Profil d'espèce

Érioderme boréal Population boréale

Nom scientifique : Erioderma pedicellatum
Taxonomie : Lichens
Distribution : Terre-Neuve-et-Labrador
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2014
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Érioderme boréal

Érioderme boréal Photo 1

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Description

L’érioderme boréal est un lichen qui croît sur les branches ou le tronc du sapin baumier, de l’épinette noire, de l’épinette blanche et, très rarement, de l’érable rouge. Son diamètre est habituellement de 2 à 5 cm mais peut atteindre 10 cm. Ses bords sont légèrement courbés vers le haut, ce qui laisse paraître la face inférieure blanchâtre. Le lichen est d’une teinte gris bleuté lorsqu’il est humide, ou gris foncé à brun grisâtre lorsqu’il est sec. Les lichens sont des organismes exceptionnels. Contrairement à la plupart des êtres vivants, ils ne sont pas constitués d’un seul organisme, mais de deux organismes coexistant dans une relation symbiotique (qui profite aux deux). Les filaments d’un champignon composent la plus grande partie du lichen, mais les cellules d’une algue bleu-vert vivent parmi ces filaments.

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Répartition et population

L’érioderme boréal est une espèce rare à l’échelle mondiale. L’espèce a été observée au Canada Atlantique, en Suède et en Norvège, mais il semble qu’à l’heure actuelle on ne la trouve qu’au Canada. Il en existe deux populations distinctes : la population boréale, sur l’île de Terre-Neuve, et la population de l’Atlantique, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. La population boréale du lichen a été signalée dans 94 localités historiques ou encore existantes, dispersées dans les régions de l’Ouest et du Sud de l’île de Terre-Neuve. Le lichen est disparu d’une vingtaine de ces localités, ce qui a entraîné la perte d’environ 12 % des individus connus. Toutefois, des efforts accrus de recherche entre 1995 et 2000 ont permis de découvrir à Terre-Neuve de nombreuses stations nouvelles, et d’autres restent sûrement à découvrir. Il sera par conséquent difficile d’évaluer l’effectif total de la population tant qu’un relevé de tous les habitats ne sera pas terminé.

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Habitat

L’habitat typique de l’érioderme boréal est constitué de versants boisés orientés vers le nord, où un climat frais et humide prévaut la plus grande partie de l’année. Ces peuplements forestiers mûrs renferment en outre une grande variété d’espèces hydrophiles, telles les sphaignes et l’osmonde cannelle. Dans les forêts laissant bien pénétrer la lumière, l’érioderme boréal se trouve surtout sur les troncs des arbres, alors que dans les forêts denses il se rencontre principalement sur les branches.

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Biologie

L’érioderme boréal vit longtemps; les adultes qui se reproduisent ont environ 30 ans. La croissance d’un nouvel individu exige que des spores provenant d’un sujet mature entrent en contact avec une algue présente dans l’environnement. Cette algue se trouve dans les sacs aquifères d’une petite hépatique qui pousse généralement à la surface des mêmes arbres que le lichen, et on a même avancé que le jeune lichen ne peut se développer qu’à l’intérieur de cette hépatique. La présence obligatoire de l’algue rend le lichen particulièrement vulnérable aux pluies acides et à d’autres polluants. En effet, lorsque le lichen pousse sur l’écorce particulièrement acide d’une épinette, sa capacité de survie est davantage réduite par l’agression des polluants acides de l’air que s’il pousse sur l’écorce d’un sapin. Puisque l’érioderme boréal est sensible aux polluants atmosphériques, il pourrait constituer une bonne espèce indicatrice de la qualité de l’air. L’érioderme boréal a été surnommé le « panda » des lichens. L’intérêt international pour cette ancienne forme de vie a incité l’International Association for Lichenology à demander au gouvernement de Terre Neuve et Labrador de protéger ce lichen et son habitat.

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Menaces

L’exploitation forestière est sans doute la principale menace qui pèse sur l’érioderme boréal se trouvant sur l’île de Terre-Neuve. En effet, même si les arbres porteurs du lichen ne sont pas coupés, le fait que les arbres voisins le soient change le microhabitat, notamment le degré d’humidité, ce qui fait mourir le lichen. L’érioderme boréal est également menacé par la pollution de l’air (surtout les pluies acides), les pesticides et peut-être le changement climatique.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’érioderme boréal est inscrit comme espèce vulnérable en vertu de la Endangered Species Act de Terre-Neuve et Labrador.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Autre protection ou statut

L’érioderme boréal est inscrit comme espèce gravement menacée d’extinction (« critically endangered ») sur la Red List of Lichenized Fungi of the World (International Committee for the Conservation of Lichens, Salzbourg, Autriche, 1996).

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu’à présent Bien que l’on découvre de nouveaux individus d’érioderme boréal chaque année, la population continue de s’affaiblir. Des gastéropodes exotiques se nourrissent de l’érioderme boréal et pourraient représenter une nouvelle menace. L’exploitation forestière et la pollution atmosphérique continuent également de représenter une menace importante. Dix des douze emplacements connus de l’érioderme boréal sont protégés de l’exploitation forestière et du lotissement grâce à des accords d’intendance verbaux. Résumé des activités de recherche et de surveillance Les scientifiques ont mis au point un programme de modélisation du système d’information géographique sur l’habitat de l’érioderme boréal pour identifier les nouveaux sites potentiels. Environ 80 sites potentiels ont été inventoriés chaque année depuis 2004, avec à peu près quatre nouveaux enregistrements d’érioderme boréal chaque année. Les caractéristiques de l’habitat sont recueillies à chaque emplacement de l’érioderme boréal et utilisées pour raffiner le programme de modélisation de l’habitat. Chaque année depuis 2004, on mesure la croissance de tout individu d’érioderme boréal trouvé et on évalue sa santé. Résumé des activités de rétablissement On a mis au point un programme de rétablissement dont la période de consultation publique est terminée. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse tient des ateliers et des réunions pour élaborer des pratiques de gestion forestière favorables à l’érioderme boréal. Certaines des pratiques comprendront la mise en place de zones tampons les plus éloignées possible des routes et des pratiques sur le plan de l’exploitation forestière et du paysage pour aider à préserver l’espèce. Des conférences pédagogiques ont lieu pour informer les membres de l’industrie forestière, des industries à l’origine de la pollution ainsi que les naturalistes concernant l’érioderme boréal et les raisons du déclin de sa population. Lorsque des individus d’érioderme boréal sont trouvés à un nouvel emplacement, les propriétaires fonciers concernés sont contactés et on leur demande de protéger l’érioderme par le truchement d’accords d’intendance verbaux. Adresse électronique Conservation et rétablissement des espèces en péril de la Nouvelle-Écosse http://www.speciesatrisk.ca/municipalities/sar_borealfelt.htm [en anglais seulement]

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de l’erioderme boréal (Erioderma pedicellatum) au Canada (2015)

    L’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum) est un lichen foliacé de couleur verdâtre à l’état humide et gris à l’état sec. Le diamètre du thalle est d’environ 2 à 5 cm et atteint parfois 12 cm. Le dessus du thalle a un aspect feutré, le dessous est blanc, et les bords du thalle sont généralement enroulés vers le haut, ce qui donne l’impression d’une frange blanche. L’E. pedicellatum se distingue des deux autres espèces nord-américaines du genre Erioderma par le fait qu’il produit sur le dessus du thalle de petites apothécies brun rougeâtre, plutôt que des propagules végétatives. Le symbiote photosynthétique de ce lichen est une cyanobactérie. L’érioderme boréal sert d’« espèce parapluie » à toute une communauté d’espèces rares de lichens, de mousses et d’invertébrés vivant dans les forêts de sapin baumier de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, dans l’est du Canada.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Érioderme boréal, Population boréale (2015)

    L'espèce est largement répartie à Terre-Neuve et plusieurs menaces à sa survie ont été identifiées incluant la modification de l’habitat causée par les espèces envahissantes, les pluies acides et les phénomènes météorologiques extrêmes. Malgré des déclins dans certaines zones, de nouvelles populations continuent d’être découvertes. Il faudra davantage de recherche et de suivi pour comprendre les tendances démographiques, et l’espèce pourrait devenir menacée si les menaces ne sont pas mieux comprises et gérées.
  • Énoncés de réaction - Érioderme boréal (2004)

    Un énoncé de réaction est un document de communication qui identifie la façon dont le Ministre de l'environnement a l'intention de répondre à l'évaluation d'une espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce document est un point de départ au processus de listage et de rétablissement pour les espèces identifiées comme étant en péril, il fournit aussi des échéanciers dans la mesure du possible.

Plans d'actions

  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Terra Nova et les lieux historiques nationaux du Canada de l’Est de Terre Neuve (2017)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Terra-Nova et les lieux historiques nationaux du Canada de l’Est de Terre-Neuve s’applique aux terres et aux eaux situées dans les limites du parc national du Canada Terra-Nova (PNTN) et des lieux historiques nationaux du Canada situés dans l’Est de Terre-Neuve, notamment les lieux historiques nationaux du Canada de l’Établissement-Ryan, du Cottage-Hawthorne, de Castle Hill, de Signal Hill et du Phare-du-Cap-Spear. Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action établies par la Loi sur les espèces en péril (LEP, art. 47) en ce qui a trait aux espèces pour lesquelles il faut établir un plan d’action et qui sont observées régulièrement dans ce parc national et ces lieux historiques nationaux (LHN). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces préoccupantes du point de vue de la conservation qui sont régulièrement observées dans le PNTN et les LHN de la région.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de l’érioderme boréal (population boréale) (Erioderma pedicellatum) au Canada (2010)

    L'érioderme boréal (population boréale) a été désigné comme espèce préoccupante, en janvier 2005, en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). L'espèce a également été désignée comme vulnérable, en juillet 2002, en vertu de la Endangered Species Act de Terre Neuve et Labrador. Dans l'esprit de collaboration de l'Accord, le gouvernement de Terre Neuve et Labrador a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de gestion quinquennal (2006 2011) de l'érioderme boréal (Erioderma pedicellatum) à Terre Neuve et Labrador (Annexe 1) en vertu de l'article 69 de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada a inclus une addition au présent plan de gestion afin qu'il réponde aux exigences de la LEP.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluation faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (2004)

    Par le décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    L'annexe 1, la Liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP), est modifiée par décret du gouverneur en conseil, à la suite de la recommandation du ministre de l'Environnement, par l'ajout de 73 espèces. Ce décret est fondé sur des évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et suit les consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, les intervenants et le public, ainsi que l'analyse des coûts et des avantages pour les Canadiennes et les Canadiens.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2014-2015 (2015)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la présente année de déclaration (d’octobre 2014 à septembre 2015), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première, du 23 au 28 novembre 2014, et la deuxième, du 27 avril au 1er mai 2015. Pendant cette période, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 1 En voie de disparition : 21 Menacées : 11 Préoccupantes : 21 Données insuffisantes : 1 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 24 de ces espèces a confirmé la même situation de risque que l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : mars 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.