Profil d'espèce

Lomatium de Gray

Nom scientifique : Lomatium grayi
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


Recherche avancée

Liens rapides : | Taxinomie | Description | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Initiatives de rétablissement | Équipe de rétablissement | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Lomatium de Gray

Taxinomie

Deux variétés de lomatium de Gray sont reconnues : la variété typique grayi et la variété depauperatum. Comme l’espèce n’est représentée au Canada que par sa variété grayi, le nom de lomatium de Gray est utilisé ici sans préciser la variété.

Haut de la page

Description

Le lomatium de Gray est une grande herbacée vivace au feuillage vert bleuâtre duveteux et finement divisé. La plante porte à sa base une touffe de feuilles pouvant atteindre une hauteur de 20 à 40 cm et un diamètre de 40 à 50 cm chez les spécimens les plus vigoureux. La plante forme à partir du sol des tiges qui portent des fleurs jaunes regroupées en ombelles aplaties, semblables à celles du persil. Ces hampes florales, qui mesurent de 40 à 60 cm de hauteur, dépassent le feuillage. Les fruits lisses, mesurant jusqu’à 15 mm de longueur, sont munis d’une paire d’ailes facilitant leur dispersion.

Haut de la page

Répartition et population

Le lomatium de Gray se retrouve uniquement dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord, principalement dans la région située entre la chaîne des Cascades et la Sierra Nevada, à l’ouest, et les montagnes Rocheuses, à l’est, depuis l’État de Washington au nord jusqu’au Nouveau-Mexique au sud. Au Canada, l’espèce n’a été observée que dans les îles Gulf, au sud de la Colombie-Britannique. Il existe actuellement dans la province deux populations connues, séparées l’une de l’autre par 17,5 km. Ces populations, établies sur les îles Saltspring et Galiano au nord de Victoria, sont les seules occurrences de l’espèce sur la côte et à l’ouest de la chaîne des Cascades. Lors des derniers relevés de 2002, les populations de lomatium de Gray de l’île Galiano et de l’île Saltspring comptaient respectivement 240 et 1 650 individus. On ne connaît pas les tendances de ces deux petites populations, car aucune étude intensive n’a été effectuée avant ce premier inventaire. Vu l’inaccessibilité du terrain occupé par l’espèce, il est peu probable que les activités humaines aient réduit les populations autrement que par le broutage d’animaux domestiques. Il est possible que des espèces exotiques introduites aient légèrement dégradé l’habitat.

Haut de la page

Habitat

L’espèce occupe des milieux secs et rocheux et souvent, des sols minces à drainage rapide. Dans les deux sites des îles Gulf, elle occupe des parois rocheuses très escarpées, orientées au sud-ouest : les individus y poussent sur des corniches étroites et inaccessibles, dans des fissures dans le roc ou sur de petites accumulations de terre entourées de roc. Il s’agit surtout d’un habitat ouvert, mais, dans certains endroits, l’espèce est présente sous des arbres rabougris ou des arbustes épars. Bien qu’il existe des milieux semblables ailleurs sur les îles Gulf et dans le sud de l’île de Vancouver, l’espèce n’a pas été observée ailleurs dans la région.

Haut de la page

Biologie

Chez les populations canadiennes, la germination a lieu tôt au printemps et la floraison a lieu de la fin d’avril à la fin de mai. On pense que la plante ne produirait pas de fleurs avant une ou plusieurs années, et dans la plupart des cas, un individu ne fleurirait pas deux années consécutives. La plante produit de 1 à 20 ombelles qui sont composées soit uniquement de fleurs mâles, soit de fleurs mâles et de fleurs renfermant à la fois des organes mâles et des organes femelles. Chaque ombelle est constituée de plusieurs centaines de fleurs, mais seules quelques fleurs hermaphrodites arriveront à maturité, puis se diviseront en deux akènes. Ces fruits secs, qui renferment une seule graine chacun, sont munis d’une paire d’ailes. Les graines arrivent à maturité durant la première moitié de juillet. Le feuillage jaunit au même moment, puis commence à sécher vers la fin de juillet alors que la plante entre en dormance estivale. Les feuilles sèches restent bien visibles jusqu’à l’automne et les longues queues des feuilles mortes persistent jusqu’à la prochaine saison de croissance. La plante vit habituellement de cinq à sept ans. Les pollinisateurs de la plante demeurent inconnus, mais selon des études états-uniennes, il s’agirait d’abeilles. Le mode de dispersion des graines n’a pas non plus été établi, mais on présume que chez les populations des hautes falaises des îles Gulf, le vent disperse les graines sur de courtes distances. Enfin, la tolérance à la sécheresse du lomatium de Gray lui permet de survivre sur les parois rocheuses orientées au sud dans les milieux canadiens qui ne reçoivent que 75 mm de pluie durant l’été.

Haut de la page

Menaces

Le fait que l’espèce ne soit présente que sur des terrains inaccessibles porte à croire que le broutage par des cerfs indigènes et des moutons retournés à l’état sauvage restreigne grandement sa propagation dans d’autres habitats propices mais facilement accessibles. Les quelques plants trouvés dans des endroits accessibles à des animaux brouteurs étaient jeunes ou en mauvais état. Des souris, des rats et des lapins à queue blanche ont consommé des plantes cultivées. La dispersion des graines sur de grandes distances au-delà de milieux non propices est sans doute un autre facteur limitatif. Les obstacles à la dispersion des graines pourraient limiter la colonisation de l’espèce hors des endroits occupés par les deux populations, notamment dans l’hypothèse où l’espèce dépend de l’habitat de falaise, moins accessible aux herbivores et moins ombragé par la haute végétation. Il existe des falaises similaires ailleurs dans la région des îles Gulf et du sud de l’île de Vancouver, mais celles-ci sont séparées par des étendues de forêt ou par la mer. Les plantes envahissantes pourraient représenter une menace pour l’espèce. En effet, plusieurs espèces exotiques, comme le genêt à balais, ont été aperçues sur les sites du lomatium et pourraient réduire la qualité du fragile habitat. L’escalade récréative de parois rocheuses sur l’île Saltspring pourrait présenter une autre menace importante pour le lomatium de Gray. Pratiquée sur les falaises occupées par une population, cette activité doit être surveillée de près. Sur l’île Galiano, des résidences et des jardins occupent le sommet des falaises de grès verticales où le Lomatium croît dans des crevasses et sur des corniches. Par conséquent, une proportion élevée de la population pourrait être vulnérable à toutes matières, notamment des déchets de jardin, jetées du haut des falaises. Par ailleurs, la collecte à des fins horticoles constitue une menace éventuelle pour cette belle plante au feuillage finement divisé et aux ombelles d’un jaune vif.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

L'espèces Lomatium de Gray est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique, le lomatium de Gray n’est protégé par aucune loi provinciale La plus petite des deux populations, celle de l’île Saltspring, est toutefois protégée par la Loi sur les parcs nationaux du Canada, puisqu’elle se trouve dans la réserve de parc national des Îles-Gulf.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du lomatium de Gray (Lomatium grayi) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

Haut de la page

Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Lomatium de Gray Lomatium grayi au Canada (2009)

    Le lomatium de Gray (Lomatium grayi) est une des nombreuses espèces du genre Lomatium de la famille des Apiaceae (Ombellifères). Il s’agit d’une grande herbacée vivace à forte racine pivotante, à feuillage vert bleuâtre finement divisé et à fleurs jaunes, semblables à celles du persil, regroupées en ombelles aplaties et portées sur des hampes de 40 à 60 cm.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Lomatium de Gray (2009)

    Le lomatium de Gray (Lomatium grayi) est une des nombreuses espèces du genre Lomatium de la famille des Apiacées (Ombellifères). Il s’agit d’une grande herbacée vivace à forte racine pivotante, à feuillage vert bleuâtre finement divisé et à fleurs jaunes, semblables à celles du persil, regroupées en ombelles aplaties et portées sur des hampes de 40 à 60 cm.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Lomatium de Gray (2009)

    Il s’agit d’une herbe vivace de répartition très restreinte représentée par une petite population ne se trouvant que dans seulement deux sites sur les îles Gulf de la Colombie‑Britannique. La présence d’espèces envahissantes telles que le genêt à balais réduit la qualité du fragile habitat. Le broutage des cerfs et des moutons limitent vraisemblablement la capacité de l’espèce à s’étendre au-delà de sa zone d’occupation limitée.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du lomatium de Gray (Lomatium grayi) au Canada (2014)

    En 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la population canadienne du lomatium de Gray (Lomatium grayi) comme étant menacée et, en 2011, l'espèce a été inscrite sur la liste des espèces menacées aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril: Espèces terrestres, décembre 2009 (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 1 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 1 mars 2011 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.