Profil d'espèce

Ophiogomphe de Howe

Nom scientifique : Ophiogomphus howei
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Ontario, Nouveau-Brunswick
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Ophiogomphe de Howe

Description

L’ophiogomphe de Howe est une petite libellule qui mesure de 31 à 37 mm de longueur. Il s’agit du plus petit ophiogomphe, et d’une des plus petites libellules en Amérique du Nord. Comme tous les ophiogomphes, son corps est brun foncé et noir, avec des marques jaune vif sur le dessus de l’abdomen et vert brillant sur le thorax. Chez cette espèce, les ailes des deux sexes sont marquées à la base d’une large bande jaune-orange transparente. Cette caractéristique la distingue de presque toutes les libellules en Amérique du Nord. La femelle ressemble au mâle, mais s’en distingue, entre autres, par son abdomen plus gros et moins renflé à l’extrémité. La larve est de petite taille et d’allure discrète. Elle se distingue des jeunes larves des autres espèces par l’absence de crochets sur le dessus de son abdomen, remplacés par de petites protubérances.

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Répartition et population

L’ophiogomphe de Howe ne se retrouve que dans l’est de l’Amérique du Nord. On a pu l’observer le long des Appalaches, du nord du Nouveau-Brunswick au sud-est du Tennessee, ainsi que dans une zone discontinue englobant les états du Michigan, du Minnesota et du Wisconsin, et le nord-ouest de l’Ontario. Au Canada, la présence de l’espèce a été confirmée à 12 emplacements : 11 au Nouveau-Brunswick et 1 en Ontario. L’ophiogomphe de Howe a été observé pour la première fois au pays en 2002, sur les rives de la rivière Saint-Jean, dans le nord du Nouveau-Brunswick. Les emplacements situés près de la frontière des États-Unis se trouvent sur la rivière Ste-Croix, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick. L’espèce se rencontre également sur les rivières Magaguadavic, Miramichi et Salmon. Seules 102 captures de l’ophiogomphe de Howe ont été confirmées au Canada : 101 au Nouveau-Brunswick et 1 en Ontario. La taille des populations est inconnue, mais elle devrait probablement atteindre plusieurs centaines d’individus pour assurer leur survie. Les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer les tendances à long terme des populations. Compte tenu du bon état relatif de la rivière Saint-Jean à la hauteur de Baker Brook, où l’ophiogomphe de Howe a été observé, ainsi que l’absence d’impacts importants récents sur les cours d’eau de la région, il est probable, mais non confirmé, que la population canadienne soit stable à son niveau actuel.

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Habitat

Chez les libellules, les besoins les plus importants en matière d’habitat sont surtout ceux des larves. Avant la ponte, les adultes passent semble-t-il la plus grande partie de leur temps dans les forêts environnantes. L’ophiogomphe de Howe est une espèce associée aux grandes rivières d’eau claire et propre, à courant rapide, à pente modérée, et à fond de gravier fin ou de sable. Cette libellule a été observée en train de pondre ses oeufs dans des portions plus tranquilles de rivières par ailleurs tumultueuses et les exuvies, ces enveloppes laissées par les larves à l’émergence des adultes, sont souvent trouvées sur les rives érodées, près des endroits où le courant est fort. Ces observations indiquent que les larves vivent dans les zones de courant rapide qui longent ces rives, ou qu’elles y sont entraînées par le courant avant d’émerger près du bord de l’eau. Avant l’émergence, les larves vivraient sur le sable ou le gravier au fond de l’eau, ou bien enfouies. De façon générale, la recherche d’exuvies de l’espèce dans de nombreux sites apparemment propices et aux moments appropriés de l’année n’a pas porté fruit. L’espèce rechercherait donc des conditions spécifiques qui restent à définir de façon plus précise.

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Biologie

Comme de nombreuses libellules, l’ophiogomphe de Howe pond ses oeufs dans l’eau, hors des plantes, en y plongeant l’extrémité de son abdomen. Les œufs, transportés par le courant, se déposent éventuellement au fond, en aval du lieu de ponte. Pendant la journée, les larves de l’ophiogomphe de Howe s’enfouissent jusqu’à 20 cm dans le sol. Pendant la nuit, elles remontent à la surface et se laissent emporter par le courant. La durée exacte du développement larvaire jusqu’à l’émergence est inconnue, mais il semble qu’elle serait d’au moins deux ans. Les adultes émergent généralement près du bord de l’eau, au même moment que ceux d’autres espèces d’ophiogomphes. En 2002, l’émergence est survenue le 22 juin sur la rivière Saint-Jean, dans le nord du Nouveau-Brunswick, ce qui a coïncidé avec l’émergence de plusieurs autres ophiogomphes. Les adultes se rencontrent rarement près de l’endroit où ils ont émergé. Ils passent probablement le plus clair de leur temps dans le couvert forestier. La période de vol des adultes dure probablement de six à huit semaines, mais certains individus peuvent survivre quelques semaines de plus. L’ophiogomphe de Howe est la proie des oiseaux insectivores, comme les hirondelles, et de gros insectes, dont certaines espèces de grosses libellules, de guêpes et de mouches. Comme toutes les libellules, les larves et les adultes de l’espèce sont des prédateurs qui se nourrissent principalement d’invertébrés. Les larves peuvent également capturer de petits poissons.

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Menaces

La menace la plus importante qui pèse sur l’espèce est la dégradation de son habitat, les grands cours d’eau étant particulièrement exposés aux dommages environnementaux. Les ouvrages de retenue des eaux courantes constituent une menace particulièrement grave pour les populations de l’ophiogomphe de Howe, car cette libellule ne semble pas capable de se reproduire en aval des barrages. La construction d’un barrage hydroélectrique sur la rivière Namakan menace la population ontarienne, mais ne pose pas autant de problèmes pour les populations du Nouveau-Brunswick. La pollution de l’eau, causée par un apport excessif de nutriments provenant des égouts ou par la sédimentation due au ruissellement provenant des activités agricoles ou forestières, menace directement l’habitat des larves. Les pesticides utilisés en agriculture et en aménagement forestier, particulièrement les produits utilisés pour lutter contre les larves aquatiques des insectes piqueurs, menacent directement la survie des larves. Les déversements de substances chimiques toxiques constituent également une menace, en particulier aux endroits où les emprises des routes et des voies ferrées longent les cours d’eau. Comme les libellules sont des prédateurs se nourrissant en grande partie d’autres prédateurs d’invertébrés, elles ont tendance à accumuler jusqu’à des concentrations toxiques les insecticides persistant dans leurs proies. Les activités de coupe et de pulvérisation d’insecticides dans les forêts qui entourent leurs cours d’eau risquent de nuire aux populations adultes qui semblent passer la plus grande partie de leur temps dans le couvert forestier. Les vagues créées par le passage des embarcations pendant la période d’émergence risquent fort de tuer les libellules émergentes. Même le fait d’accoster avec un canot, de patauger ou de marcher sur la rive aux sites d’émergence risque de nuire aux populations pendant cette courte période où les adultes émergent au bord de l’eau. À Baker Brook, sur la rivière Saint-Jean, le passage à gué de machines agricoles qui se déplacent de la rive jusqu’à une île au milieu de la rivière constitue une autre menace pour les larves et les individus en émergence, quoique la zone perturbée soit étroite par rapport à l’ensemble de l’habitat. Certaines espèces de poissons introduites constituent une menace potentielle pour l’ophiogomphe de Howe. Le maskinongé, introduit au Québec dans le bassin versant de la rivière Saint-Jean, pourrait notamment se propager dans cette rivière au Nouveau-Brunswick et devenir un ennemi redoutable des larves. Enfin, les espèces exotiques envahissantes peuvent modifier l’habitat au détriment de l’ophiogomphe de Howe. Ces plantes aquatiques envahissantes peuvent atteindre des densités qui influent gravement sur la qualité de l’eau.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario et au Nouveau-Brunswick, l’espèce n’est protégée par aucune loi provinciale. Des 12 sites où la présence de l’espèce a été confirmée au Canada, celui de la rivière Ste-Croix, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick est protégé dans une certaine mesure par la Commission internationale de la rivière Ste-Croix. La majeure partie du cours de la rivière Miramichi est gérée pour la pêche au saumon, ce qui assure la protection de cet habitat naturel.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L’ophiogomphe de Howe Ophiogomphus howei au Canada (2009)

    L’ophiogomphe de Howe (Pygmy Snaketail, Ophiogomphus howei) est la plus petite d’un groupe d’espèces que l’on rencontre typiquement dans les eaux courantes rapides. Même les espèces les plus grosses de ce groupe n’atteignent qu’une taille moyenne pour des libellules (Anisoptères) de l’Amérique du Nord. Le genre Ophiogomphus appartient à la famille des Gomphidés. Aucune sous-espèce ou autre forme n’a été proposée pour l’espèce.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - L’ophiogomphe de howe (2009)

    L’ophiogomphe de Howe (Pygmy Snaketail, Ophiogomphus howei) est la plus petite d’un groupe d’espèces que l’on rencontre typiquement dans les eaux courantes rapides. Même les espèces les plus grosses de ce groupe n’atteignent qu’une taille moyenne pour des libellules (Anisoptères) de l’Amérique du Nord. Le genre Ophiogomphus appartient à la famille des Gomphidés. Aucune sous-espèce ou autre forme n’a été proposée pour l’espèce.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Ophiogomphe de Howe (2009)

    Cette espèce rare à l’échelle mondiale est observée dans quelques emplacements et a un habitat limité et spécialisé comportant un faible effectif. Un site important est menacé.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de l’ophiogomphe de Howe (Ophiogomphus howei) au Canada (2013)

    L'ophiogomphe de Howe (Ophiogomphus howei) est une des plus petites libellules d'Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce est présente uniquement au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Elle figure sur la liste des espèces préoccupantes à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Le ministre de l'Environnement est le ministre compétent pour la gestion de l'ophiogomphe de Howe et il a préparé le présent plan de gestion, conformément à l'article 65 de la Loi sur les espèces en péril. Le plan de gestion a été élaboré en collaboration ou en consultation avec les gouvernements du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, et des organisations autochtones.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril: Espèces terrestres, décembre 2009 (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 1 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 1 mars 2011 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.