Profil d'espèce

Sclérophore givré Population de l'Atlantique

Nom scientifique : Sclerophora peronella
Autres noms/noms précédents : Sclérophore givré (Population de la Nouvelle-Écosse)
Taxonomie : Lichens
Distribution : Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2014
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Sclérophore givré

Description

Le sclérophore givré est un minuscule lichen appartenant à un groupe de champignons lichénisés caractérisés par leurs petites apothécies surélevées, ces réceptacles abritant les organes reproducteurs, qui rappellent une barbe de quelques jours. On reconnaît aussi le sclérophore givré à la couleur pâle et rosâtre de ses apothécies, qui sont portées ou bout de fines structures mesurant de 0,5 à 0,8 mm de hauteur. Ce lichen se caractérise aussi par ses minuscules organes reproducteurs, les spores, lisses et sphériques. Son thalle, ou la partie principale du lichen ressemblant à une feuille, est enfoui dans le substrat, où le champignon est associé à une algue verte. Cette espèce arboricole, qui se développe exclusivement sur les arbres, se rencontre sur l'écorce et le bois de vieux arbres.

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Répartition et population

Le sclérophore givré est un lichen considéré comme très rare dans toute son aire de répartition mondiale connue, ce qui comprend l’Europe (Écosse, Allemagne, Moravie, Danemark, Suède, Finlande, Norvège, France, Autriche, Italie et Estonie), le Caucase russe, les États-Unis (ouest de l'Oregon) et le Canada (Colombie-Britannique et Nouvelle-Écosse). Au Canada, ce lichen n'a été récolté que dans une localité de Colombie-Britannique, en 1991, et dans deux localités de Nouvelle-Écosse, en 1998. En Colombie-Britannique, l’espèce a été signalée à l’extrémité sud du lac Kitsumkalum. En Nouvelle-Écosse, le lichen a été observé sur l’île du Cap-Breton, dans deux forêts du comté d'Inverness. Les trois sites canadiens connus où le sclérophore givré a été observé occupent probablement une superficie totale de moins de un mètre carré. Malgré des recherches répétées, l'espèce a été trouvée une seule fois dans chaque site, et on estime que chaque spécimen provenait d'un seul thalle continu portant plusieurs apothécies. Il est donc impossible de déterminer si ces populations sont en croissance, stables ou en déclin. Toutefois, les deux populations en Nouvelle-Écosse semblent saines.

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Habitat

Le sclérophore givré pousse sur de vieux feuillus, généralement sur le bois exposé de troncs vivants et plus rarement sur l'écorce, dans des milieux humides et plutôt ombragés. Ce lichen arboricole est souvent associé à des forêts anciennes en région côtière, mais on le trouve également dans des forêts dégagées, des éclaircies et en bordure de vieilles forêts de feuillus. Au Canada, le seul spécimen de Colombie-Britannique a été récolté sur l'écorce, à la base d'un grand peuplier baumier de l'Ouest, dans une forêt de peupliers donnant beaucoup d'ombre. Les deux spécimens de Nouvelle-Écosse ont été récoltés sur le bois exposé d'un érable rouge vivant, dans des peuplements anciens de forêts de feuillus. Ce lichen est probablement confiné aux régions maritimes du Canada, en raison de la sensibilité au gel de l’algue dont il est en partie constitué.

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Biologie

Poussant exclusivement sur le bois et l'écorce d'arbres âgés, le sclérophore givré semble privilégier les forêts à humidité stable et à faibles fluctuations de température. Les thalles du sclérophore givré sont enfouis dans le substrat. Malgré leur petite taille, les thalles observés au Canada semblaient en bonne santé, et leurs apothécies renfermaient des spores mûres. Les spores sont disséminées par le vent, par la pluie et, dans une moindre mesure, par certains invertébrés. Pour que la formation du lichen ait lieu, les spores du champignon doivent atterrir et germer à proximité d'une algue verte compatible et sur un substrat convenable. Comme tous les lichens, le sclérophore givré est un organisme végétal composé d’un champignon et d’une algue qui vivent en association symbiotique. Ce type d’association, mutuellement bénéfique, est indispensable à la survie des deux symbiotes. On dispose de peu d’information sur la biologie de cette espèce. On sait toutefois que, contrairement à d’autres types de lichens, le sclérophore givré ne peut se propager à l’aide de petits organes contenant à la fois l’algue et le champignon. S’il le pouvait, ces organes, ou propagules, n'auraient qu'à atterrir à un endroit convenable pour propager l'espèce, les deux symbiotes étant déjà réunis. L'absence de telles propagules constitue donc un obstacle additionnel pour la survie de l'espèce. Enfin, comme tous les lichens, le sclérophore givré est très sensible à la pollution atmosphérique.

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Menaces

Les forêts anciennes situées en région côtière que privilégie le sclérophore givré sont malheureusement en déclin partout au Canada et dans la plupart des régions du monde. La destruction de l'habitat par l'exploitation de ces forêts constitue le principal facteur menaçant ce lichen. Par exemple, dans la région forestière acadienne, où pousse l'espèce en Nouvelle-Écosse, il reste peu de peuplements intacts. La pollution atmosphérique constitue toujours une menace pour ce lichen dans la plupart des régions où il se trouve. Les polluants menacent autant les lichens arboricoles que les arbres qui les abritent.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Nouvelle-Écosse, l’espèce est protégée par la Wilderness Areas Act, qui encadre la récolte de spécimens et la destruction d'habitats dans les aires de nature sauvage établies sur des terres domaniales.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sclérophore givré (Sclerophora peronella) au Canada (2005)

    Le sclérophore givré (Sclerophora peronella) appartient à un groupe de champignons lichénisés généralement réunis sous le terme « lichens calicioïdes ». Leurs petites apothécies pédicellées rappellent une barbe de quelques jours. L'espèce se rencontre sur l'écorce et le bois de vieux arbres. On la reconnaît à la couleur pâle de ses apothécies, qui sont portées par des pédicelles de 0,5 à 0,8 mm au-dessus du substrat. La partie principale du lichen (le thalle) est enfouie dans le substrat.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Sclérophore givré (2005)

    Sclérophore givré (population de la Nouvelle-Écosse) Espèce désignée « préoccupante » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation. ________________________________________________________________ Sclérophore givré (population de la Colombie-Britannique) Espèce étudiée en mai 2005 et classée dans la catégorie « données insuffisantes ». Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.
  • Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur le sclérophore givré (Sclerophora peronella) au Canada (2015)

    Population de l’Atlantique- Ce minuscule lichen calicioïde est rare dans la majeure partie de son aire de répartition mondiale; au Canada, treize occurrences sont présentes en Nouvelle-Écosse. Ce lichen n’est observé que sur le bois parfait exposé de vieux érables rouges dans des milieux humides ou dans des milieux secs. La principale menace est la perte d’habitat et l’enlèvement des arbres liés à la récolte accrue de bois franc de milieux secs et de bois franc de qualité inférieure de milieux humides pour la production d’énergie utilisant la biomasse, le bois de chauffage et d’autres produits. Une seconde menace est le renversement par le vent de vieux érables causé par le nombre croissant de phénomènes météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques. Population du Pacifique - Ce minuscule lichen calicioïde n’a été observé qu’à deux sites en Colombie-Britannique. L’occurrence dans le bassin de la rivière Skeena n’a pas été retrouvée lorsque le site a été revisité. Une autre occurrence a été signalée par la suite près de la rivière Albert, en Colombie-Britannique, tout juste au sud du parc national Kootenay. Depuis, d’importantes activités de recherche n’ont pas relevé d’autres sites pour ce lichen en Colombie-Britannique. La niche écologique précise occupée par la population du Pacifique de ce lichen n’est pas comprise.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Sclérophore givré, Population de l'Atlantique (2015)

    Ce minuscule lichen calicioïde est rare dans la majeure partie de son aire de répartition mondiale; au Canada, treize occurrences sont présentes en Nouvelle-Écosse. Ce lichen n’est observé que sur le bois parfait exposé de vieux érables rouges dans des milieux humides ou dans des milieux secs. La principale menace est la perte d’habitat et l’enlèvement des arbres liés à la récolte accrue de bois franc de milieux secs et de bois franc de qualité inférieure de milieux humides pour la production d’énergie utilisant la biomasse, le bois de chauffage et d’autres produits. Une seconde menace est le renversement par le vent de vieux érables causé par le nombre croissant de phénomènes météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques.
  • Énoncés de réaction - Sclérophore givré (2005)

    Ce minuscule lichen cryptique est très rare ou menacé dans la majeure partie de son aire de répartition mondiale. Deux des trois emplacements connus de cette espèce au Canada se trouvent en Nouvelle-Écosse. Malgré des efforts considérables pour localiser cette espèce et d’autres rares lichens calicioides dans la province, ce lichen n’est observé que sur le bois parfait des érables rouges dans la forêt de feuillus mature et ancienne. Les menaces comprennent la perte et la dégradation potentielles de l’habitat associées au déclin des écosystèmes de forêts anciennes. Toutefois, les deux populations en Nouvelle-Écosse semblent saines et se trouvent dans d’importantes aires protégées sur l’île du Cap-Breton.       

Plans de gestion

  • Plan de gestion du sclérophore givré (Sclerophora peronella), population de la Nouvelle-Écosse, au Canada (2011)

    Le sclérophore givré a été inscrit comme espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en août 2006. Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement de cette espèce et a élaboré ce plan de gestion, conformément à l’article 65 de la LEP. Ce plan a été préparé en collaboration avec les compétences provinciales responsables du sclérophore givré et de son habitat (ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse) et avec le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse, l’institut de recherche Mersey Tobeatic et l’Équipe de rétablissement de l’érioderme boréal (population de l’Atlantique).

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2014-2015 (2015)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la présente année de déclaration (d’octobre 2014 à septembre 2015), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première, du 23 au 28 novembre 2014, et la deuxième, du 27 avril au 1er mai 2015. Pendant cette période, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 1 En voie de disparition : 21 Menacées : 11 Préoccupantes : 21 Données insuffisantes : 1 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 24 de ces espèces a confirmé la même situation de risque que l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.