Profil d'espèce

Pseudévernie fantôme

Nom scientifique : Pseudevernia cladonia
Autres noms/noms précédents : Évernie fantôme ,Panache ,Panaches
Taxonomie : Lichens
Distribution : Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2011
Dernière désignation du COSEPAC : Non en péril
Statut de la LEP : Aucune annexe, Aucun statut

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Pseudévernie fantôme

Description

Le panache est un gros lichen finement ramifié qui croit sur les arbres, plus précisément sur les brindilles et les branches de jeunes conifères. Comme son nom commun l’indique, il évoque par ses ramifications le panache d’un cervidé et se remarque ainsi facilement. Son corps principal, appelé « thalle », se ramifie de façon symétrique et répétitive à partir de la base. D’un blanc crayeux et de texture mate, ce lichen luxuriant peut atteindre jusqu’à 12 cm de diamètre et une épaisseur de 4 cm. Les plus gros spécimens, qui sont aussi les plus vieux, présentent à leur base des branches pouvant être aussi larges que 2,5 mm. Leurs faces inférieures, creusées d’un petit sillon, deviennent grises (ou brunes par endroits), grises tachetées de noir ou entièrement noires, quoique ces zones de pigmentation foncée développent parfois une mince pellicule cireuse d’un blanc cendreux et finement texturée. De façon générale, le thalle ressemble à un petit buisson. Il ne forme que très rarement des apothécies, de petites fructifications qui produisent des spores servant à la reproduction.

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Répartition et population

Le panache croît principalement dans les forêts montagnardes d’épinette et de sapin des Appalaches, dans l’est de l’Amérique du Nord, à partir des Great Smokies, au Tennessee et en Caroline du Nord, jusqu’au mont Katahdin, dans l’État du Maine, vers le nord. Dans les régions les plus nordiques, l’espèce se retrouve également à de basses altitudes, le long ou à proximité des côtes de la baie de Fundy et de l’Atlantique jusqu’en Nouvelle-Écosse. On compte aussi une population très isolée dans les hautes montagnes de la République dominicaine. Au Canada, le panache est présent dans une petite région des Appalaches du sud-est du Québec et, de façon dispersée, le long des côtes du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. On connaît au pays au moins 20 sites actuellement colonisés par le panache : 3 au Québec, 10 au Nouveau-Brunswick et 7 en Nouvelle-Écosse. Dans la plupart des sites des provinces maritimes, moins de 50 thalles ont été dénombrés, à l’exception remarquable d’un site du Nouveau-Brunswick, où plus de 2 000 thalles sont présents. Sur cinq populations des provinces maritimes découvertes avant 1990, trois n’ont pas été retrouvées en 2003 et 2004. Deux de celles-ci ont manifestement été détruites par le développement résidentiel, et une autre est vraisemblablement disparue suite à une épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette. La population connue du Québec, qui contenait au départ un nombre indéterminé d’individus colonisant un seul petit site et enregistrée pour la dernière fois en 1959, s’élevait en 2004 à plus de 3 000 000 de thalles répartis en deux sites. Il est probable que d’autres individus seront découverts en haute altitude dans une petite région montagnarde du sud-est du Québec, contiguë aux Etats-Unis, qui n’a pas encore été fouillée intensivement. Le nombre d’individus présents au Québec est estimé à plus de 10 000 000 et, dans les provinces maritimes, à plus de 2 600. La population canadienne totale du panache est probablement stable.

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Habitat

Au Canada, le panache croît dans les forêts fraîches et humides de conifères dominées par l’épinette rouge et le sapin baumier, dans les régions montagnardes ou côtières. Près des côtes, le panache croît uniquement dans l’intérieur humide des forêts. On ne le retrouve pas près du littoral exposé aux vents. Une caractéristique importante, commune à ces peuplements côtiers et montagnards, est leur immersion fréquente et souvent prolongée dans le brouillard ou les nuages. Ce lichen a été vu poussant sur du sapin baumier, de l’épinette rouge et, dans certains sites mal drainés, de l’épinette noire. Il se développe principalement au niveau des rameaux et des branches et, moins fréquemment, sur le tronc de ces espèces d’arbres ou sur les débris de bois au sol. La présence du panache, ainsi que son abondance relative, du moins au Québec, sont clairement déterminées par l’âge du peuplement et l’humidité. Sa présence restreinte aux forêts côtières brumeuses et montagnardes suggère qu’il a besoin de climats frais et humides. Plus on s’éloigne des zones côtières fraîches, plus l’espèce est restreinte, à des altitudes non montagnardes, à de vieux peuplements de milieu humide. La superficie totale de l’habitat du panache au Canada semble stable. La succession et la maturation des sapinières montagnardes dans des régions autrefois exploitées mais aujourd’hui protégées du sud-est du Québec pourraient favoriser l’augmentation graduelle des populations à l’intérieur de ces régions. Toutefois, de tels gains pourraient être annulés par des pertes résultant de l’exploitation potentielle des forêts montagnardes ainsi que du développement supplémentaire de tours de communication ou de l’industrie du ski alpin dans les sites des sommets. Dans les provinces maritimes, l’étendue des habitats potentiels est probablement stable.

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Biologie

Comme tous les lichens, le panache n’est pas constitué d’un seul organisme, mais de deux organismes coexistant dans une relation symbiotique (qui profite aux deux). Les filaments d’un champignon composent la plus grande partie de ce lichen, mais les cellules d’une algue verte vivent parmi ces filaments. Une fois établi dans un peuplement forestier, le panache semble incapable de se disperser rapidement ou sur une grande superficie. Ceci s’explique par le fait que ce lichen est dépourvu de propagules pouvant assurer sa propagation de façon végétative, sans qu’il y ait reproduction, et qu’il ne forme que très rarement des apothécies, de petites fructifications qui produisent des spores servant à la reproduction sexuée. Les pycnides, ces structures portant les spores asexuées du champignon, sont également rares. Cette espèce se reproduit donc principalement en se fragmentant. Toutefois, son thalle n’est pas particulièrement cassant. Ainsi, sa capacité à se disperser sur de grandes distances, ou même à se disperser à l’intérieur d’un même peuplement, semble limitée. Le vent et les animaux, en particulier les oiseaux, sont les principaux vecteurs de dispersion potentiels du panache. Puisque les branches de conifères où il pousse représentent des milieux acides, ce lichen est selon toute vraisemblance beaucoup moins affecté que d’autres par les polluants acidifiants, en particulier le dioxyde de soufre.

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L’exploitation des forêts humides d’épinette et de sapin détruira vraisemblablement les sites les plus susceptibles de contenir des populations. Le site comprenant plus de 75 % de la population connue dans les provinces maritimes se situe dans un vieux peuplement présentement menacé par l’exploitation forestière et le développement résidentiel. De plus, le panache est peu adapté pour se rétablir suite à de telles perturbations majeures en raison de sa capacité limitée à se disperser sur de grandes distances. La dynamique des perturbations naturelles dans les forêts d’épinette et de sapin, y compris les épidémies périodiques de tordeuse des bourgeons de l’épinette, entraîne localement des fluctuations dans les populations du panache. De nouveaux pathogènes forestiers, tels que le longicorne de l’épinette, un insecte introduit, pourraient représenter une menace plus importante. À plus long terme, l’importante population présente dans le sud-est montagnard du Québec est potentiellement menacée par la modification progressive dans l’altitude moyenne de la base des nuages. Des recherches révèlent que cette altitude a augmenté d’environ 4 m par année au cours des 30 dernières années, possiblement en raison du réchauffement climatique. Si le phénomène persiste, cette modification pourrait entraîner une réduction graduelle de la superficie occupée par la sapinière montagnarde humide, une forêt d’influence nuageuse qui est propice au panache. Au Québec, la population du parc du Mont-Orford est menacée par un projet de ski alpin. Cette même population pourrait également avoir vu sa taille réduite par la construction de plusieurs grandes tours de télécommunication.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pseudévernie fantôme (Pseudevernia cladonia) au Canada (2012)

    La pseudévernie fantôme (Pseudevernia cladonia) est un macrolichen arboricole blanc crayeux à fines ramifications dichotomes. Le thalle a un port en arbrisseau ressemblant à celui de certaines cladonies. Il ne produit pas de propagules végétatives et ne produit que très rarement des apothécies (organes de reproduction sexuée). À l’échelle mondiale, l’espèce se rencontre uniquement dans les forêts montagnardes ennuagées et les forêts côtières brumeuses de l’est de l’Amérique du Nord et des Antilles. On ne connaît aucun autre lichen ayant ce type de répartition. Les occurrences côtières de la pseudévernie fantôme se trouvent pour la plupart au Canada. Dans les localités montagnardes, l’espèce pourrait constituer un indicateur sensible des changements du climat et de la végétation.
  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le panache (Pseudevernia cladonia) au Canada (2006)

    Le Pseudevernia cladonia est un macrolichen de couleur blanc crayeux à gris pâle poussant sur les arbres, dont les lobes étroits bifurquent de façon symétrique. Bien que ces lobes soient aplatis en coupe transversale et que leur face inférieure soit canaliculée et tachetée de noir, le thalle, de façon générale, a un aspect fruticuleux qui ressemble en surface à celui d’une cladonie des rennes. Il est dépourvu de sorédies, d’isidies ou d’autres propagules végétatifs spécialisés et ne forme que très rarement des apothécies.

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Panache (2006)

    Cette espèce de macrolichen finement ramifié et d’un blanc crayeux se trouve sur les ramilles des conifères des forêts d’épinettes et de sapins des zones montagnardes et côtières froides de l’est de l’Amérique du Nord. Sa répartition est très sporadique au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, probablement en raison d’une capacité de dispersion limitée, et, dans le sud-est du Québec, elle est restreinte à quelques sommets de montagne dispersés ayant une altitude de plus de 800 m et à la ligne de partage des eaux longeant la frontière des États-Unis. Dans les endroits montagnards où se trouve l’espèce, la construction de tours de transmission, l’aménagement de pentes de ski alpin et l’exploitation forestière ont causé certaines diminutions de la superficie et de la qualité de l’habitat. Dans les Maritimes, certaines pertes de populations sont attribuables à l’exploitation forestière et à l’aménagement résidentiel. La gravité des menaces est compensée par l’abondance de l’espèce sur une grande aire et la découverte potentielle d’importantes populations sur certains sommets de montagne au Québec.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2011-2012 (2012)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (1er septembre 2011 au 30 septembre 2012), le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 21 au 25 novembre 2011, et la deuxième, du 29 avril au 4 mai 2012. Le 3 février 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC a également évalué la situation de la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 67 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2011-2012 sont les suivants : Disparues : 1 Disparues du pays : 4 En voie de disparition : 29 Menacées : 10 Préoccupantes : 15 Données insuffisantes : 2 Non en péril : 6 Total : 67 Sur les 67 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 49 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente (voir le tableau 1a).

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.