Profil d'espèce

Cicindèle des galets

Nom scientifique : Cicindela marginipennis
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Nouveau-Brunswick
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2008
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Cicindèle des galets

Description

La cicindèle des galets est un coléoptère mesurant de 11 à 14 mm de longueur. Comme toutes les cicindèles, cette espèce se remarque à ses très longues pattes et à ses couleurs vives. La cicindèle des galets se distingue toutefois par son abdomen rouge-orange vif bien visible durant le vol, et par la présence d’une bande crème continue sur le bord externe des élytres, ces deux ailes cornées qui recouvrent les ailes membraneuses utilisées pour le vol. Les adultes sont pourvus de grandes mâchoires, appelées mandibules, qui servent à la capture des proies. Les adultes s’envolent rapidement dès qu’on s’en approche. Les populations canadiennes sont les seules populations connues qui comportent des individus verts et bleu cobalt. Les stades immatures de cette espèce n’ont pas été décrits, mais on sait que les larves de toutes les espèces de cicindèles se ressemblent. Prédatrices comme les adultes, les larves chassent à l’affût, cachées dans un tunnel vertical creusé dans le sol. À l’aide du disque aplati formé par le dessus du thorax et le sommet de la tête, elles bloquent l’ouverture du tunnel, passant ainsi complètement inaperçues aux yeux des proies qui se déplacent à la surface du sol. En soulevant leur disque, elles surprennent leurs proies et les saisissent grâce à leurs puissantes mâchoires en forme de faucille. La larve porte sur sa face dorsale deux paires de gros crochets qui lui permettent de s’ancrer aux parois de son terrier lorsque sa proie tente de l’en extirper.

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Répartition et population

La cicindèle des galets est répartie en plusieurs petites populations isolées et associées à d’importants réseaux de cours d’eau, du Mississippi et de l’Alabama jusque dans le nord-est des États-Unis, en Ohio, en Indiana, en Pennsylvanie, dans l’état de New York et au New Hampshire. Au Canada, où l’espèce a été observée pour la première fois en 2003, on la trouve uniquement au Nouveau-Brunswick, dans neuf emplacements répartis dans deux régions isolées, le long de la rivière Saint-Jean et du lac Grand. Au Canada, la plupart des populations connues de cicindèle des galets sont petites et comptent moins de 200 individus. La population canadienne totale a été estimée à environ 5 000 adultes. Comme cette espèce a été découverte récemment au pays, on ne dispose d’aucune donnée précise pour évaluer les tendances de ses populations. Certains indices font cependant craindre un déclin des effectifs à un des sites du lac Grand. Près de 75 % des habitats insulaires susceptibles d’abriter l’espèce ont été perdus lors de la construction du barrage de Mactaquac sur la rivière Saint-Jean, en 1967. Si l’on considère l’intensité des recherches effectuées pour découvrir d’autres emplacements, la probabilité de trouver la cicindèle des galets dans une autre province canadienne ou ailleurs au Nouveau-Brunswick paraît pratiquement nulle.

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Habitat

Comme son nom l’indique, la cicindèle des galets se trouve presque exclusivement sur des plages de galets et de gravier grossier, parsemées de petites étendues de sable. Au Nouveau-Brunswick, on la rencontre uniquement sur de grandes îles boisées de la rivière Saint-Jean, là où les plages de galets sont peu souvent soumises à de fortes inondations, et dans des habitats semblables sur les rives du lac Grand. L’habitat de la cicindèle des galets est façonné en partie par les effets des inondations associées aux crues printanières, ainsi que par le débit et la vitesse du courant déterminés par la structure des îles ou des plages elles-mêmes. Tous les sites occupés présentent des hautes plages de galets à végétation clairsemée qui sont probablement inondées seulement durant les crues printanières et rarement à la suite de fortes pluies en été. Cette caractéristique semble jouer un rôle déterminant dans la survie à long terme de l’espèce.

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Biologie

Comme tous les coléoptères, la cicindèle des galets subit une métamorphose complète. Son cycle vital comporte donc quatre étapes distinctes : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte. Aucune étude n’a été publiée sur le cycle vital de la cicindèle des galets, mais on peut présumer que sa vie larvaire comporte trois stades, comme c’est le cas chez toutes les cicindèles. À la fin du troisième stade, la larve se construit une loge dans le sol et s’y transforme en nymphe, puis en adulte. Chez la plupart des espèces de cicindèles, le cycle vital est étalé sur deux ans, mais les adultes sont présents tous les ans en un endroit donné. Les cicindèles sont prédatrices aux stades larvaire et adulte, se nourrissant d’araignées et de petits insectes. Contrairement aux larves qui chassent à l’affût, les adultes sont des prédateurs qui pourchassent activement leurs proies. À l’âge adulte, la cicindèle des galets est active seulement l’été. Elle passe l’hiver sous forme de larve. Au Nouveau-Brunswick, les adultes sont présents de la fin de juin à la fin d’août. D’autres espèces de cicindèles amorcent leur activité reproductrice peu après l’émergence et déposent leurs œufs individuellement jusqu’à 1 cm sous la surface du sol. Immédiatement après l’éclosion, la larve entreprend de creuser un tunnel vertical à l’endroit même où la femelle avait déposé l’œuf. La larve occupe apparemment le même terrier durant les 3 stades que dure sa vie larvaire, l’élargissant à mesure qu’elle grandit.

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Menaces

Des déclins de l’habitat ont été observés dans une région, où le développement et les activités récréatives semblent continuer d’exercer une pression sur l’habitat de la cicindèle des galets. Comme les larves vivent dans un terrier parmi les galets, la circulation de véhicules tout-terrain (VTT) sur les plages peut causer une mortalité larvaire importante et modifier considérablement l’habitat en compactant le sol et en écrasant la végétation. Les sites occupés sur les îles de la rivière Saint-Jean ne sont pas accessibles aux amateurs de VTT, mais ceux du lac Grand le sont. La dégradation de l’habitat causée en 2007 par les VTT pourrait être responsable du déclin d’une population à l’un des sites du lac Grand. Les polluants, comme les déchets agricoles et les charges de limon entraînés par de fortes pluies à partir de champs fraîchement labourés, peuvent modifier la communauté végétale et rendre l’habitat inadéquat pour un insecte terrestre en stimulant la croissance de la végétation et en réduisant l’abondance des proies le long des rives. Tous les sites connus occupés par l’espèce le long de la rivière Saint Jean se trouvent à proximité de zones agricoles. La contamination de ces sites par des polluants représente donc une grave menace pour la cicindèle des galets. Au Canada, cette espèce se rencontre en petites populations à seulement quelques endroits, dans un habitat à la fois fragile et très spécialisé. De ce fait, l’espèce est extrêmement vulnérable à la perte ou à la modification de son habitat. Cette vulnérabilité est en outre amplifiée par la propension apparemment faible de cette cicindèle à se disperser vers d’autres sites. Le risque de disparition de l’espèce aux sites occupés est donc élevé. La répartition restreinte de l’espèce ainsi que la nature isolée et la faible taille de ses populations sont les principaux facteurs qui influent sur sa situation et sa persistance à long terme au pays. Par ailleurs, à cause de la faible taille de ses populations et de la popularité des cicindèles auprès des collectionneurs d’insectes, la cicindèle des galets est également vulnérable aux effets d’une collecte excessive. La réduction de l’aire de répartition causée par la perte d’habitat ou la disparition d’une population occasionnée par d’autres facteurs pourrait avoir de graves répercussions sur l’ensemble de la population en réduisant la variabilité génétique de la population canadienne considérée dans son ensemble et en limitant la capacité de l’espèce de s’adapter aux futurs changements environnementaux comme les changements climatiques planétaires.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Cicindèle des galets est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Nouveau-Brunswick, la cicindèle des galets n’est protégée par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la cicindèle des galets (Cicindela marginipennis) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Cicindèle des galets (2009)

    Le Cicindela marginipennis Dejean (1831), ou cicindèle des galets (Cobblestone Tiger Beetle), appartient à l’ordre des Coléoptères (coléoptères), à la famille des Carabidés (carabes) et à la sous-famille des Cicindélinés (cicindèles). Aucune sous-espèce n’est actuellement reconnue.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Cicindèle des galets (2009)

    Cette espèce particulière de cicindèle est répartie de façon fragmentée dans une zone d’occurrence et d’occupation de très petite superficie et ne se trouve actuellement que dans deux petites régions du réseau hydrographique de la rivière Saint-Jean. Des données démontrent qu’il y a un déclin de l’habitat et de la population dans une région, et les pressions sur l’habitat causées par le développement et les activités récréatives semblent se poursuivre.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la cicindèle des galets (Cicindela marginipennis) au Canada (2013)

    Le ministre de l'Environnement est le ministre compétent en vertu de la Loi sur les espèces en péril pour le rétablissement de la cicindèle des galets et à ce titre, il a élaboré le présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la Loi sur les espèces en péril. Le programme a été élaboré en collaboration avec la province du Nouveau-Brunswick et les organismes autochtones.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril: Espèces terrestres, décembre 2009 (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 1 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 1 mars 2011 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.