Profil d'espèce

Caribou de Dolphin-et-Union

Nom scientifique : Rangifer tarandus groenlandicus
Autres noms/noms précédents : Caribou de la toundra (Population Dolphin-et-Union)
Taxonomie : Mammifères
Distribution : Territoires-du-Nord-Ouest, Nunavut
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2004
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Espèce Statut
COSEPAC
Statut
sous la
LEP
Caribou de Peary ( Population du Bas-Arctique ) Non active Menacée

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Image de Caribou de Dolphin-et-Union

Caribou de Dolphin-et-Union Photo 1

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Taxinomie

Anciennement considérée comme appartenant à la sous-espèce peary, la population de Dolphin-et-Union, est actuellement considérée comme une population distincte de la sous-espèce du caribou de la toundra, Rangifer tarandus groenlandicus. Même si son pelage et la couleur du velours de ses bois le font ressembler davantage au caribou de Peary, le caribou de Dolphin-et-Union se distingue physiquement tant du caribou de la toundra que du caribou de Peary.

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Description

Le caribou se distingue des autres membres de la famille des cervidés (orignal, cerf de Virginie) par le fait que les deux sexes portent des bois. Le velours de la ramure des individus de la population de Dolphin-et-Union est gris, et les bois en forme de doigts sont de couleur ivoire. Après l’accouplement, tous les caribous perdent leurs bois, sauf les femelles qui les conservent parfois durant tout l’hiver. Le caribou de Dolphin-et-Union est plus petit que les autres caribous de la toundra. Son pelage est d'un brun riche ou est gris et blanc, et les longs poils de son fanon, qui pendent de la gorge à la poitrine, sont blancs. Comme tous les caribous, celui-ci est très bien adapté à l’hiver arctique. Il possède, entre autres, un corps court et trapu, de petites oreilles, une queue courte et un museau très poilus qui conservent la chaleur. Son pelage d’hiver long et épais constitue un isolant efficace. Au printemps, le pelage prend un aspect mité et une teinte brune sur le dos. La fourrure d'été est de couleur ardoise sur le dessus, ne présentant pas toujours de raie prononcée sur les flancs, et blanche sur le dessous. Les pattes sont blanches à l'exception d'une étroite bande sur le devant. Les sabots sont très courts et larges. Outre deux petits doigts, appelés ergots, chaque sabot est pourvu de deux doigts larges en forme de croissant qui supportent la plus grande partie de son poids et lui servent de pelle lorsqu’il creuse la neige pour trouver de la nourriture. D’ailleurs, le nom de caribou est probablement une déformation de « xalibu », le nom Mi’kmaq de l’espèce, qui signifie « celui qui donne des coups de patte ».

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Répartition et population

Le caribou de la toundra se rencontre dans la toundra de l’Alaska jusqu'à celle de l’île de Baffin au Nunavut. La plupart de ces caribous se regroupent dans huit grandes hardes qui migrent de façon saisonnière de la toundra à la taïga, des forêts de conifères peu fournies au sud de la toundra. D’autres forment des hardes plus petites qui passent l’année dans la toundra, la moitié d’entre elles étant confinées à l’île de Baffin. Le troupeau de Dolphin-et-Union passe l’été dans l’île Victoria et franchit le détroit de Dolphin-et-Union pour hiverner sur le continent, dans les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Il est difficile de suivre les fluctuations de cette population de caribous parce que les recensements qui permettent d'estimer sa taille ont été effectués à intervalles irréguliers. La population Dolphin-et-Union, autrefois estimée à quelque 100 000 têtes, se réduisait à une poignée d'individus dans les années 1920. Elle a été estimée en 1996 à environ 28 000 animaux, ce qui représente le quart de son abondance passée.

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Habitat

Les caribous de la population Dolphin-et-Union fréquentent uniquement la toundra arctique, dans des environnements qui vont des étendues relativement plates et unies du sud et de l’ouest, aux montagnes du nord et de l’est. En cas de conditions d’enneigement extrêmes, la survie dépend de l’accès à des crêtes ou autres reliefs exposés présentant peu ou pas de neige ou de glace, où les animaux se nourrissent de divers arbustes, graminées et herbacées dans des sites plus ou moins humides. Les caribous effectuent des migrations saisonnières entre le continent et les îles arctiques. Les caribous de la population Dolphin-et-Union migrent sur la glace de mer, franchissant le détroit de Dolphin-et-Union pour hiverner sur le continent. Ils reviennent sur l’île Victoria pour la mise bas. Ils y passeront l’été et s’y reproduiront l’automne venu.

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Biologie

La plupart des caribous s’accouplent chaque année à l’automne, et donnent en général naissance à un seul petit le printemps suivant. Les caribous mâles atteignent l'âge de la reproduction à 4 ans et les femelles à 2 ans en moyenne. Pendant la saison des amours, les mâles se livrent avec leurs bois à des combats fréquents et acharnés. Chaque année, les femelles se rendent fidèlement aux mêmes sites pour mettre bas dans des endroits isolés, à l’abri des prédateurs. L’être humain est le principal prédateur du caribou. Les loups, les ours, les coyotes, les couguars et les lynx s’en nourrissent aussi. Les individus de cette espèce peuvent vivre jusqu’à 15 ans En hiver, lorsque la neige et la couche de glace l'empêchent de creuser pour trouver sa nourriture, principalement du lichen, le caribou de Dolphin-et-Union se nourrit sur les crêtes et pentes balayées par le vent, et dans les champs de rochers, où la neige n’est pas recouverte d’une croûte. Dans l’Arctique canadien, les caribous bénéficient d'une courte période où la nourriture est de grande qualité, pendant la saison de croissance des végétaux qui ne dure que deux mois. Au printemps, ils se nourrissent principalement de carex et des nouvelles feuilles des saules et d’autres arbustes. Ils consomment également des fleurs, que l’on trouve en abondance dans la toundra. À mesure que l’été avance et que la qualité de la verdure décline, les caribous consomment de nouveau des lichens pour se faire des réserves en vue de la saison de la reproduction. Les champignons aussi sont alors très recherchés. Les caribous du troupeau de Dolphin-et-Union effectuent des migrations saisonnières de l’ordre de 300 à 500 km. Depuis le milieu des années 1980, ces caribous migrent sur la côte sud de l’île Victoria à l’époque de l’accouplement, puis franchissent la glace nouvellement formée pour gagner l’aire d’hivernage sur le continent. Ces dernières années, cependant, l’englacement survient plus tard, et les caribous arrivés sur la côte endommagent visiblement une partie de la végétation pendant qu’ils attendent que la glace se forme.

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Menaces

Les caribous de Dolphin-et-Union, bien que relativement nombreux, sont gravement menacés par les changements climatiques. Chaque année, ces caribous font l'aller-retour entre le continent et l'île Victoria sur la glace de mer, et un réchauffement du climat pourrait rendre plus dangereuses ces traversées en raccourcissant les périodes où l’englacement le permet. Parmi les autres facteurs importants qui pourraient menacer ces caribous figure la baisse de disponibilité de la nourriture en hiver. La neige profonde, la glace au sol et la neige croûtée peuvent causer des famines massives en emprisonnant la nourriture. Les activités industrielles, dont la navigation maritime et les brise-glace, pourraient aussi menacer les caribous en empêchant les migrations ou en causant des perturbations excessives à des périodes critiques comme la mise bas, l’accouplement ou l'alimentation. Enfin, la chasse exercée par les Inuits pourrait aussi exercer une certaine pression sur les caribous de Dolphin-et-Union, le troupeau faisant l'objet d'une récolte relativement élevée par rapport à sa taille. Dans l'Arctique, les facteurs limitants s'additionnent les uns aux autres. Par exemple, une intensification de la chasse suivant un hiver rigoureux pourrait avoir des effets désastreux sur les caribous.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Caribou de Peary (Rangifer tarandus pearyi) au Canada (2016)

    Le caribou de Peary est le plus petit caribou d'Amérique du Nord. Il est principalement blanc, mais son dos est gris foncé et le devant de ses pattes arbore une bande grise. En hiver, le gris foncé de son dos peut tourner au brun foncé, et certains individus semblent être presque entièrement blancs. Le velours de ses bois est de couleur grise plutôt que brune comme celui du chevreuil et des autres caribous. Comparativement aux bois des autres caribous, ceux du caribou de Peary sont de moindre envergure, mais, autrement, ils sont semblables. Son crâne présente un rostre court et une calotte crânienne développée. Ses sabots sont courts et larges. Le caribou de Peary se distingue des autres caribous du Canada sur le plan génétique.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Caribou de la toundra (population de Dolphin-et-Union) (2004)

    La désignation initiale considérée comme une seule unité comprenait le caribou de Peary, Rangifer tarandus pearyi, et le caribou de la toundra (population Dolphin-et-Union), Rangifer tarandus groenlandicus. Cette unité a été désignée « menacée » en avril 1979. Division en 1991 pour permettre la désignation de trois populations distinctes : population de l’île Banks (en voie de disparition), population du Haut-Arctique (en voie de disparition) et population du Bas-Arctique (menacée). En mai 2004, les trois désignations de population ont été désactivées, et le caribou de Peary a été évalué séparément du caribou de la toundra (population Dolphin-et-Union), Rangifer tarandus groenlandicus. La population Dolphin-et-Union est composée d’une partie de l’ancienne « population du Bas- Arctique » et elle a été désignée « préoccupante » en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Caribou de la toundra (groenlandicus), Population Dolphin et Union (2004)

    Cette population de caribou est endémique au Canada. Le nombre d'individus de l'espèce, auparavant considérée comme disparue, s'est rétabli à environ le quart de la population historique. Cette population n'a pas été recensée depuis 1997, elle fait l'objet d'un taux élevé de prises dont la durabilité est remise en question par certains. L'espèce migre entre le continent et l'île Victoria, et le réchauffement climatique ou le trafic maritime accru peut rendre la traversée sur les glaces plus dangereuse. Cependant, cette population a considérablement augmenté au cours des trois dernières générations et, en 1997, elle a été estimée à environ 28 000 individus.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017