Profil d'espèce

Frasère de Caroline

Nom scientifique : Frasera caroliniensis
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Frasère de Caroline

Frasère de Caroline Photo 1

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Description

La frasère de Caroline est une plante herbacée robuste qui passe la plus grande partie de son existence sous la forme d’une rosette de feuilles qui peuvent atteindre 40 cm de longueur. Lorsque la plante produit une tige, celle-ci comporte des feuilles qui sont graduellement plus courtes vers le sommet de la tige. Cette tige qui supporte les fleurs, ou tige florifère, peut atteindre jusqu’à 2 ou 3 m de hauteur. Les fleurs jaune verdâtre, marquées de nombreuses taches sombres, sont regroupées sous la forme d’une grande inflorescence de forme pyramidale qui apparaît à l’aisselle des feuilles du haut. Elles comportent 4 pétales soudés à la base et sont en forme de soucoupes, longues de 10 à 20 mm. Les populations tendent à fleurir en même temps, chaque individu produisant une seule tige florifère après avoir passé de 7 à 15 ans, ou même davantage, à l’état végétatif. Le fruit est une capsule, longue de 1,5 à 2 cm, renfermant de 4 à 14 graines brun foncé ailées et en forme de croissants. La plante meurt après avoir fleuri une seule fois.

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Répartition et population

La frasère de Caroline se rencontre de façon abondante dans l’est de l’Amérique du Nord, principalement à l’ouest des Appalaches, depuis le sud de l’Ontario jusqu’au nord de l’Alabama et des états voisins. Au Canada, on ne la retrouve que dans l’extrême-sud de l’Ontario, où 22 populations ont été répertoriées. De ces populations, 9 n’ont pas été observées depuis 1956. Sur les 22 populations canadiennes déjà répertoriées, 12 existent toujours, et la situation d’une treizième population est incertaine. Parmi les populations actuelles, 10 sont assez grandes pour être considérées comme hors de danger à court terme. Parmi ces 10 populations, 2 sont peut-être en augmentation, et 4 semblent stables. Dans le cas des autres sites actuels, la tendance de l’effectif ne peut pas être précisée, à cause d’un manque de données. La perte de 9 populations survenue depuis 1956 représente un déclin d’environ 41 %. Les tendances plus récentes sont difficiles à préciser, parce qu’il n’existe aucune estimation antérieure des effectifs. Le nombre total d’individus composant les populations canadiennes en 2005 est sans doute de l’ordre de 4 200, la plupart se trouvant à l’état de rosette de feuilles.

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Habitat

La frasère de Caroline se rencontre le plus souvent sur des versants recouverts de forêts claires de feuillus, mais elle pousse parfois dans des fourrés, des buissons et des clairières. On retrouve l’espèce dans une variété de milieux relativement stables, ainsi que sur toute une gamme de sols. En Ontario, la frasère de Caroline est souvent associée à une plante rare, l’uvulaire perfoliée, ainsi qu’à l’hélianthe à feuilles étalées, au carex de Pennsylvanie, à la danthonie à épi et à diverses espèces d’asters et de verges d’or.

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Biologie

On sait peu de choses sur la biologie de cette plante vivace. On sait toutefois qu’elle passe la plus grande partie de son existence au stade végétatif, soit sous la forme d’une rosette de feuilles, et ne fleurit qu'une seule fois. Ainsi, le stade végétatif se poursuit pendant plusieurs années avant que la plante ne fleurisse d'un seul coup et meure. La germination et le développement de la rosette commencent tôt au printemps. Les fleurs matures s'ouvrent en mai, et sont parfois visibles jusqu'en juillet. À l'intérieur d'une même population, les individus fleurissent de façon synchronisée. Leur fécondation est assurée par des insectes pollinisateurs, dont l’abeille domestique et plusieurs espèces de bourdons. La production des fruits se poursuit jusqu'en octobre ou novembre. Les graines, probablement dispersées par gravité, restent dans un état de dormance jusqu’à ce qu’elles aient absorbé de l’eau et commencé leur développement à une température d’environ 5 °C. Par conséquent, les graines matures qui sont libérées en automne ou au début de l’hiver peuvent absorber de l’eau du sol, puis subir la période de développement requise et germer au printemps suivant. La frasère de Caroline vit plusieurs années, et cette grande longévité lui permet sans doute de persister temporairement dans des milieux dégradés ou qui ne constituent pas son habitat de prédilection.

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Menaces

Les populations canadiennes de la frasère de Caroline sont fragmentées et limitées à une région hautement urbaine et agricole exposée à la perte et à la dégradation continues de l’habitat. Outre cette perte d’habitat qui sévit dans le sud de l’Ontario, l’empiétement de plantes exotiques envahissantes constitue la principale menace qui pèse actuellement sur l’espèce. La perturbation de l’habitat par la présence de sentiers, le dépôt d’ordures et l’exploitation forestière est également préoccupante. À moyen terme, des projets d’aménagement pourraient causer des pertes supplémentaires dans trois des populations actuelles.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Frasère de Caroline est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario, la frasère de Caroline et son habitat sont protégés en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Deux des populations se trouvent dans des parcs provinciaux, soit le parc provincial Selkirk et le parc provincial des Collines Short, où elles bénéficient d’une certaine protection.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la frasère de Caroline (Frasera caroliniensis) au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la frasère de Caroline (Frasera caroliniensis) au Canada – Mise à jour (2006)

    La frasère de Caroline (Frasera caroliniensis) est une plante herbacée à racine pivotante appartenant à la famille des Gentianacées. Durant la plus grande partie de son existence, la plante se limite à une rosette basilaire de feuilles qui peuvent atteindre 40 cm de longueur. Lorsque la plante produit une tige florifère, celle-ci comporte des feuilles verticillées qui sont graduellement plus courtes vers le sommet de la tige. Les cymes de fleurs apparaissent à l’aisselle des feuilles supérieures. Les populations tendent à fleurir de manière synchrone, chaque individu produisant une seule tige florifère de 2 à 3 m de hauteur après avoir passé de 7 à 15 ans, ou même davantage, à l’état végétatif. La plante meurt après avoir fleuri une seule fois; il s’agit donc d’une espèce polycarpique.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Frasère de Caroline (2006)

    Espèce désignée « préoccupante » en avril 1993. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Frasère de Caroline (2006)

    Une plante vivace longévive avec 11 ou 12 populations existantes au Canada. Ces populations sont fragmentées et limitées géographiquement à une région hautement urbaine et agricole exposée à la perte et à la dégradation continues de l’habitat. Les populations sont formées principalement de rosettes au stade végétatif ne comptant que quelques plantes florifères produites pendant une année donnée. La propagation des plantes envahissantes à l’intérieur de l’habitat représente une menace importante pour la survie de l’espèce. D’autres pertes de populations sont prévues en raison de l’exploitation des sites.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la frasère de Caroline (Frasera caroliniensis) au Canada (2016)

    La ministre de l’Environnement est la ministre compétente pour le rétablissement de la frasère de Caroline et a élaboré ce programme, conformément à l’article 37 de la LEP. Aux termes de l’article 44 de la LEP, la partie 2 du présent programme de rétablissement a été adoptée à partir du document élaboré par la Province de l’Ontario (ministère des Richesses naturelles et des Forêts). Dans la mesure du possible, ce programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de l’Ontario (ministère des Richesses naturelles et des Forêts).

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017