » qui comprend le sébaste à dos épineux, le sébaste cuivré, le sébaste à bandes jaunes, le sébaste noir et le sébaste-tigre.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Sébaste aux yeux jaunes (2009)

    Le sébaste aux yeux jaunes (Sebastes ruberrimus) fait partie des 102 espèces de sébastes du genre Sebastes, dont 96 vivent dans le Pacifique Nord et environ 36 dans les eaux canadiennes du Pacifique. Au Canada, la gestion du sébaste aux yeux jaunes s’inscrit dans le cadre de la gestion d’un complexe de sébastes « côtiers » qui comprend le sébaste à dos épineux, le sébaste cuivré, le sébaste à bandes jaunes, le sébaste noir et le sébaste-tigre.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Sébaste aux yeux jaunes, Population des eaux intérieures de l'océan Pacifique (2009)

    Cette espèce fait partie d’un complexe de sébastes côtiers qui est exploité par les pêches commerciales, récréatives et autochtones. Les caractéristiques de son cycle vital rendent l’espèce particulièrement vulnérable à une mortalité causée par les humains; l’âge maximal enregistré est de 120 ans et la durée de génération est estimée à 66 ans. Les relevés indépendants des pêches au cours des 20 dernières années ne montrent pas de déclins significatifs, alors que les déclins sur une période de 19 ans dans les captures commerciales par unité d’effort ne semblent pas représenter l’abondance avec précision. Les quotas de capture commerciale ont été réduits et des restrictions sur la récolte devraient permettre de maintenir le taux de prises à un faible niveau dans l’avenir. De plus, des zones ont été fermées à la pêche commerciale et récréative. Une désignation d’espèce préoccupante est conforme aux caractéristiques du cycle vital et aux retraits continus et probables par la pêche.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan de publication de documents relatifs au rétablissement - Pêches et Océans Canada - Exercice financier 2016-2017 (2016)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), les ministres compétents doivent préparer un programme de rétablissement dans un délai d'un an dans le cas de l'inscription d'une espèce à l'annexe 1 de la LEP à titre d'espèce en voie de disparition et dans un délai de deux ans dans le cas de l'inscription d'une espèce à titre d'espèce disparue du pays ou menacée. Un plan de gestion doit être préparé dans un délai de trois ans pour une espèce inscrite à titre d'espèce préoccupante. Pêches et Océans Canada (MPO) est responsable de 111 des 518 espèces inscrites sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. En février 2016, les programmes de rétablissement, les plans de gestion et les plans d'action de 57 de ces espèces n'avaient pas encore été publiés dans le Registre public des espèces en péril. En outre, les plan de gestion ou d'action de 23 autres espèces aquatiques arriveront prochainement à échéance. La tableau ci-dessous donne un aperçu du plan ministériel de publication dans le Registre public des espèces en péril des documents proposés pour 64 espèces. Le plan du Ministère est de publier des programmes de rétablissement pour 9 espèces, des plans de gestion pour 13 espèces et des plans d'action pour 42 espèces au cours de l'année à venir.