Profil d'espèce

Tortue luth Population du Pacifique

Nom scientifique : Dermochelys coriacea
Taxonomie : Reptiles
Distribution : Océan Pacifique
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2012
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Tortue luth

Taxinomie

Reptiles

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Description

La tortue luth est le dernier membre vivant de la famille des Dermochelyidés, une lignée évolutive que l’on croit âgée entre 100 et 150 millions d’années. La tortue luth est la plus grande des espèces de tortues marines, avec un poids pouvant atteindre jusqu’à 900 kg et une carapace pouvant atteindre jusqu’à 2 m de longueur. La tortue luth est la seule tortue marine qui ne possède pas de carapace dure. Sa carapace est plutôt couverte d’un tissu fibreux légèrement souple qui a l’apparence du cuir et qui recouvre des plaques osseuses qui s’emboîtent les unes dans les autres. La carapace bleu-noir compte sept crêtes qui vont de l’avant vers l’arrière et s'effile jusqu’à une pointe arrondie, créant ainsi une structure hydrodynamique en forme de goutte d’eau. Ses nageoires antérieures sont proportionnellement plus longues que celles des autres tortues marines, souvent aussi longues que la moitié de sa carapace. Contrairement aux autres tortues marines, les nageoires de la tortue luth n’ont pas de griffes. La carapace, le cou, la tête, les nageoires antérieures et la carapace sont souvent ornés de taches blanches ou blanches à reflets bleutés. Les tortues luth adultes ont une tache rose distincte sur le dessus de la tête, tout à fait unique en termes de taille, de forme, de couleur et de motif. La tortue luth se nourrit principalement de proies gélatineuses, comme les méduses et les salpes. Elle ne possède pas les plaques de mastication que l’on retrouve chez les autres espèces de tortues marines et a plutôt des mâchoires aux rebords pointus et des épines pointant vers l’arrière qui bordent sa bouche et son œsophage et qui l’aident à retenir et à avaler les proies à corps mou.

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Répartition et population

Étant la plus grande migratrice de tous les reptiles, la population mondiale de tortues luth comprend sept sous-populations distinctes sur les plans biologique et géographique, éparpillées dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, du 71e parallèle Nord jusqu’au 47e parallèle Sud environ . Deux populations de tortues luth entrent dans les eaux canadiennes : la population de l’Atlantique, que l’on trouve au large des côtes de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et Labrador, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, et la population du Pacifique, au large de la côte de la Colombie-Britannique.

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Habitat

La tortue luth du Pacifique se divise en deux populations nicheuses principales : une dans le Pacifique Est, notamment sur les plages du Mexique et du Costa Rica, et une dans le Pacifique Ouest, sur les plages de Malaisie, des îles Salomon, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d’Indonésie. La tortue luth des eaux canadiennes du Pacifique fait partie de la population du Pacifique Ouest, qui migre sur de longues distances (jusqu’à 15 000 km) à partir des plages de nidification indo-pacifiques pour s’alimenter de méduses et d’autres espèces de proies gélatineuses. La tortue luth est rarement observée dans les eaux canadiennes du Pacifique : seules 126 observations uniques ont été signalées dans les eaux de la Colombie-Britannique entre 1931 et 2009. Du fait de la nature pélagique de cette espèce, combinée à la difficulté de l’observer à distance, de nombreux éléments demeurent inconnus en ce qui a trait à son utilisation des habitats au large de la côte de la Colombie-Britannique. La tortue luth du Pacifique a affiché des déclins allant jusqu’à 95 % au cours des 50 dernières années et est en voie de disparition.

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Biologie

Les femelles pondent environ 100 œufs chaque fois, plusieurs fois au cours d’une saison de nidification, habituellement à des intervalles de 8 à 12 jours. Elles reviennent au site de nidification tous les deux à trois ans. Les nouveau-nés émergent du nid après environ deux mois et descendent la plage jusqu’à l'océan. La nidification et l’émergence des nouveau-nés se font habituellement la nuit, possiblement afin d’éviter la prédation et de réduire le risque de dessiccation, pour les nouveau-nés, pendant leur trajet jusqu'à l’océan.

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Menaces

Sur les plages de nidification indo-pacifiques, les œufs de la tortue luth sont sujets à la prédation par certains mammifères, comme les cochons et les chiens sauvages. La prédation des nids par l’être humain peut également constituer un problème puisque les œufs de la tortue luth sont un mets raffiné dans certains pays. L'augmentation des activités de développement sur les plages de nidification ou à proximité de celles-ci a un effet négatif sur les nouveau-nés qui émergent du nid, qui sont souvent désorientés par l'éclairage vif et peuvent succomber à l’épuisement, à la déshydratation ou à la prédation, ayant de la difficulté à trouver leur chemin vers l’océan. Bien que la femelle ponde une centaine d’œufs à la fois et qu’elle puisse pondre jusqu’à 10 fois dans une saison, seuls quelques nouveaux-nés survivent jusqu’à l’âge adulte et se reproduisent. La tortue luth est vulnérable aux menaces provoquées par l’activité humaine dans le milieu marin tout au long de sa vie. Des preuves solides indiquent que l'espèce fait l’objet de prises accidentelles dans de nombreuses pêches et que l’enchevêtrement dans les engins de pêche n’est pas inhabituel. Bien que de nombreux pêcheurs prennent soin d’extirper les tortues luth prises dans des engins de pêche, quelques-unes se noient ou subissent des blessures létales avant qu’ils arrivent à leur venir en aide. Les tortues luth peuvent également s’empêtrer dans des débris rejetés, entrer en collision avec des navires ou ingérer, par erreur, des sacs de plastique et des débris qu'elles ont pris pour des des méduses, ce qui peut entraîner une obstruction du système digestif et, pour finir, la mort par inanition.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Tortue luth, Population du Pacifique, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Équipe de rétablissement

Programme des espèces en péril, Région du Pacifique

  • DFO Pacific Region - MPO région du Pacifique - Président/Contact - Pêches et Océans Canada
    Tél. : 604-666-7907  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Au cours des dernières années, plusieurs réalisations ont contribué au rétablissement de l'espèce. La population de tortue luth du Pacifique Ouest est inscrite comme étant en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et est inscrite à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui régit le commerce international et le transport des espèces qui sont, ou pourraient être, menacées en raison de l’exploitation commerciale. Le Canada est membre de la CITES et limite le déplacement ou l'échange commercial d'espèces inscrites (ou de parties d’espèces inscrites) à travers ses frontières. La tortue luth est protégée au Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le Programme de rétablissement de la tortue luth (Dermochelys coriacea) dans les eaux canadiennes du Pacifique est terminé et un plan d’action est en cours de finalisation. Pour de plus amples renseignements, visiter le site Web du Registre de la LEP à www.SARAregistry.gc.ca

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapport sur les progrès de la mise en œuvre du programme de rétablissement

  • Rapport sur les progrès de la mise en œuvre du programme de rétablissement de la tortue luth (Dermochelys coriacea) dans les eaux canadiennes du Pacifique pour la période 2007-2012 (2015)

    La tortue luth (Dermochelys coriacea) est présente dans les eaux canadiennes de l'Atlantique et du Pacifique. En 1981, cette espèce a été évaluée en tant qu'espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et inscrite à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en juin 2003. En 2012, il a été reconnu qu'une seule désignation ne suffisait pas à décrire la tortue luth au Canada, étant donné que les populations de l'Atlantique et du Pacifique sont distinctes et importantes sur le plan évolutionniste. La compréhension actuelle de la structure des populations, des sources, du statut et des menaces diffère significativement entre les populations canadiennes de l'Atlantique et du Pacifique et l'espèce a été de nouveau évaluée par le COSEPAC en tant que deux unités désignables distinctes, la tortue luth (population du Pacifique) et la tortue luth (population de l'Atlantique). Les deux populations conservent le statut d'espèce en voie de disparition.

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue luth (Dermochelys coriacea) Population de l'Atlantique Population du Pacifique au Canada (2013)

    La tortue luth (Dermochelys coriacea) est la plus grande des sept espèces encore existantes de tortues de mer, et elle est le seul membre vivant de la famille des Dermochelyidés. Sa carapace est recouverte d’un tissu fibreux, légèrement flexible et ayant l’aspect du cuir, et des os minuscules y sont intégrés (ostéoderme); elle a la forme d’une larme et compte sept crêtes longitudinales. La carapace est de couleur noir bleu, et la dossière, le cou, la tête et les nageoires antérieures sont souvent ornés de taches blanches ou d’un blanc bleuté. Le plastron est blanc rose. L’adulte présente une tache rose caractéristique sur le dessus de la tête. Veuillez noter que les références ont été mises à jour aux pages 12, 34 et 57 (mai 2015).

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Tortue luth, Population du Pacifique (2013)

    La population du Pacifique de cette espèce a chuté de plus de 90 % dans la dernière génération. Les menaces continues comprennent les prises accidentelles, les débris marins, l’exploitation des ressources côtières et hauturières, la récolte illégale des œufs et des tortues, ainsi que les changements climatiques.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la tortue luth (Dermochelys coriacea) dans les eaux canadiennes du Pacifique (2007)

    Le Programme de rétablissement porte sur un animal dont plusieurs Canadiens n'ont jamais entendu parler mais que tous trouveront à proprement parler extraordinaire. Le peu que l'on sait sur la tortue luth nous donne un aperçu énigmatique d'une physiologie remarquable et d'un cycle biologique unique. De toutes les tortues de mer, la luth est celle qui dépasse tous ses congénères au plan migratoire et qui se trouve aussi à être la plus énorme, en plus de battre tous les records de déplacement des reptiles en parcourant des distances de plus de 15 000 km. D'un point de vue de l'évolution, la tortue luth est unique entre toutes les tortues existantes et la seule survivante de la famille des Dermochelyidae, qu'on pense remonter à au moins 100 millions d'années.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national Pacific Rim (2016)

    Adossée aux monts insulaires de l'île de Vancouver et faisant face à l'océan Pacifique, la réserve de parc national Pacific Rim (RPN Pacific Rim) protège et présente le riche patrimoine naturel et culturel de la côte Ouest du Canada. La RPN Pacific Rim se compose de trois secteurs géographiques distincts, soit les secteurs de la plage Long, de l'archipel Broken Group et du sentier de la Côte-Ouest, chacun d'eux offrant une gamme unique d'expériences aux visiteurs. D'une superficie totale de 51 216 hectares, la réserve de parc abrite d'importantes zones de forêt humide tempérée mature, de systèmes de dunes côtières, de zones humides, de zones intertidales et d'habitats marins, ce qui lui permet de démontrer l'interdépendance qui existe entre la terre, la mer et les humains. Ces merveilles de la nature sont intimement liées à la culture des Premières nations Nuu-chah-nulth (passée et présente) et à celle des explorateurs et colons européens.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence le Gouverneur général en conseil prend le Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2011-2012 (2012)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (1er septembre 2011 au 30 septembre 2012), le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 21 au 25 novembre 2011, et la deuxième, du 29 avril au 4 mai 2012. Le 3 février 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC a également évalué la situation de la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 67 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2011-2012 sont les suivants : Disparues : 1 Disparues du pays : 4 En voie de disparition : 29 Menacées : 10 Préoccupantes : 15 Données insuffisantes : 2 Non en péril : 6 Total : 67 Sur les 67 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 49 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente (voir le tableau 1a).

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan de publication de documents relatifs au rétablissement - Pêches et Océans Canada - Exercice financier 2016-2017 (2016)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), les ministres compétents doivent préparer un programme de rétablissement dans un délai d'un an dans le cas de l'inscription d'une espèce à l'annexe 1 de la LEP à titre d'espèce en voie de disparition et dans un délai de deux ans dans le cas de l'inscription d'une espèce à titre d'espèce disparue du pays ou menacée. Un plan de gestion doit être préparé dans un délai de trois ans pour une espèce inscrite à titre d'espèce préoccupante. Pêches et Océans Canada (MPO) est responsable de 111 des 518 espèces inscrites sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. En février 2016, les programmes de rétablissement, les plans de gestion et les plans d'action de 57 de ces espèces n'avaient pas encore été publiés dans le Registre public des espèces en péril. En outre, les plan de gestion ou d'action de 23 autres espèces aquatiques arriveront prochainement à échéance. La tableau ci-dessous donne un aperçu du plan ministériel de publication dans le Registre public des espèces en péril des documents proposés pour 64 espèces. Le plan du Ministère est de publier des programmes de rétablissement pour 9 espèces, des plans de gestion pour 13 espèces et des plans d'action pour 42 espèces au cours de l'année à venir.