Profil d'espèce

Érioderme boréal Population de l'Atlantique

Nom scientifique : Erioderma pedicellatum
Taxonomie : Lichens
Distribution : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2014
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Érioderme boréal

Érioderme boréal Photo 1

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Description

L’érioderme boréal est un lichen qui croît sur les branches ou le tronc du sapin baumier, de l’épinette noire, de l’épinette blanche et, très rarement, de l’érable rouge. Son diamètre est habituellement de 2 à 5 cm mais peut atteindre 10 cm. Ses bords sont légèrement courbés vers le haut, ce qui laisse paraître la face inférieure blanchâtre. Le lichen est d’une teinte gris bleuté lorsqu’il est humide, ou gris foncé à brun grisâtre lorsqu’il est sec. Les lichens sont des organismes exceptionnels. Contrairement à la plupart des êtres vivants, ils ne sont pas constitués d’un seul organisme, mais de deux organismes coexistant dans une relation symbiotique (qui profite aux deux). Les filaments d’un champignon composent la plus grande partie du lichen, mais les cellules d’une algue bleu-vert vivent parmi ces filaments.

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Répartition et population

L’érioderme boréal est une espèce rare à l’échelle mondiale. L’espèce a été observée au Canada Atlantique, en Suède et en Norvège, mais il semble qu’à l’heure actuelle on ne la trouve qu’au Canada. Il en existe deux populations distinctes : la population boréale, dans l’île de Terre-Neuve, et la population de l’Atlantique, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. La plus grande partie de la population de l’Atlantique est disparue. En effet, il ne reste plus que 3 de ses 47 stations signalées au Nouveau Brunswick et en Nouvelle Écosse. De plus, seulement 13 individus sont encore présents dans ces trois localités du comté d’Halifax, en Nouvelle Écosse. La population de l’Atlantique a ainsi perdu plus de 90 p.100 de son effectif au cours des 20 dernières années, et l’espèce est en danger imminent de disparaître des Maritimes.

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Habitat

L’habitat typique de l’érioderme boréal est constitué de versants boisés orientés vers le nord, où un climat frais et humide prévaut la plus grande partie de l’année. Ces peuplements forestiers mûrs renferment en outre une grande variété d’espèces hydrophiles, telles les sphaignes et l’osmonde cannelle. Dans les forêts laissant bien pénétrer la lumière, l’érioderme boréal se trouve surtout sur les troncs des arbres, alors que dans les forêts denses il se rencontre principalement sur les branches.

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Biologie

L’érioderme boréal vit longtemps; les adultes qui se reproduisent ont environ 30 ans. La croissance d’un nouvel individu exige que des spores provenant d’un sujet mature entrent en contact avec une algue présente dans l’environnement. Cette algue se trouve dans les sacs aquifères d’une petite hépatique qui pousse généralement à la surface des mêmes arbres que le lichen, et on a même avancé que le jeune lichen ne peut se développer qu’à l’intérieur de cette hépatique. La présence obligatoire de l’algue rend le lichen particulièrement vulnérable aux pluies acides et à d’autres polluants. En effet, lorsque le lichen pousse sur l’écorce particulièrement acide d’une épinette, sa capacité de survie est davantage réduite par l’agression des polluants acides de l’air que s’il pousse sur l’écorce d’un sapin. Puisque l’érioderme boréal est sensible aux polluants atmosphériques, il pourrait constituer une bonne espèce indicatrice de la qualité de l’air. L’érioderme boréal a été surnommé le « panda » des lichens. L’intérêt international pour cette ancienne forme de vie a incité l’International Association for Lichenology à demander au gouvernement de Terre Neuve et Labrador de protéger ce lichen et son habitat.

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Menaces

Les menaces les plus importantes qui pèsent sur l’érioderme boréal en Nouvelle Écosse sont la pollution de l’air, les pluies acides et le déboisement.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Érioderme boréal, Population de l'Atlantique, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’érioderme boréal est inscrit comme espèce vulnérable en vertu de la Endangered Species Act de Terre-Neuve et Labrador.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Autre protection ou statut

L’érioderme boréal est inscrit comme espèce gravement menacée d’extinction (« critically endangered ») sur la Red List of Lichenized Fungi of the World (International Committee for the Conservation of Lichens, Salzbourg, Autriche, 1996).

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l'érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l'Atlantique, au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'Érioderme boréal Population de l'Atlantique

  • Mark Elderkin - Président/Contact - Gouv. de la Nouvelle Écosse
    Tél. : 902-679-6219  Téléc. : 902-679-6176  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu’à présent Les administrations municipales participent aux projets de rétablissement afin d’examiner des possibilités et des outils précieux dont bénéficieraient les espèces en péril et leur habitat, y compris l’érioderme boréal. Ces administrations sont aussi incitées à réaliser des activités d’intendance et de surveillance. Un seul site de l’érioderme boréal était connu au moment de l’inscription initiale; neuf sites sont maintenant connus selon des inventaires récents. Malheureusement, on croit l’espèce disparue du Nouveau Brunswick, mais des activités de rétablissement sont encore en cours dans les sites connus de la Nouvelle Écosse. Les quelques contacts qui ont eu lieu avec les propriétaires fonciers ont été très positifs jusqu’à maintenant, et ils ont accepté de protéger les sites connus de l’érioderme boréal. Bowater Mersey Paper Company Limited, une société forestière, a joué un rôle très utile en appuyant les activités de planification du rétablissement. Résumé des activités de recherche et de surveillance Des cartes de l’habitat durable de l’érioderme boréal ont été produites à l’aide d’un modèle SIG (Système d’information géographique) fondé sur les caractéristiques de l’habitat des sites où la présence de cette espèce est connue. Des données sur l’habitat et l’environnement permettant d’améliorer continuellement les données de cartographie SIG sont recueillies dans tous les nouveaux sites de l’érioderme boréal. De l’information sur l’état, la maturité et la taille des plantes est également recueillie; elle constitue un bon indicateur de l’habitat convenable. Le système de positionnement global (GPS) sert à marquer l’emplacement de ces nouveaux sites. L’information sur les emplacements récemment découverts est intégrée à la Significant Species and Habitats Database du Department of Natural Resources de la Nouvelle Écosse, à la Protected Areas Database du Department of Environment de la Nouvelle Écosse et au Centre de données sur la conservation du Canada atlantique. Cette information est ensuite appliquée au cours de la planification de l’utilisation des terres, comme les évaluations des incidences environnementales, et à la recherche, ainsi qu’à la coordination des activités d’exploitation forestière sur les terres de la Couronne. Résumé des activités de rétablissement On fournit aux municipalités des ressources et de l’information sur la conservation de l’habitat, le rétablissement et les espèces en péril pour qu’elles prennent des décisions éclairées en matière de protection et de restauration. L’information est partagée entre les équipes de rétablissement, les administrations municipales et d’autres organismes non gouvernementaux afin que le point de vue des municipalités soit intégré à la planification du rétablissement et aux activités d’intendance. Des brochures et des cartes d’identification de l’érioderme boréal ont été publiées en 2003 et distribuées aux intervenants forestiers afin d’accroître la protection des sites où pousse cette espèce. Des cartes SIG ont également été remises aux gestionnaires et au personnel des forêts privées et publiques pour les encourager à participer à la cartographie de l’érioderme boréal et à mettre des activités de gestion en œuvre pour empêcher la perte de l’habitat. L’utilisation de pratiques de gestion de rechange, comme l’établissement de zone tampons gérées qui sont compatibles avec la survie et le rétablissement de ces lichens, est envisagée dans l’habitat de l’érioderme boréal. Adresses URLSierra Club du Canada :http://www.sierraclub.ca/national/programs/biodiversity/forests/campaign.shtml?x=332 (en anglais seulement)Les espèces en péril en Nouvelle Écosse :http://www.gov.ns.ca/natr/wildlife/endngrd/ (en anglais seulement)

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’erioderme boréal (Erioderma pedicellatum) au Canada (2015)

    L’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum) est un lichen foliacé de couleur verdâtre à l’état humide et gris à l’état sec. Le diamètre du thalle est d’environ 2 à 5 cm et atteint parfois 12 cm. Le dessus du thalle a un aspect feutré, le dessous est blanc, et les bords du thalle sont généralement enroulés vers le haut, ce qui donne l’impression d’une frange blanche. L’E. pedicellatum se distingue des deux autres espèces nord-américaines du genre Erioderma par le fait qu’il produit sur le dessus du thalle de petites apothécies brun rougeâtre, plutôt que des propagules végétatives. Le symbiote photosynthétique de ce lichen est une cyanobactérie. L’érioderme boréal sert d’« espèce parapluie » à toute une communauté d’espèces rares de lichens, de mousses et d’invertébrés vivant dans les forêts de sapin baumier de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, dans l’est du Canada.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Érioderme boréal, Population de l'Atlantique (2015)

    On croit que cette espèce serait disparue du Nouveau-Brunswick, et la population restante en Nouvelle-Écosse est petite. Des efforts de suivi intensifs au cours des dix dernières années indiquent que le nombre d’occurrences ainsi que le nombre d’individus sont en déclin. On prévoit que ces déclins pourraient se poursuivre dans l’avenir. Les principales menaces incluent la perte et la détérioration de l’habitat en raison de l'exploitation forestière, de la pollution atmosphérique, des changements climatiques et de la prédation par des limaces introduites.
  • Énoncés de réaction - Érioderme boréal (2004)

    Un énoncé de réaction est un document de communication qui identifie la façon dont le Ministre de l'environnement a l'intention de répondre à l'évaluation d'une espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce document est un point de départ au processus de listage et de rétablissement pour les espèces identifiées comme étant en péril, il fournit aussi des échéanciers dans la mesure du possible.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada (2007)

    La gestion de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique, relève de la compétence des gouvernements provinciaux. En vertu de l’article 37 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre compétent est tenu d’élaborer un programme de rétablissement à l’égard des espèces sauvages inscrites comme espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées. L’érioderme boréal a été inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition de la LEP en janvier 2005 et sur la liste des espèces visées par l’Endangered Species Act de la Nouvelle Écosse en 2003. Le Service canadien de la faune, Région de l’Atlantique (Environnement Canada), et le Department of Natural Resources de la Nouvelle Écosse ont dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement, en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles du Nouveau Brunswick. Le programme est conforme aux exigences de la LEP en matière de contenu et de processus (articles 39 à 41).

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluation faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (2004)

    Par le décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    L'annexe 1, la Liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP), est modifiée par décret du gouverneur en conseil, à la suite de la recommandation du ministre de l'Environnement, par l'ajout de 73 espèces. Ce décret est fondé sur des évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et suit les consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, les intervenants et le public, ainsi que l'analyse des coûts et des avantages pour les Canadiennes et les Canadiens.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2014-2015 (2015)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la présente année de déclaration (d’octobre 2014 à septembre 2015), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première, du 23 au 28 novembre 2014, et la deuxième, du 27 avril au 1er mai 2015. Pendant cette période, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 1 En voie de disparition : 21 Menacées : 11 Préoccupantes : 21 Données insuffisantes : 1 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 24 de ces espèces a confirmé la même situation de risque que l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : mars 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.