Profil d'espèce

Acroscyphe des montagnes

Nom scientifique : Acroscyphus sphaerophoroides
Taxonomie : Lichens
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2016
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Aucune annexe, Aucun statut

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Acroscyphe des montagnes

Description

L’acroscyphe des montagnes est un lichen produisant un thalle de grosseur moyenne, jaunâtre à gris pâle, en forme de coussin. Le thalle de l’espèce se compose de touffes denses de ramifications coralloïdes cylindriques épaisses dressées à semi­dressées. L’intérieur du thalle est jaune à orange vif et plein. Les ramifications fertiles présentent des organes de fructification noirs enfoncés qui les font ressembler à des yeux de crabes. Les ramifications stériles sont de plus petit diamètre et plus courtes. Les spores sont brun foncé, en forme d’écale d’arachide, dépourvues d’ornementation et dispersées de manière passive, mais elles ne sont pas adaptées pour la dispersion par le vent. Le symbiote photosynthétique serait une algue verte du genre Trebouxia, mais il y a une certaine incertitude quant à l’identité de celui-ci. L’acroscyphe des montagnes a une composition chimique secondaire complexe et renferme des substances qui n’ont jamais été observées chez les lichens des autres genres de la famille des Caliciacées. L’acroscyphe des montagnes est la seule espèce du genre Acroscyphus. Il faut signaler que l’habitat de l’espèce au Canada, des tourbières, est très différent à ailleurs dans le monde. Il pourrait donc y avoir des différences génétiques ou chimiques entre les sous-populations canadiennes et les autres sous-populations. (Mise à jour 2017/01/23)

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Répartition et population

La répartition mondiale de l’acroscyphe des montagnes est très fragmentée. L’espèce a été signalée dans des milieux alpins exposés de haute altitude (> 3000 m), en Chine, au Tibet, en Inde, au Bhoutan, au Japon, en Afrique du Sud, au Pérou, en Patagonie et au Mexique. La présence de l’espèce dans ce dernier pays n’a pas été confirmée. Au Canada et aux États-Unis, l’espèce pousse à des altitudes moins élevées, en Alaska (948 m), dans l’État de Washington (1 300 m) et en Colombie-Britannique (420 à 1 000 m). Il y a actuellement huit occurrences connues au Canada, toutes situées dans la chaîne Côtière, en Colombie-Britannique, depuis la rivière Kingcome, au sud, jusqu’à Kitsault, au nord. Même si l’espèce a une vaste répartition, il y a peu d’occurrences au Canada et à l’échelle mondiale. (Mise à jour 2017/01/23)

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Habitat

Au Canada, l’acroscyphe des montagnes se rencontre presque uniquement sur des arbres, dans la chaîne Côtière, dans une zone climatique très restreinte où les conditions se situent entre les conditions hypermaritimes observées sur la côte, comme à Haida Gwaii et dans la région de Prince Rupert, et les conditions continentales de la région intérieure de la province. Cette zone ne semble ni trop humide ni trop sèche et convient donc à l’acroscyphe des montagnes, qui colonise le tronc et les branches de chicots encore debout ou la cime morte d’arbres vivants. L’espèce a été observée sur la pruche subalpine, le cyprès de Nootka ou l’épinette de Sitka. L’espèce n’est pas présente dans les zones à climat hypermaritime de la côte extérieure ou dans celles à climat continental de la région intérieure de la Colombie-Britannique. Six des huit occurrences connues au Canada se trouvent dans des tourbières à végétation arborée éparse (tourbières minérotrophes et complexes de tourbières ombrotrophes). La septième occurrence se situe dans une forêt subalpine à pruche subalpine, et la dernière, dans une forêt-parc subalpine, humide et ouverte. L’espèce pousse couramment sur des substrats rocheux alpins dans d’autres régions du monde, mais seulement deux colonies ont été signalées sur la roche au Canada. (Mise à jour 2017/01/23)

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Biologie

L’acroscyphe des montagnes produit couramment des organes de fructification noirs. Les spores sont lisses (sans ornementation) et grosses et ne sont pas éjectées dans l’air de manière active, contrairement à celles de la plupart des lichens. Elles ne sont donc pas dispersées efficacement par le vent, mais sont probablement transportées par les animaux, notamment sur les pattes des oiseaux. Lorsque les conditions sont propices, les spores du champignon germent et produisent des filaments, ou hyphes. Pour qu’un nouveau thalle soit produit, les filaments doivent rencontrer une algue partenaire compatible. L’acroscyphe des montagnes ne se reproduit pas par voie asexuée au moyen de propagules végétatives renfermant à la fois le champignon et l’algue partenaires, et il ne semble pas se reproduire par fragmentation du thalle. Toutefois, l’acroscyphe des montagnes produit des spores, appelées conidies, à l’intérieur de structures en forme de flacon, nommées pycnides, mais on ignore si celles­ci servent à la reproduction asexuée ou participent à la formation des organes de fructification. La longévité, la durée d’une génération et de nombreux autres paramètres biologiques de l’acroscyphe des montagnes sont actuellement inconnus. (Mise à jour 2017/01/23)

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Menaces

Au Canada, la plupart des colonies d’acroscyphe des montagnes (100 des 250 colonies estimées) se trouvent dans un seul site soumis à des menaces actuelles et potentielles, ce qui rend l’espèce particulièrement vulnérable aux effets des activités humaines et aux phénomènes stochastiques, qui pourraient avoir des répercussions en très peu de temps. Au Canada, l’acroscyphe des montagnes a des besoins très spécifiques en matière d’habitat, compte une population petite et a une faible capacité de dispersion, ce qui le rend particulièrement vulnérable au changement climatique, puisqu’il ne serait peut-être pas en mesure de réagir rapidement aux changements de son habitat associés au climat ou aux modifications des écosystèmes. La hausse des températures et des précipitations pourrait entraîner une modification des assemblages d’espèces non vasculaires qui occupent les chicots et les arbres secs en cime. L’acroscyphe des montagnes pourrait donc être supplanté par des espèces bien adaptées aux régimes climatiques nouveaux ou changeants. Le fonctionnement et l’intégrité des systèmes de milieux humides pourraient être modifiés ou dégradés par les phénomènes météorologiques violents causés par le changement climatique. En outre, l’acroscyphe des montagnes est menacé par des projets de développement industriel en cours et potentiels, comme la construction de routes, l’exploitation forestière, l’aménagement d’emprises de pipelines, l’exploitation minière (agrandissement d’une mine de molybdène), la construction de barrages et un projet de centrale électrique au fil de l’eau, qui pourraient tous causer une destruction et une dégradation directes de l’habitat et entraîner indirectement la modification du régime hydrologique et du microclimat aux endroits où pousse l’espèce. (Mise à jour 2017/01/23)

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Protection

Protection fédérale

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

4 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L’acroscyphe des montagnes (Acroscyphus sphaerophoroides) au Canada (2016)

    L’acroscyphe des montagnes est un lichen produisant un thalle de grosseur moyenne, jaunâtre à gris pâle, en forme de coussin. Le thalle de l’espèce se compose de touffes denses de ramifications coralloïdes cylindriques épaisses dressées à semi­dressées. L’intérieur du thalle est jaune à orange vif et plein. Les ramifications fertiles présentent des organes de fructification noirs enfoncés qui les font ressembler à des yeux de crabes. Les ramifications stériles sont de plus petit diamètre et plus courtes. Les spores sont brun foncé, en forme d’écale d’arachide, dépourvues d’ornementation et dispersées de manière passive, mais elles ne sont pas adaptées pour la dispersion par le vent. Le symbiote photosynthétique serait une algue verte du genre Trebouxia, mais il y a une certaine incertitude quant à l’identité de celui-ci. L’acroscyphe des montagnes a une composition chimique secondaire complexe et renferme des substances qui n’ont jamais été observées chez les lichens des autres genres de la famille des Caliciacées.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Acroscyphe des montagnes (2017)

    Ce lichen attrayant forme des coussins en forme de corail, de couleur gris pâle à gris-jaune. Il est rare à l’échelle mondiale et il ne compte que huit occurrences connues au Canada. Toutes ces occurrences sont en Colombie-Britannique dans une zone climatique très restreinte, située entre les conditions hyper maritimes de la côte extérieure et le climat continental de l’intérieur. L’indice de zone d’occupation de 32 km2 est faible, et la population totale estimée de ce lichen est de moins de 250 colonies. Toutefois, ce lichen se trouve dans des sites éloignés et inaccessibles dans les montagnes accidentées de la chaîne Côtière, et de nouvelles occurrences additionnelles seront probablement découvertes. Au Canada, l’espèce se rencontre principalement sur les chicots morts de pruche subalpine dans les complexes de tourbières minérotrophes ou ombrotrophes structurées. Les pressions associées au développement (routes, pipelines, hydroélectricité, exploitation minière et forestière) et les changements climatiques menacent le régime hydrologique et les conditions microclimatiques requises par cette espèce à de nombreux sites connus.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2015-2016 (2016)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a réexaminé la situation de 25 espèces sauvages; de ce nombre, la majorité (68 %) a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. Sur un total de 45 espèces évaluées, on a attribué le statut d’espèce non en péril à sept d’entre elles (deux réévaluations et cinq nouvelles évaluations). À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 724 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, ce qui comprend 320 espèces en voie de disparition, 172 espèces menacées, 209 espèces préoccupantes et 23 espèces disparues (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, on a jugé disparues 15 espèces sauvages, les données de 54 espèces sauvages ont été jugées insuffisantes et on a évalué que 177 espèces ne sont pas à risque.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2017 (2017)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et maintenant, 521 espèces forment la liste. En 2016, sur recommandation du ministre de l'Environnement, le gouverneur en conseil a approuvé des propositions d'inscription pour 44 espèces sauvages. Il est proposé que 23 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, 18 soient reclassifiées ou aient leur définition modifiée (deux espèces fauniques sont divisées en quatre), qu'une espèce soit retirée de l'annexe 1 et deux autres espèces ajoutées. Les propositions d'inscription ont été publiées dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de consultation publique de 30 jours et les décisions finales d'inscription pour les 44 espèces sont attendues au début de 2017.Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 11 mai 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 11 octobre 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril Résumés du COSEPAC sur les espèces terrestres admissibles pour ajout ou reclassification à l’annexe 1