Profil d'espèce

Trille à pédoncule incliné

Nom scientifique : Trillium flexipes
Autres noms/noms précédents : Trille incliné
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2009
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Trille à pédoncule incliné

Trille à pédoncule incliné Photo 1

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Taxinomie

Aucune variété ou sous–espèce n’a été formellement reconnue, mais une des nombreuses formes du trille à pédoncule incliné, Trillium flexipes, a été appelée « T. flexipes forme walpolei ». Cette forme à pétales rougeâtres ou marron pourpré est probablement un hybride avec le trille rouge (T. erectum).

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Description

Le trille à pédoncule incliné est une plante herbacée vivace. Sa tige, dressée et robuste, mesure de 15 à 60 cm de hauteur et porte à son sommet trois larges feuilles sans queue, ou pétiole. Mesurant jusqu'à 20 cm de longueur et de largeur, les feuilles sont rétrécies vers le milieu jusqu’à la base, et se terminent par une pointe allongée et effilée. Une plante peut posséder une ou plusieurs tiges se développant à partir d’un rhizome, ou tige horizontale souterraine. Chaque tige ou individu ne porte pas nécessairement de fleurs. La fleur solitaire se tient sur un pédoncule d'une longueur de 3 à 12 cm, qui émerge du centre des feuilles. Comme son nom le suggère, ce trille présente un pédoncule souvent incliné, quoique ce support soit parfois en position horizontale ou dressée. La fleur comporte trois grands pétales étalés, longs de 2 à 5 cm, et dégage souvent une odeur de renfermé ou de moisi. Elle est habituellement blanche, mais elle peut parfois prendre une teinte rougeâtre ou marron pourpré chez la forme walpolei. Les sépales, en forme de fer de lance, sont à peu près de la même longueur que les pétales. Les fruits sont semblables à des baies, rouge rosé à violacés. Odorants et très juteux à maturité, ils mesurent de 2 à 3,5 cm de longueur et de 1 à 3 cm de largeur. Le trille à pédoncule incliné peut avoir une apparence très similaire à deux espèces, le trille rouge et le trille penché, présentes en Colombie-Britannique, dont il se distingue par ses grands pétales étalés et par le bout de ses étamines de couleur crème. L’espèce se distingue également du trille penché par ses feuilles plus larges, et du trille rouge par la partie inférieure blanche de l’appareil femelle de la fleur.

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Répartition et population

Le trille à pédoncule incliné se retrouve en Ontario et dans 17 états du centre-nord et de l’est des États-Unis. Au Canada, sept populations de l’espèce ont été répertoriées par le passé dans le sud de l’Ontario, mais seulement deux d’entre elles existent encore. Actuellement, les deux sites connus se trouvent le long de la rivière Sydenham à Strathroy et le long de la rivière Thames dans la municipalité de Dutton/Dunwich. Au Canada, un total de 1 465 tiges portant des fleurs, ou florifères, a été recensé en 2007, ce qui équivaut à un nombre moins élevé d’individus (peut-être de 500 à 1 000), étant donné qu’un même individu peut donner plusieurs tiges florifères. Cet effectif n’inclut pas le petit nombre d’individus sans fleurs, difficiles à distinguer des autres trilles d’aspect semblable. Le nombre d’individus semble stable ou en croissance dans les deux sites actuels. Le nombre de tiges florifères présentes sur le site de Strathroy semble avoir doublé depuis 1989, et le site de Dutton/Dunwich a connu une hausse du nombre d’individus florifères qui est passé de 75 en 1993 à 453 en 2007. L’augmentation pourrait s’expliquer par la maturation d’individus qui ne se trouvaient pas en fleurs en 1993 ou par une variation naturelle du nombre d’individus.

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Habitat

Le trille à pédoncule incliné se rencontre généralement dans des forêts de feuillus d'âge mûr, généralement traversées par des cours d'eau. Dans les deux sites ontariens où ce trille pousse actuellement, la présence d’un couvert forestier clairsemé au printemps et plus dense en été suggère que l’espèce a besoin de lumière au début de sa croissance et à la floraison. Le sol est neutre, bien drainé, argilo-sableux et sec. L’espèce privilégie les petits sites légèrement surélevés de la plaine inondable, qui bénéficient d’un meilleur drainage et de conditions climatiques plus chaudes que la moyenne. De plus, les perturbations périodiques causées par les inondations pourraient être bénéfiques à l’espèce. Il y a eu historiquement des coupes forestières sur le site de Strathroy, le long de la rivière Sydenham. Le site semble cependant être demeuré pratiquement intouché depuis sa découverte, il y a presque 100 ans, en raison de sa situation au fond de la vallée, dans une petite plaine inondable, qui la rend sans doute impropre à l’agriculture. Cependant, quelques milieux propices à l’espèce ont été détruits par l’aménagement d’un terrain de golf. En 2003, une coupe sélective d’arbres de fort diamètre a eu lieu sur le site de Dutton/Dunwich.

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Biologie

Au Canada, le trille à pédoncule incliné est une plante herbacée qui fleurit normalement de la mi-mai jusqu’au début de juin. Cette plante vivace peut prendre jusqu’à dix ans avant de fleurir et peut vivre plusieurs décennies. Chaque individu peut produire une ou plusieurs tiges qui produiront des fleurs. Leur mode de fécondation est méconnu, mais la pollinisation semble assurée par des insectes qui transportent le pollen d’une fleur voisine à une autre. L’espèce est capable de se reproduire avec le trille rouge et le trille blanc, et cette hybridation a été observée en milieu naturel. L'espèce se reproduit principalement de façon sexuée à l’aide de ses graines, et celles-ci sont dispersées sur de courtes distances par les fourmis. Les graines doivent demeurer dans le sol pendant deux saisons froides pour que la germination ait lieu. L’espèce peut également se multiplier de façon végétative grâce à son rhizome. Les jeunes plants et les adultes de toutes les espèces de trilles sont sensibles à un champignon qui attaque les feuilles et affaiblit la plante. Les cerfs broutent les feuilles du trille ainsi que la fleur ou le fruit, et ne laissent que les tiges dégarnies. Ces herbivores peuvent ainsi transporter les graines à une distance considérable, dans la mesure où elles traversent indemnes leur tube digestif et sont évacuées dans un milieu propice.

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Menaces

La perte et la dégradation d’habitat provoquées par l’urbanisation et l’expansion de l’agriculture représentent les principales menaces imminentes pour les populations canadiennes. La destruction de l’habitat, provoquée par l’expansion urbaine, a entraîné la disparition des populations historiques de London ainsi que des deux sites du comté d’Essex. En raison de sa superficie relativement restreinte, la population de la municipalité de Dutton/Dunwich est particulièrement vulnérable à la destruction ou à la dégradation de son habitat. Dans le site de Strathroy, l’utilisation accrue et inappropriée des sentiers récréatifs constitue une menace de piétinement pour la population. De part et d’autre du sentier traversant le site, des individus sont écrasés par les randonneurs, les cyclistes, les promeneurs de chien et les chiens eux-mêmes. De plus, les véhicules tout-terrain circulent sans autorisation sur le sentier et l’endommagent considérablement. Les espèces envahissantes, comme l’alliaire officinale et certains chèvrefeuilles exotiques, constituent une menace pour les deux populations canadiennes. Le broutage par le cerf de Virginie constitue également une menace, tout particulièrement pour celle de Dutton/Dunwich, qui est très petite. Enfin, les maladies causées par différents organismes, dont les champignons, mettent potentiellement en péril les populations du trille à pédoncule incliné.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Trille à pédoncule incliné est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario, le trille à pédoncule incliné est protégé par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de la province. Cette loi interdit de tuer un individu de l’espèce, de lui nuire, ou d’endommager ou détruire l’habitat dont il dépend directement ou indirectement. La Déclaration de principes provinciale faite en vertu de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario interdit également l’aménagement et la modification de l’habitat d’importance des espèces en voie de disparition. La population de Strathroy, située sur des terres relevant de l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair, est bien protégée. L’autre population canadienne se trouve sur un terrain privé. Un programme de rétablissement est au dernier stade de sa préparation.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement pour les Plantes des régions boisées caroliniennes

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Trille à pédoncule incliné Trillium flexipes au Canada (2009)

    Le trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes) fait partie de la famille des Liliacées. Aucune variété ou sous-espèce n’a été formellement reconnue, mais une des nombreuses formes a été appelée « T. flexipes forma walpolei ». Cette forme à pétales rougeâtres ou marron pourpré est probablement un hybride avec le trille rouge (T. erectum). On peut généralement distinguer le trille à pédoncule incliné des Trillium sympatriques par les caractères suivants : le pétiole des feuilles est absent ou très court; le pédoncule de la fleur est légèrement réfléchi; les pétales sont grands, étalés et blancs; l’ovaire est blanc, ovoïde et surmonté de stigmates bien visibles.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Trille à pédoncule incliné (2009)

    Le trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes) fait partie de la famille des Liliacées. Aucune variété ou sous-espèce n’a été formellement reconnue, mais une des nombreuses formes a été appelée « T. flexipes forma walpolei ». Cette forme à pétales rougeâtres ou marron pourpré est probablement un hybride avec le trille rouge (T. erectum). On peut généralement distinguer le trille à pédoncule incliné des Trillium sympatriques par les caractères suivants : le pétiole des feuilles est absent ou très court; le pédoncule de la fleur est légèrement réfléchi; les pétales sont grands, étalés et blancs; l’ovaire est blanc, ovoïde et surmonté de stigmates bien visibles.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Trille à pédoncule incliné (2009)

    Cette espèce vivace remarquable n’est présente actuellement qu’à deux petites localités dans le sud de l’Ontario. Elle n’a pas été trouvée dans cinq autres sites où sa présence avait été documentée historiquement. Cette espèce riveraine a pour menace continue la dégradation de son habitat en raison de l’invasion de plantes exotiques. En raison de la petite taille de sa population, les activités récréatives et les événements stochastiques menacent également l’espèce.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes) au Canada (2016)

    Le ministre de l’Environnement est l’autorité compétente en matière de rétablissement du trille à pédoncule incliné. Il a préparé la composante fédérale du présent programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan déjà préparé à l’égard d’une espèce, si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP (paragraphes 41(1) ou (2)). Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (devenu le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement du trille à pédoncule incliné (partie 2), en collaboration avec Environnement Canada.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017