Profil d'espèce

Limace-prophyse bleu-gris

Nom scientifique : Prophysaon coeruleum
Taxonomie : Mollusques
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2016
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Limace-prophyse bleu-gris

Description

La limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum est une limace gélatineuse de petite taille (Arionidés : Anadeninés) dont les adultes mesurent de 20 à 40 mm de longueur. Les caractères morphologiques permettant de la reconnaître sont sa coloration bleu-gris unie, sans stries, et les sillons et les crêtes parallèles et distinctes qui ornent le dessus et les côtés de la queue. Comme chez les autres espèces du genre Prophysaon, on peut généralement distinguer une légère constriction ou dépression oblique à l’endroit où la queue se détache (autonomie) lorsque la limace est attaquée par un prédateur. La limace-prophyse bleu-gris joue peut-être un rôle dans la dispersion des spores de champignons formant des associations avec les racines d’arbres, remplissant ainsi un rôle écologique essentiel. (Mise à jour 2016/12/15)

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Répartition et population

La limace-prophyse bleu-gris est endémique à la partie occidentale de l’Amérique du Nord. Elle est présente depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusque dans l’Oregon et le nord de la Californie, en passant par les basses terres du Puget Sound et la chaîne des Cascades de l’État de Washington; on trouve également une population disjointe dans le nord de l’Idaho. Au Canada, sa présence a été documentée uniquement dans le sud de l’île de Vancouver, où 15 sous-populations sont connues. Toutes les mentions de l’espèce, sauf deux, proviennent du district régional de la capitale. En 2013, l’espèce a été trouvée dans le district de North Cowichan, à environ 28 km au nord de la mention la plus proche, puis elle a de nouveau été observée dans le même secteur en 2015. Au Canada, l’aire de répartition (zone d’occurrence) présumée de la limace prophyse bleu-gris est passée de 150 à 658 km2 depuis le rapport de situation précédent, sous l’effet de l’intensification des activités de recherche au cours de la dernière décennie. Il existe probablement d’autres sites, mais il est hautement improbable que l’aire de répartition de la limace-prophyse bleu gris augmente de façon marquée, compte tenu des activités de recherche intensives menées dans le sud de l’île de Vancouver; des centaines de sites de l’île de Vancouver et de la côte adjacente de la Colombie-Britannique continentale ont été explorées à la recherche de gastéropodes terrestres. (Mise à jour 2016/12/15)

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Habitat

La limace-prophyse bleu-gris se rencontre dans les forêts mixtes de seconde venue matures ou en cours de maturation (60 ans) à basse altitude (250 m au-dessus du niveau de la mer) de la zone biogéoclimatique côtière à douglas, qui couvre l’extrémité sud-est plus sèche de l’île de Vancouver et où il existe une transition vers la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest. L’étendue de ces zones se contracte rapidement et celles-ci deviennent gravement fragmentées à cause du développement urbain et rural. La zone biogéoclimatique côtière à douglas est l’un des écosystèmes les plus perturbés de la Colombie-Britannique. Cette zone renferme plusieurs écosystèmes de douglas, de chêne de Garry et d’arbousier rares et inscrits à une liste provinciale dans lesquels la limace-prophyse bleu-gris a été trouvée, même si elle n’est pas restreinte à ces habitats. La répartition des limaces dans le paysage est irrégulière. À la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, la limace-prophyse bleu-gris pourrait favoriser les petites clairières et les terrains boisés au détriment des forêts plus profondes, étant donné que ces habitats captent l’énergie thermique du soleil et offre un tapis forestier relativement chaud. On estime que la disponibilité de refuges humides convenables, comme ceux qui sont offerts par l’abondance de gros débris ligneux et/ou les tapis de mousse épais, est importante. (Mise à jour 2016/12/15)

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Biologie

Il semble que la limace-prophyse bleu-gris ait un cycle vital annuel, accomplissant sa croissance jusqu’à la maturité et se reproduisant en une seule année; l’espèce hiverne à l’état d’œuf. En Colombie-Britannique, des juvéniles ont été observés d’avril à juin, tandis que la majorité des adultes ont été observés de septembre à décembre; un adulte a été trouvé en mars, ce qui indique qu’au moins certains adultes réussissent leur hivernage. L’espèce se nourrit en grande partie de champignons. Divers prédateurs vertébrés et invertébrés, indigènes et introduits, se nourrissent de limaces, et la limace-prophyse bleu-gris compte probablement parmi leurs proies. La limace-prophyse bleu-gris possède la faculté de s’amputer de sa queue, adaptation efficace pour échapper à certains prédateurs. On pense que l’espèce a une capacité de dispersion très limitée, de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mètres par génération. (Mise à jour 2016/12/15)

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Menaces

Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, la limace-prophyse bleu-gris se trouve à la limite nord de son aire de répartition. La faible capacité de dispersion des limaces et le fait qu’elles aient besoin de vivre dans un milieu humide limitent la vitesse à laquelle elles peuvent coloniser de nouveaux milieux ou des parcelles d’habitat d’où elles ont disparu. Les principales menaces à la survie de la limace-prophyse bleu-gris sont les modifications des écosystèmes naturels par des plantes exotiques envahissantes, la compétition et la prédation par des espèces d’invertébrés introduites, les périodes de sécheresse dues aux changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents. Les plantes envahissantes introduites sont répandues dans de nombreux sites de l’île de Vancouver abritant l’espèce et détériorent la qualité de l’habitat en évinçant les plantes indigènes et en modifiant le microclimat et possiblement la disponibilité de nourriture pour les limaces. Les gastéropodes et d’autres invertébrés non indigènes, comme les carabes (coléoptères de la famille des Carabidés), présentent des menaces du fait qu’ils utilisent la limace-prophyse bleu-gris comme proie et qu’ils lui livrent concurrence pour la nourriture et les abris. On s’attend à ce que des périodes de sécheresse plus longues et plus fréquentes réduisent le taux de survie de l’espèce de même que le temps dont elle dispose pour chercher de la nourriture et croître. Ces effets se feraient probablement sentir de façon plus aiguë dans les parcelles d’habitat dégradé dépourvues de microhabitats où l’espèce pourrait se réfugier. Les activités récréatives, la construction domiciliaire et l’urbanisation sont d’autres menaces généralisées qui contribuent à la perte et à la détérioration de l’habitat. (Mise à jour 2016/12/15)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Limace-prophyse bleu-gris est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada [Proposition]
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

12 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada (2016)

    La limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) est l’une des neuf espèces décrites du genre Prophysaon, endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord. Il s’agit d’une limace de taille petite à moyenne (pouvant atteindre 45 mm de longueur en extension), à corps mince. Les caractères morphologiques externes permettant de la reconnaître sont sa coloration bleu-gris et les sillons et les crêtes parallèles qui ornent le dessus et les côtés de la queue. La limace-prophyse bleu-gris se distingue des espèces de limaces parentes par l’anatomie de son appareil de reproduction.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Limace-prophyse bleu-gris (2017)

    Cette petite limace de couleur bleue au corps effilé ne se trouve que dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où elle vit dans la couche humide de litière de feuilles mortes et de mousses dans des forêts mixtes. Au Canada, elle est confinée à l’extrême sud-est de l’île de Vancouver dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas et là où il y a transition entre cette zone et la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest. L’étendue de ces habitats subit un déclin et ce qui reste est de plus en plus fragmenté. Quinze sous-populations sont actuellement connues, une augmentation qui a mené à un changement de statut. Un déclin continu de la qualité de l’habitat est attendu en raison de la modification de l’écosystème naturel et de la compétition avec les espèces envahissantes, ainsi que des sécheresses et des phénomènes météorologiques violents associés aux changements climatiques.
  • Énoncés de réaction - Limace-prophyse bleu-gris (2006)

    La zone d’occurrence (~ 150 km2) et la zone d’occupation (< 5 km2) de cette espèce sont très petites, et un déclin continu est anticipé quant à la qualité de l’habitat. L’espèce se trouve dans des parcelles reliques de forêts plus vieilles comportant un élément caducifolié. Elle est actuellement connue dans seulement 5 emplacements dans le sud de l’île de Vancouver. Les menaces présentes dans ces emplacements comprennent une grande utilisation récréative et les impacts de plantes et animaux introduits, incluant l’introduction de limaces et d’escargots envahissants.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada [Proposition] (2016)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP pour le rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Ce programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique. L’article 44 de la LEP autorise la ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a mené l’élaboration du plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris ci-joint (partie 2 du présent document) en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2015-2016 (2016)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a réexaminé la situation de 25 espèces sauvages; de ce nombre, la majorité (68 %) a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. Sur un total de 45 espèces évaluées, on a attribué le statut d’espèce non en péril à sept d’entre elles (deux réévaluations et cinq nouvelles évaluations). À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 724 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, ce qui comprend 320 espèces en voie de disparition, 172 espèces menacées, 209 espèces préoccupantes et 23 espèces disparues (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, on a jugé disparues 15 espèces sauvages, les données de 54 espèces sauvages ont été jugées insuffisantes et on a évalué que 177 espèces ne sont pas à risque.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2017 (2017)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et maintenant, 521 espèces forment la liste. En 2016, sur recommandation du ministre de l'Environnement, le gouverneur en conseil a approuvé des propositions d'inscription pour 44 espèces sauvages. Il est proposé que 23 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, 18 soient reclassifiées ou aient leur définition modifiée (deux espèces fauniques sont divisées en quatre), qu'une espèce soit retirée de l'annexe 1 et deux autres espèces ajoutées. Les propositions d'inscription ont été publiées dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de consultation publique de 30 jours et les décisions finales d'inscription pour les 44 espèces sont attendues au début de 2017.Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 11 mai 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 11 octobre 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril Résumés du COSEPAC sur les espèces terrestres admissibles pour ajout ou reclassification à l’annexe 1
  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017