Profil d'espèce

Isoète prototype

Nom scientifique : Isoetes prototypus
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2005
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Isoète prototype

Description

L'isoète prototype est une plante aquatique vivace, apparentée aux fougères. Il s’agit d’une espèce très primitive d'origine ancienne, considérée par certains chercheurs comme « fossile vivant ». La plante se compose d'une touffe de feuilles en forme de tubes, rigides et très fragiles, qui naissent d’une tige souterraine généralement fixée au fond d’un lac. Les individus sont entièrement submergés et, vus du dessus, les plus grands forment un ovale de 8,5 par 20 cm. Les feuilles, longues et effilées, sont principalement vert foncé, sauf à la base, où elles sont plutôt teintées de brun rougeâtre ou marron. C’est dans leur base en cuillère que se forment les spores, ces petites cellules reproductrices dont la germination produit des nouveaux individus. Les spores arrivent à maturité en été. Il arrive souvent que des plantes se détachent du fond du lac où elles sont enracinées; elles remontent alors à la surface et finissent souvent par former des amas sur les berges.

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Répartition et population

L’espèce ne se retrouve que dans treize lacs du nord-est de l’Amérique du Nord : douze au Canada, dont neuf en Nouvelle-Écosse et trois au Nouveau-Brunswick, et un au Maine, aux États-Unis. Il s’agit de l’espèce d’isoète la plus rare en Amérique du Nord. L'isoète prototype n'a été reconnu comme nouvelle espèce qu'en 1988, à la suite de sa découverte dans un seul lac du Nouveau-Brunswick. De 1988 à 1993, en examinant des spécimens d'herbier, on a pu ajouter à la répartition connue de l'espèce trois sites en Nouvelle-Écosse. De 1989 à 1998, des travaux de terrain ont permis de découvrir deux autres sites en Nouvelle-Écosse. Quatre sites additionnels ont été découverts en Nouvelle-Écosse en 2003, et deux autres sites ont été découverts au Nouveau-Brunswick en 2004. En 2003 et 2004, l’espèce a été observée à l'état enraciné dans tous les sites déjà répertoriés et les populations semblaient abondantes dans la moitié d'entre eux. D’après ces données les plus récentes, environ 250 000 individus seraient présents au Canada, mais il s'agit d'une estimation très prudente, car l’espèce peut former des tapis très denses comptant jusqu'à 392 individus par mètre carré. Il n'en demeure pas moins que la superficie totale des lacs accueillant l’espèce est assez faible. Aucun des sites connus de l’espèce n'ayant fait l'objet d'un suivi visant à connaître la taille des populations, il est impossible d’évaluer leur tendance à long terme.

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Habitat

L'isoète prototype forme souvent des tapis denses au fond de lacs pauvres en éléments nutritifs, généralement froids et alimentés par des sources. L'eau de ces lacs est généralement claire, mais il arrive que des tannins, des substances provenant de l’écorce de certains arbres en décomposition, lui confèrent une coloration de thé. L’espèce se trouve généralement à une profondeur de 1,5 à 2,5 m, enracinée dans des sédiments mous et vaseux où le pied d'un nageur peut facilement s'enfoncer de 5 à 30 cm. Les sédiments recouvrent généralement un fond de sable, de gravier ou de roche. L'espèce pousse généralement avec d'autres plantes aquatiques, en particulier l'ériocaulon aquatique et l'isoète des lacs. La difficulté que présente sa détection est en partie liée à sa préférence pour les eaux profondes. Dans de nombreux lacs, la visibilité à partir de la surface dépasse rarement 2 m.

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Biologie

On dispose de peu d’information sur la biologie de cette espèce. On présume toutefois que son cycle de vie est similaire à celui des autres isoètes. La plante communément appelée « isoète » est en fait le sporophyte, l’individu qui produit des spores. Les isoètes produisent deux types de spores : de grandes spores femelles, les mégaspores, et de petites spores mâles, les microspores. En germant, ces cellules reproductrices donnent naissance à des plantes minuscules appelées « gamétophytes ». Les mégaspores donnent naissance à des gamétophytes femelles et les microspores à des gamétophytes mâles. Ces individus mâles et femelles produiront, respectivement, des spermatozoïdes et des oosphères. Une fois fécondée par un spermatozoïde, l’oosphère donne naissance à un jeune sporophyte qui produira des spores à son tour. Chez l’isoète prototype, les spores arrivent à maturité vers la fin de l’été.

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Menaces

Bien qu'aucune menace particulière n'ait été notée dans les lacs où l'isoète prototype est présent, l’espèce pourrait être menacée par la détérioration de son habitat ou par la perturbation directe de ses populations. Les plantes pourraient être endommagées ou déracinées par les baigneurs, les bateaux, la pêche, l'utilisation d'ancres, le raclage des aires de natation, l'installation de tuyaux de prise d'eau ou les activités des espèces sauvages. On a observé que des plantes avaient été déracinées à proximité de sentiers d'orignaux au fond de l'eau; un tel déracinement a aussi été causé par l'utilisation de palmes de natation. Les transformations de l'habitat qui menacent l’espèce comprennent la construction de chalets et l'aménagement des berges. Des routes et/ou des ponts-jetées longent la rive de trois des lacs ou empiètent sur celle-ci, et la construction de chalets, accompagnée du déboisement des berges, est intensive par endroits dans quatre des lacs. Les impacts de ces aménagements sont inconnus, mais de telles transformations de l'habitat pourraient nuire à l'espèce. On peut également présumer que des altérations de l'habitat dues à la modification du niveau des eaux par les barrages ou le drainage ou à la compétition exercée par des plantes envahissantes pourraient nuire à cette plante. Étant une espèce qui préfère les lacs frais, pauvres en éléments nutritifs et alimentés par des sources, l’isoète aquatique est particulièrement sensible à la pollution de l'eau, à la modification du degré d’acidité de l’eau et à l’eutrophisation, ou enrichissement d’une eau en sels minéraux entraînant des déséquilibres écologiques, tels que la prolifération des plantes aquatiques et l’appauvrissement du milieu en oxygène.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Nouveau-Brunswick, l’espèce et son habitat sont protégés par la Loi sur les espèces menacées d'extinction de la province. En Nouvelle-Écosse, l’isoète prototype n’est protégé par aucune loi provinciale. Toutefois, tous les sites connus de l’espèce se trouvent sur des terres domaniales et sont ainsi protégés en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). De plus, un des lacs où se trouve l’espèce étant une source publique d'eau potable, il est ainsi protégé par des restrictions visant à préserver la qualité de l'eau.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isoète prototype (Isoetes prototypus) au Canada (2005)

    L'isoète prototype (Isoetes prototypus) est une plante aquatique vivace apparentée aux fougères. La plante se compose d'une touffe de feuilles tubuleuses droites et fragiles naissant d'un corme bilobé ou rarement trilobé. Les spores reproductrices (mégaspores et microspores) se forment dans la base renflée des feuilles. Il arrive souvent que des plantes se détachent du substrat où elles sont enracinées; ces plantes remontent à la surface et finissent souvent par former des amas sur les berges du lac. On identifie généralement l'espèce par la taille et l'ornementation de ses spores et par le nombre de ses chromosomes.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Isoète prototype (2005)

    Il s’agit d’une espèce endémique régionale dont la quasi-totalité de la population mondiale se trouve au Canada. Cette plante vivace aquatique a des exigences très particulières en matière d’habitat, ce qui limite son occurrence au Canada à quelque douze petits lacs non connectés en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. On trouve cette espèce dans des lacs froids pauvres en nutriments alimentés par des sources. On a montré que plusieurs lieux contenaient un grand nombre de plants, mais la moitié des endroits confirmés comptent des petites populations. Une vaste gamme de facteurs limitatifs possibles risquent de nuire à l’espèce, notamment les changements relatifs à la qualité de l’eau, la navigation de plaisance et l’aménagement du littoral.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de l'isoète prototype (Isoetes prototypus) au Canada (2012)

    L’article 65 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) stipule que le ministre compétent est tenu d’élaborer un plan de gestion pour toutes les espèces inscrites comme espèces préoccupantes. L’isoète prototype a été désigné comme espèce préoccupante aux termes de la LEP en août 2006. Environnement Canada a dirigé l’élaboration du plan de gestion. Ce plan de gestion a été préparé en collaboration avec les provinces de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, conformément au paragraphe 66(1) de la LEP.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.