Profil d'espèce

Baleine boréale Population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort

Nom scientifique : Balaena mysticetus
Autres noms/noms précédents : Baleine boréale (Population de l'Arctique de l'Ouest),Baleine boréale (Population de l'ouest de l'Arctique)
Taxonomie : Mammifères
Distribution : Océan Arctique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2009
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Baleine boréale

Baleine boréale Photo 1
Baleine boréale Photo 2

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Description

La Baleine boréale a une très grosse tête munie d'une grande bouche et de grosses lèvres. Cette espèce possède les plus longs phanons (plaques de kératine remplaçant les dents) de toutes les baleines vivantes- jusqu'à 4 mètres de long. La baleine est de couleur bleu noir avec des taches de couleur crème sur la partie inférieure de la mâchoire et des taches blanches sur le ventre; une partie de la queue est gris pâle. Le blanc de baleine est très épais, pouvant mesurer jusqu'à 45 cm d'épaisseur. Ces baleines peuvent atteindre 20 m de longueur; les femelles sont plus grosses que les mâles. À la naissance, un baleineau boréal mesure 4 m.

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Répartition et population

La Baleine boréale se retrouve tout autour du pôle nord, au nord du 55ème parallèle mais au sud de la calotte glaciaire permanente. Cependant, différentes barrières physiques, et possiblement des facteurs océanographiques tels que les variations de température, les courants marins, et la compétition pour la nourriture et l'espace avec d'autres espèces de baleines, divisent la population de Baleines boréales en 4 ou 5 sous-populations distinctes. Au Canada, les Baleines boréales étaient historiquement retrouvées dans la mer de Beaufort dans l'Arctique occidental, et dans le nord de la baie d'Hudson, le détroit de Davis, le détroit de Lancaster et le détroit du Prince-Régent dans l'Arctique oriental. Dans l'est de l'arctique, la Baleine boréale est présente au sud-est de la Terre de Baffin et au large du Groenland dans le détroit de Davis en hiver et au début du printemps. Lors du dégagement des glaces, certains individus se dirigent vers l'ouest pour se rendre au nord-ouest de la Terre de Baffin, et d'autres se déplacent le long de la côte est de la Terre de Baffin. Des Baleines boréales se retrouvent également dans le détroit d'Hudson de l'automne au printemps, et dans les eaux situées entre le nord-ouest de la baie d'Hudson et le Foxe Basin au cours de l'été. La Commission Internationale sur la chasse à la baleine a estimé en 1991 que la taille de la population de l'ouest de Baleines boréales était de 7500 individus, comparée à 14 000 à 20 000 individus avant la chasse commerciale. La population de l'est de l'arctique est encore plus réduite: seulement 250 baleines se retrouvaient dans le secteur de la Terre de Baffin en 1991, comparée à au moins 11 000 individus dans les années 1800. Dans le secteur de la Baie d'Hudson, la population était beaucoup moindre en 1991 qu'en 1860, avec 500-600 individus durant l'été. Sur toute l'aire de répartition de l'espèce, la population totale était probablement inférieure à 10 000 baleines en 1991, soit 15% de l'abondance prévalant avant la chasse commerciale.

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Habitat

Les Baleines boréales habitent les eaux arctiques et préfèrent les baies, les détroits et les estuaires. Ces baleines sont toujours retrouvées près de la limite de la glace, et leurs migrations se font vers le nord avec le retrait des glaces et vers le sud avec l'avance de ces dernières.

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Biologie

Très peu d'information existe au sujet de la reproduction des Baleines boréales. La Baleine boréale mettrait bas tous les 3 ans ou plus et l'accouplement aurait lieu généralement à la fin de l'hiver, la plupart des baleineaux naissant au printemps. La Baleine boréale nage lentement, ce qui la rendait plus vulnérable à la chasse avant l'apparition des bateaux à moteur et des projectiles explosifs. Elle plonge régulièrement pour des périodes de 30 minutes pour s'alimenter, entrecoupées de courtes périodes en surface pour expirer. C'est une baleine très active en surface, frappant l'eau avec ses nageoires, dressant la queue, et se projetant hors de l'eau. La Baleine boréale est une des baleines les plus actives vocalement. Des groupes allant jusqu'à 15 individus, espacés sur une surface de 10 à 20 km2 , demeurent probablement en contact sonore pendant la migration. Ils semblent également utiliser l'écholocation pour évaluer la taille des banquises. Au sein de la population, les sub-adultes semblent se nourrir séparément des adultes durant l'été, préférant rester à proximité des côtes. La Baleine boréale se nourrit presque exclusivement d'invertébrés qui se tiennent en denses nuages, préférant les organismes à haute valeur énergétique, comme les copépodes et les euphausiides. Elles évitent la prédation par les Orques soit en se cachant dans des secteurs de glaces, celles-ci se déplaçant plus aisément que les Orques autour des banquises, ou en se rendant dans des zones de faible profondeur.

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Menaces

La Baleine boréale a été déclarée en voie de disparition à travers le monde, l'espèce ayant subit un important déclin dû à la chasse à la baleine. Il est à espérer que les populations de Baleines boréales pourront se remettre des effets dévastateurs causés par la chasse. Il est aussi possible que des facteurs climatiques qui influencent les conditions de la glace puissent avoir des effets néfastes sur la survie et la distribution de ces baleines. De plus, les développements industriels dans la mer de Beaufort peuvent avoir des effets néfastes sur les populations de Baleines boréales à cause de la circulation marine et du bruit qui leur sont associés. Ces baleines sont encore chassées en Alaska.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Canada, les Baleines boréales sont protégées en vertu de règlements en vigueur depuis 1982; il est illégal de tuer une Baleine boréale sans permis depuis 1979. Cependant, les autochtones ont le droit de continuer à chasser cette baleine (cette chasse est régie par des quotas). Au niveau international, des quotas sont établis par la Commission internationale de la chasse à la baleine (International Whaling Commission).

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Autre protection ou statut

Aux États-Unis, la Baleine boréale est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition et est donc protégée en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition (U.S. Endangered Species Act).

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

14 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Baleine boréale (2005)

    Baleine boréale (population de la baie d'Hudson et du bassin de Foxe) Les populations de l'est et de l'ouest de l'Arctique ont été considérées comme un tout et ont été désignées « en voie de disparition » en avril 1980. Division en deux populations (population de l'est de l'Arctique et population de l'ouest de l'Arctique) en avril 1986 pour permettre une désignation individuelle. La population de l'est de l'Arctique n'a pas été réévaluée en avril 1986, mais a conservé le statut « en voie de disparition » des « populations de l'est et de l'ouest de l'Arctique » initial. La population de l'est de l'Arctique a été par la suite divisée en deux populations (population de la baie d'Hudson et du bassin de Foxe et population du détroit de Davis et de la baie de Baffin) en mai 2005, et la population de la baie d'Hudson et du bassin de Foxe a été désignée « menacée ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation. ________________________________________________________________ Baleine boréale (population du détroit de Davis et de la baie de Baffin) Les populations de l'est et de l'ouest de l'Arctique ont été considérées comme un tout et ont été désignées « en voie de disparition » en avril 1980. Division en deux populations (population de l'est de l'Arctique et population de l'ouest de l'Arctique) en avril 1986 pour permettre une désignation individuelle. La population de l'est de l'Arctique n'a pas été réévaluée en avril 1986, mais a conservé le statut « en voie de disparition » des « populations de l'est et de l'ouest de l'Arctique » initiales. La population de l'est de l'Arctique a été par la suite divisée en deux populations (population de la baie d'Hudson et du bassin de Foxe et population du détroit de Davis et de la baie de Baffin) en mai 2005, et la population du détroit de Davis et de la baie de Baffin a été désignée « menacée ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation. ________________________________________________________________ Baleine boréale (population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort) Les populations de l'est et de l'ouest de l'Arctique ont été considérées comme un tout et désignées « en voie de disparition » en avril 1980. Division en deux populations (population de l'est de l'Arctique et population de l'ouest de l'Arctique) en avril 1986 pour permettre une désignation individuelle. La population de l'ouest de l'Arctique a été désignée « en voie de disparition » en avril 1986. La population a été renommée « population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort » et désignée « préoccupante » en mai 2005. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.
  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Baleine boréale (2009)

    La baleine boréale (Balaena mysticetus) (Linné, 1758) est un mysticète (baleine à fanons) de grande taille appartenant à la famille des Balénidés. Son corps est dominé par le noir, avec des régions blanches sur le menton et la queue.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Baleine boréale, Population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort (2009)

    La population a été gravement décimée par la pêche commerciale à la baleine de 1848 jusqu’à environ 1915, soit une période d’environ 65 à 70 ans. Depuis 1915, elle fait l’objet d’une chasse de subsistance régulière par les peuples autochtones en Alaska (États-Unis) et en Tchoukotka (Russie) et d’une chasse occasionnelle par les Inuvialuit de l’ouest de l’Arctique canadien. En l’absence d’une pêche commerciale à la baleine, la population se rétablit et a été estimée à 10 400 individus en 2001. Néanmoins, elle n’est pas encore clairement sécurisée en raison de son cycle biologique (p. ex. la longue durée de génération, le taux de croissance naturelle très faible) et les impacts possibles des changements de l’habitat. La réaction des baleines aux modifications rapides de leur habitat, en raison des changements climatiques et de l’accroissement des activités humaines telles que le transport des marchandises et l’exploration pétrolière à des latitudes élevées, présente des incertitudes. Ces modifications de l’habitat ont déjà commencé à se produire et elles s’intensifieront au cours des 100 prochaines années. Étant donné le cycle biologique de l’espèce, il est important que la chasse puisse continuer à faire l’objet d’un suivi et d’être gérée afin d’éviter la surexploitation.
  • Énoncés de réaction - Baleine boréale (2005)

    Au temps de la pêche commerciale à la baleine, cette population a été intensément chassée. Elle semble en voie de se rétablir, même en présence d’une chasse réglementée; la population représente actuellement environ 50 % de sa taille historique. La population n’est cependant pas encore en sécurité et est potentiellement touchée de façon défavorable par le changement climatique ainsi que par l’exploitation pétrolière et gazière.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de la population de baleines boréales des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort (Balaena mysticetus) au Canada (2014)

    La baleine boréale (Balaena mysticetus) (Linnæus, 1758) est un grand mysticète de la famille des balénidés, dont l'aire de répartition est quasi circumpolaire. La baleine boréale est présente dans les eaux marines arctiques et subarctiques et dans des conditions allant de l'eau libre à la banquise serrée. On trouve deux des quatre populations de baleines boréales connues au Canada. La population des mers de Béring, de Tchoukotka et de Beaufort en est une. Son aire d'estivage est dans l'est de la mer de Beaufort et le golfe d'Amundsen et son aire d'hivernage dans l'est et le centre de la mer de Béring.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret de prorogation du délai d'évaluation de la situation d'espèces sauvages (2006)

    Le délai prévu pour l'évaluation de la situation des espèces sauvages visées à l'annexe est prorogé pour une période de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de l'article 14 de la Loi sur les espèces en péril.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
  • Guide de consultation sur l'inscription d'une population de baleines à la liste de la LEP: baleines boréales des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort (2005)

    Nous désirons recueillir votre opinion pour aider le gouvernement fédéral à décider de manière fondée si la baleine boréale (population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort) devrait être ajoutée à l'Annexe 1 (la liste des espèces en péril) de la Loi sur les espèces en péril. Vos commentaires concernant les conséquences de l'ajout de cette espèce à la liste sont importants. Ce cahier de consultation a été préparé pour que vous puissiez communiquer à Pêches et Océans Canada vos commentaires et vos conseils concernant l'ajout de cette espèce à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (L'Annexe 1 identifie les espèces qui sont protégées par cette Loi).