Profil d'espèce

Carcajou Population de l'Est

Nom scientifique : Gulo gulo
Taxonomie : Mammifères
Distribution : Québec, Terre-Neuve-et-Labrador
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2014
Dernière désignation du COSEPAC : Non active
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Espèce Statut
COSEPAC
Statut
sous la
LEP
Carcajou Préoccupante Aucun statut

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Image de Carcajou

Carcajou Photo 1

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Description

Le carcajou est un animal compact et puissant, qui ressemble à un petit ours doté d’une longue queue touffue. Il a une large tête aux mâchoires solides, de courtes pattes et de grands pieds. Le mâle adulte mesure environ 1 m de longueur depuis le bout du museau jusqu’à l’extrémité de la queue, et pèse entre 12 et 16 kg; la femelle est en général plus petite que le mâle. À la naissance, le pelage du carcajou est blanc crème, les pattes, plus foncées, et le visage, masqué. Le pelage des adultes, long, épais et luisant, est brun foncé, plus pâle sur la tête et marquée de deux bandes jaunâtres qui débutent aux épaules et se rencontrent sur la croupe. Certains individus arborent une tache blanche sur la gorge et la poitrine.

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Répartition et population

Le carcajou est une espèce holarctique que l’on retrouve d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie. Au Canada, il existe deux populations distinctes : la population de l’Est, inscrite parmi les espèces en voie de disparition, mais peut-être disparue, qui ne se trouve qu’au Québec et au Labrador; et la population de l’Ouest, irrégulièrement répartie dans les aires écologiques boréale, arctique, des montagnes du Nord, des montagnes du Sud et du Pacifique. Il n’y a eu aucune mention confirmée de carcajou au Québec depuis 1978, ou au Labrador depuis 1950, mais on fait état de mentions non confirmées presque chaque année.

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Habitat

Pour que ses populations restent viables, le carcajou a besoin de vastes régions non perturbées à cause de son faible taux de reproduction, de sa faible densité démographique et de son vaste domaine vital. Il habite diverses régions boisées ou sans arbres, à toutes les altitudes, entre autres les régions sauvages boisées du nord, la toundra alpine des montagnes de l’Ouest et la toundra arctique. Le carcajou est très abondant là où la présence de gros ongulés est commune.

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Biologie

Le carcajou a depuis longtemps une place dans le folklore en tant que bête d’une grande férocité, rusée et d’une force extraordinaire. Dans la mythologie des Premières nations, le carcajou est un héros filou et un lien au monde des esprits. Il y a tellement peu de carcajous dans la plus grande partie de son habitat éloigné, et l’espèce est si mobile, qu’il est extrêmement difficile de l’étudier. Le carcajou ne migre pas et n’hiberne pas. Il est actif le jour et la nuit, adoptant un rythme dans lequel se succèdent souvent des périodes de trois à quatre heures d’activité et de sommeil. Il peut parcourir de grandes distances, grimper aux arbres, et il sait nager. Ses larges pieds et ses membres musclés lui permettent de poursuivre sa proie même dans la neige molle. Il occupe un vaste domaine vital, dont la superficie va de 50 à 400 km2 pour les femelles, et de 230 à 1 580 km2 pour les mâles. Les domaines vitaux se chevauchent et, à tout moment, une partie de la population est de passage. Les individus de passage sont en général des jeunes d’un an qui se dispersent et peuvent parcourir plus de 200 km. Omnivore, le carcajou consomme une large gamme de charognes et d’aliments frais allant des gros ongulés, comme l’orignal, le caribou et la chèvre de montagne, à de petits animaux, comme le castor, le porc-épic et l’écureuil terrestre, ainsi que des poissons, les racines et les baies. À son tour, le carcajou est la proie de l’ours, du loup, du couguar, de l’Aigle royal et d’autres carcajous. Le carcajou atteint la maturité sexuelle entre l’âge de deux et trois ans. Depuis avril jusqu’à septembre, les animaux forment des couples pour se reproduire. Ces couples ne durent que quelques jours, et les mâles et les femelles peuvent s’accoupler de nouveau plusieurs fois avec d’autres individus. L’œuf fertilisé ne se développe pas avant son implantation, de nombreux mois plus tard. Cette implantation à retardement permet à l’accouplement d’avoir lieu en été, lorsque les femelles sont plus sédentaires. La naissance peut ainsi avoir lieu à la saison la plus propice à la survie des jeunes. La femelle construit une tanière dans des pentes rocheuses ou dans des amas de bois mort, ou creuse dans la neige un tunnel, et y donne naissance à ses jeunes entre la fin mars et la mi avril. Les portées comptent fréquemment deux ou trois jeunes, mais les femelles n’en ont pas chaque année. Les jeunes sont en général allaités pendant huit à dix semaines; ils se séparent de la mère à l’automne et atteignent la taille adulte après sept mois environ. Vu son faible taux de reproduction, le carcajou ne peut se rétablir rapidement après avoir subi un déclin.

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Le déclin des carcajous de la population de l’Est est associé à une combinaison de facteurs : la chasse et le piégeage à la fin du XIXe siècle, la diminution des hardes de caribou au début du XXe siècle, l’empiétement de l’être humain sur l’habitat, la baisse du nombre de loups et l’utilisation inconsidérée d’appâts empoisonnés.

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Autre protection ou statut

Le carcajou est inscrit sur les listes de l’Union mondiale pour la nature (UICN).

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du carcajou (Gulo gulo L.), population de l'Est, au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de planification du rétablissement du Carcajou - Population de l'Est

  • Isabelle Thibault - Président/Contact - Gouv. du Québec
    Tél. : 418-627-8694  Envoyer un courriel

Groupe de travail du Carcajou du Labrador

  • Robert Otto - Président/Contact - Gouv de Terre-Neuve-et-Labrador
    Tél. : 709-637-6200  Téléc. : 709-639-7591  Envoyer un courriel

Unité de planification de la conservation du SCF-Québec

  • Unité du rétablissement des espèces en péril du SCF-QC - Président/Contact -
    Tél. : 1-855-253-6708  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu?à présent Un plan de rétablissement, dont l?objectif est l?établissement d?une population autosuffisante de carcajous au Québec et au Labrador, a été publié en 2005 pour la population de carcajous de l?Est. Parce que les carcajous peuvent subvenir à leurs besoins lorsque la densité de la population est faible, l?équipe de rétablissement propose une population cible de 100 carcajous adultes. L?équipe évalue à l?heure actuelle la faisabilité et l?utilité d?un programme de réintroduction. Résumé des activités de recherche et de surveillance La recherche a montré qu?il y a au Québec suffisamment de proies et d?habitats convenables pour satisfaire aux besoins du carcajou. Les facteurs qui empêchent le rétablissement de cette espèce ne sont donc pas clairs, mais il est possible que, lorsque la densité de la population est si faible, la probabilité que des mâles et des femelles se rencontrent pendant la saison des amours soit très minime. En 2000, le Centre de conservation de la biodiversité boréale, au Québec, a entrepris un programme d?élevage en captivité du carcajou (voir conservation à www.borealie.org). Les carcajous sont difficiles à étudier dans la nature, en raison de la grande superficie de leur aire de répartition et de leur faible densité; ce programme a donc permis d?apprendre de nombreux éléments de base de la biologie du carcajou. Plusieurs jeunes sont nés au Centre, et les découvertes relatives au comportement et aux exigences en matière de reproduction du carcajou sont intégrées aux protocoles d?élevage en captivité. Un relevé aérien du nord du Labrador est en cours de réalisation en 2005 afin d?éclaircir la situation actuelle de la population de carcajous de l?Est. Résumé des activités de rétablissement Les activités de rétablissement dépendront des résultats d?enquêtes à plus grande échelle sur la population et d?une évaluation de la nécessité de procéder à une augmentation de la population à des fins de rétablissement. Adresses URLwww.borealie.org

Faune et flore du pays : Carcajou : http://www.hww.ca/hww2_f.asp?pid=1&cid=8&id=108

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Carcajou Gulo gulo au Canada (2015)

    Le carcajou est un carnivore trapu de taille moyenne, et le plus grand mustélidé terrestre. Il possède une longue fourrure rugueuse et lustrée, dont la couleur peut varier du brun au noir. Souvent, il arbore un masque facial pâle et des bandes latérales, qui partent des épaules et se croisent à la base de la queue. La structure de son crâne est robuste, ce qui lui permet de broyer les os et les carcasses gelées pour les consommer. La femelle adulte pèse entre 7,5 et 12,5 kg, tandis que le mâle adulte atteint un poids variant entre 13 et 18 kg.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Carcajou (2003)

    L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « préoccupante » en avril 1982. Division en deux populations en avril 1989 (population de l'Est et population de l'Ouest). La population de l'Est a été désignée « en voie de disparition » en avril 1989 et en mai 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation. La population de l'Ouest a été désignée « préoccupante » en avril 1989 et en mai 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Carcajou (2004)

    Un énoncé de réaction est un document de communication qui identifie la façon dont le Ministre de l'environnement a l'intention de répondre à l'évaluation d'une espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce document est un point de départ au processus de listage et de rétablissement pour les espèces identifiées comme étant en péril, il fournit aussi des échéanciers dans la mesure du possible.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du carcajou (Gulo gulo L.population de l'Est, au Canada (2016)

    Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent en vertu de la LEP pour le rétablissement du carcajou, population de l’Est, et a élaboré ce programme conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, ce programme a été élaboré en collaboration avec les Premières Nations, les communautés autochtones et les Gouvernements du Québec et de Terre Neuve et Labrador.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluation faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (2004)

    Par le décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret de prorogation du délai d'évaluation de la situation d'espèces sauvages (2006)

    Le délai prévu pour l'évaluation de la situation des espèces sauvages visées à l'annexe est prorogé pour une période de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de l'article 14 de la Loi sur les espèces en péril.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    L'annexe 1, la Liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP), est modifiée par décret du gouverneur en conseil, à la suite de la recommandation du ministre de l'Environnement, par l'ajout de 73 espèces. Ce décret est fondé sur des évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et suit les consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, les intervenants et le public, ainsi que l'analyse des coûts et des avantages pour les Canadiennes et les Canadiens.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : mars 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017