Profil d'espèce

Courlis à long bec

Nom scientifique : Numenius americanus
Taxonomie : Oiseaux
Distribution : Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2011
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Courlis à long bec

Courlis à long bec Photo 1

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Taxinomie

Il existe deux sous-espèces de Numenius americanus en Amérique du Nord. Les Courlis à long bec présents au Canada sont plus petits et ont un bec plus court que leurs homologues du Sud. Ils appartiennent à la sous-espèce parvus, tandis que la plus grosse sous espèce, N. americanus americanus, n’est observée qu’aux États Unis.

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Description

Le Courlis à long bec, un grand scolopacidé de couleur brune, est le plus grand des oiseaux de rivage de l’Amérique du Nord. Les adultes mesurent de 51 à 66 cm de long (y compris le bec). Celui ci, extrêmement long et effilé, recourbé vers le bas, peut atteindre 21 cm. Les femelles sont en général plus grosses que les mâles et ont un bec nettement plus long, alors que celui des juvéniles et de certains mâles peut être relativement court. Les adultes et les juvéniles sont de couleur chamois, teintée de cannelle ou de rose. Leurs parties supérieures sont striées de brun foncé et leurs parties inférieures sont chamois pâle. Leurs pieds et leurs longues pattes sont gris bleuâtre terne. La remarquable coloration cannelle du dessous des ailes aide à distinguer le Courlis à long bec du Courlis corlieu, plus petit et au bec plus court.

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Répartition et population

Le cœur de l’aire de répartition hivernale du Courlis à long bec se trouve au Mexique et dans les États du sud-ouest : Californie, Texas et Louisiane, mais on peut l’observer en petits groupes jusqu’au Costa Rica, vers le sud, et jusqu’en Caroline du Nord. Pendant la saison de reproduction, il est présent aux États Unis depuis le nord du Texas vers l’est jusqu’au centre du Nebraska, et vers l’ouest jusqu’au centre de l’Oregon et du Nevada. Son aire de répartition continue vers le nord jusqu’au sud de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie Britannique, au Canada. L’aire de reproduction du Courlis à long bec dans le sud ouest de la Saskatchewan s’étend vers le nord jusqu’à Biggar. Vers l’est, son aire de répartition canadienne se termine entre Moose Jaw et Regina. L’espèce se reproduit dans tout le sud est de l’Alberta, sa limite septentrionale étant Stettler et sa limite orientale, Provost. Elle est présente dans les contreforts près de Calgary et en petites populations dispersées dans la partie centrale de la Colombie-Britannique, au sud de Prince George. La population canadienne est estimée à 23 500 oiseaux, dont 19 000 en Alberta. Le nombre de Courlis à long bec est estimé à 4 000 en Saskatchewan et à 500 en Colombie Britannique. Le nombre de Courlis à long bec se reproduisant au Canada a été relativement stable au cours des dix dernières années, mais les effectifs ont connu un déclin radical depuis le début du XXe siècle, époque où ces courlis étaient répandus jusqu’au sud du Manitoba et où il était possible d’observer des migrateurs automnaux sur la côte canadienne de l’Atlantique.

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Habitat

Le Courlis à long bec niche dans les terres herbeuses, surtout les prairies indigènes à herbes courtes et de hauteur moyenne. Ces oiseaux semblent préférer nicher dans des touffes irrégulières où ils se camouflent, et d’où ils peuvent peut-être repérer plus facilement les prédateurs qui s’approchent. Lorsque les œufs ont éclos, les Courlis manifestent une préférence pour les herbes plus hautes et plus denses, peut être parce qu’elles camouflent mieux les oisillons et réduisent le stress causé par la chaleur. Bien qu’ils soient plus nombreux dans les zones de graminées indigènes, les Courlis à long bec semblent pouvoir utiliser certaines régions agricoles pour se nourrir et élever leurs petits. Pendant la migration et dans leurs aires d’hivernage, ils fréquentent les eaux côtières et intérieures peu profondes.

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Biologie

Oiseau migrateur, le Courlis à long bec arrive en Colombie-Britannique en mars, et en Saskatchewan et en Alberta, en avril. Les oiseaux restent avec le même partenaire pendant au moins une saison de reproduction; le couple peut être déjà formé lorsqu’ils arrivent. Ils n’ont qu’une seule couvée par année et, si une tentative de nidification échoue, les adultes n’essaient en général pas de nicher de nouveau. Ils pondent d’habitude quatre œufs dans un nid au sol, que les femelles couvent pendant la journée, et les mâles pendant la nuit, durant un mois environ. Les petits quittent le nid dans les trois heures de l’éclosion des œufs. Les femelles les quittent lorsqu’ils ont de deux à trois semaines, et le mâle seul continue à s’en occuper jusqu’à ce qu’ils aient six semaines environ. La plupart des Courlis à long bec ont quitté le Canada à la mi août ou à la fin août. Ils atteignent la maturité sexuelle à trois ans environ et ils vivent en général de huit à dix ans, mais peuvent peut être vivre beaucoup plus longtemps. Leur long bec est bien adapté à l’extraction des vers de terre et des crevettes et petits crabes qui fouissent des crustacés dans la vase. L’espèce se nourrit de temps à autre de petits amphibiens mais, pendant la saison de nidification, consomme surtout des coléoptères et des sauterelles. Un fort pourcentage de ses poussins ne se rend jamais à l’âge adulte, de sorte que son taux de reproduction est faible. Ses principaux prédateurs sont les accipitridés, les strigidés, les Pies bavardes, les corneilles et les corbeaux. Les Courlis se rassemblent souvent pour encercler un prédateur et le harceler en poussant des cris. Par le passé, des chasseurs sportifs et commerciaux tiraient profit de ce comportement et de nombreux Courlis étaient tués pendant qu’ils tournaient en cercle au dessus d’un oiseau blessé. Cela s’est produit surtout dans le Canada atlantique, où l’espèce ne se trouve plus.

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Menaces

Au début du XXe siècle, de grandes quantités de Courlis à long bec ont été tués pour la vente commerciale. Les chasseurs sportifs en ont aussi abattu beaucoup parce qu’il s’agissait de cibles faciles. Les premières diminutions sont imputables aussi à la mise en culture de leurs aires de nidification dans la prairie indigène; il s’agit encore d’un problème, exacerbé maintenant par l’expansion urbaine. Les terres herbeuses restantes sont fragmentées et perturbées par le développement industriel, l’utilisation abusive par le bétail, la lutte contre les feux et les plantes exotiques envahissantes. En Colombie-Britannique, surtout dans la vallée du Thompson et dans celle de l’Okanagan, il s’est produit une perte importante de l’habitat, qui a fait place à des vignobles, à des vergers, à des plantations de ginseng et à l’expansion urbaine. L’empiétement de la forêt sur ce qui était autrefois des terres herbeuses intramontagneuses constitue aussi un problème. Bien que la perte de l’habitat soit maintenant la plus grande des menaces qui pèsent sur le Courlis à long bec, le danger que lui font courir les prédateurs est aussi à la hausse. En raison de la fragmentation de l’habitat, les Courlis sont plus facilement accessibles pour les coyotes, en nombre croissant, et d’autres prédateurs.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Le Courlis à long bec est protégé au Canada contre la chasse et la cueillette des œufs en vertu de la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Moins de 5 p. 100 de l’habitat du Courlis au Canada est considéré comme protégé. Cet oiseau est relativement commun dans le parc national des Prairies, en Saskatchewan, et dans la Réserve nationale de faune de Suffield, en Alberta.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Courlis à long bec (2011)

    Au Canada, ce grand oiseau de rivage se reproduit en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan. Les preuves limitées issues de relevés semblent indiquer que la population n’a pas changé de façon significative au cours des dix dernières années, mais des sources non confirmées laissent sous-entendre l’existence de déclins régionaux. Historiquement, l’étendue et la qualité de l’habitat de l’espèce ont connu des déclins considérables en raison de la conversion des prairies indigènes en terres agricoles et en territoire urbain. Les menaces continues incluent : i) la perte et la dégradation de l’habitat attribuables à la prolifération urbaine, à la culture d’habitat indigène marginal et à l’exploitation pétrolière et gazière; ii) la fréquence accrue des sécheresses associée aux changements climatiques; iii) l’augmentation du nombre de prédateurs associée à la fragmentation de l’habitat.
  • Énoncés de réaction - Courlis à long bec (2004)

    Un énoncé de réaction est un document de communication qui identifie la façon dont le Ministre de l'environnement a l'intention de répondre à l'évaluation d'une espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce document est un point de départ au processus de listage et de rétablissement pour les espèces identifiées comme étant en péril, il fournit aussi des échéanciers dans la mesure du possible.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant diverses espèces du parc national du Canada des Prairies (2016)

    Le Plan d’action visant diverses espèces du parc national du Canada des Prairies couvre les terres et les eaux se trouvant à l’intérieur des limites du parc national du Canada des Prairies. Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action fixées par la Loi sur les espèces en péril (LEP, art. 47) en ce qui a trait aux espèces pour lesquelles il faut établir un plan d’action et qui sont observées régulièrement à cet endroit. Les mesures décrites dans ce plan profiteront aussi à d’autres espèces régulièrement présentes dans le parc national des Prairies pour lesquelles il existe des préoccupations quant à leur conservation.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du Courlis à long bec (Numenius americanus) au Canada (2013)

    Le Courlis à long bec est inscrit sur la liste des espèces préoccupantes de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril depuis 2005. Le ministre de l’Environnement et le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada, qui sont les ministres compétents en ce qui a trait à la gestion du Courlis à long bec, ont préparé le présent plan, conformément à l'article 65 de la LEP, et ce, en collaboration avec les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluation faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (2004)

    Par le décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    L'annexe 1, la Liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP), est modifiée par décret du gouverneur en conseil, à la suite de la recommandation du ministre de l'Environnement, par l'ajout de 73 espèces. Ce décret est fondé sur des évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et suit les consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, les intervenants et le public, ainsi que l'analyse des coûts et des avantages pour les Canadiennes et les Canadiens.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2003 (2003)

    Rapport annuel de mai 2003 au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2010 - 2011 (2011)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année, le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages pour évaluer le statut ou revoir la classification d'un total de 92 espèces sauvages.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : mars 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.