Profil d'espèce

Sébastolobe à longues épines

Nom scientifique : Sebastolobus altivelis
Taxonomie : Poissons
Distribution : Océan Pacifique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


Recherche avancée

Liens rapides : | Description | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Sébastolobe à longues épines

Description

Le sébastolobe à longues épines est un sébaste qui appartient à la famille des Scorpénidés. Ce sébaste à croissance lente s’est adapté pour survivre en eaux profondes caractérisées par des concentrations réduites d’oxygène et une forte pression. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il est souvent l'espèce prédominante des milieux benthiques profonds (plus de 800 m sous la surface), où il joue probablement un rôle écologique important. Le sébastolobe à longues épines se reconnaît à sa coloration rougeâtre et à ses nageoires partiellement noires, ainsi qu’à ses gros yeux et aux épines robustes et acérées qui lui ornent la tête. Il peut atteindre 35 cm de longueur.

Haut de la page

Répartition et population

Le sébastolobe à longues épines se trouve dans le Pacifique, depuis l’extrémité sud de la Basse-Californie, au Mexique, jusqu’aux îles Aléoutiennes, en Alaska, à des profondeurs de 370 à 1 600 m. En Colombie-Britannique, il vit le long du talus continental dans les eaux de 500 à 1 600 m de profondeur. Il y est pêché dans trois zones de gestion des pêches du MPO. Le principal groupe occupe la côte Ouest de l’île de Vancouver ou COIV; deux autres groupes, plus petits, occupent la zone Tidemarks et la baie Rennell, plus au nord. L’abondance absolue de l’espèce est inconnue, mais les pêcheurs ont extrait environ 6 500 t de sébastolobe à longues épines des eaux côtières canadiennes de 1996 à 2005.

Haut de la page

Habitat

Le sébastolobe à longues épines préfère les substrats de sable meuble ou de vase, dans des eaux profondes caractérisées par une faible productivité, une forte pression et des concentrations réduites d'oxygène. À ces profondeurs, où peu d’espèces peuvent survivre, peu de proies sont disponibles. Les sébastolobes des eaux profondes sont adaptés à ce milieu; sédentaires, leur rythme métabolique est extrêmement lent, ce qui leur permet d’espacer les périodes d’alimentation de 130 à 180 jours en moyenne.

Haut de la page

Biologie

Au printemps, les femelles pondent de 20 000 à 450 000 œufs fécondés dans une enveloppe gélatineuse qui flotte à la surface, et c'est dans ces eaux superficielles que les œufs éclosent. Les larves et les juvéniles parvenus aux premiers stades de croissance demeurent dans la couche d'eau supérieure de 200 m pendant six mois. À mesure que les juvéniles grossissent, ils migrent progressivement vers des eaux plus profondes et restent généralement à des profondeurs d’environ 600 m pendant un an. Les jeunes poissons finissent par s'établir directement dans l'habitat des adultes, entre 600 et 1 200 m de profondeur. Les juvéniles se nourrissent d'euphausiacés, tandis que les adultes chassent les ophiures, d’autres organismes qui vivent sur le fond. Les gros mangent régulièrement les petits. Le sébastolobe à longues épines cesse de grossir à une longueur d’environ 30 cm, ce qui correspondrait à l’âge approximatif de 25 à 45 ans. On ne sait pas jusqu’à quel âge il peut vivre, mais les estimations le situe entre 45 et 70 ans.

Haut de la page

Menaces

Le sébastolobe à longues épines est une espèce des grands fonds qui occupe un environnement de faible productivité, et sa principale menace est la surpêche. L'industrie exporte ce poisson au Japon, où il est très prisé pour la préparation de mets raffinés. Depuis le début de la pêche commerciale ciblée de cette espèce, en 1996, les prises commerciales par unité d’effort ont régressé de plus de 50 p. 100 sur 8 ans.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Le sébastolobe à longues épines est protégé en vertu de la Loi sur les pêches. Des totaux autorisés des captures ventilés par zone et par flottille sont en place pour la pêche de l’espèce. À l'heure actuelle, la zone Flamingo (côte ouest de l'île Moresby) est fermée à la pêche au chalut dirigée de ce sébaste. La pêche au chalut n’est pas pratiquée dans la zone Triangle en raison du relief escarpé et accidenté du plancher océanique. Les chalutiers commerciaux n’ont pas l’habitude de pêcher à des profondeurs supérieures à 1 200 m, alors que, de 1996 à 2005, selon les données de recherche, le sébastolobe à longues épines se trouvait à des profondeurs allant jusqu’à 1 600 m.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Sébastolobe à longues épines (2007)

    Ce sébaste à croissance lente s’est adapté pour survivre en eaux profondes où la concentration en oxygène est minimale et la productivité est faible. Depuis le début de son exploitation au milieu des années 1990, on estime que la capture commerciale par unité d'effort a chuté de plus de 50 % en huit ans. La pêche est la principale et probablement la seule cause de ce déclin. Même si la pêche est gérée par des limites de récolte et que les activités de pêche sont surveillées de près, aucune stratégie de gestion ne prévoit de mesures visant à rectifier la récolte en fonction des changements dans l'abondance. Le déclin considérable des indices d'abondance sur une courte période ainsi que le cycle vital très lent de l'espèce sont des sources de préoccupation, mais la capture par unité d’effort à des fins commerciales pourrait ne pas refléter avec précision les changements dans l’abondance. De plus, une immigration en provenance de populations avoisinantes depuis les États-Unis est possible.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas satisfait à l’article 47 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui exige l’élaboration d’un plan d’action pour les espèces présentes à l’intérieur des limites de ce site nécessitant un plan d’action. Ce plan d’action sera mis à jour afin d’inclure toutes les mesures de conservation et de rétablissement des espèces marines en péril après l’achèvement du premier plan directeur intégré pour la terre, la mer et les gens concernant la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation, et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (ci­après appelé Gwaii Haanas). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces avec des préoccupations de conservation, qui sont régulièrement présentes sur le site.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du complexe des sébastes à œil épineux et à taches noires (Sebastes aleutianus et S. melanostictus) ainsi que du sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis) au Canada (2012)

    Le sébaste à œil épineux (Sebastes aleutianus) et le sébaste à taches noires(Sebastes melanostictus) forment un complexe qui fait partie de la famille des scorpénidés. Il s’agit probablement des poissons les plus longévifs de la planète; en Alaska, des scientifiques ont en effet établi l’âge d’un spécimen à 205 ans. Ces poissons, de couleur rouge, présentent des taches pigmentaires empourprées ou sombres dans la région dorsale et n’atteignent généralement pas plus de 80 cm de longueur. Les deux espèces se ressemblent, mais leur couleur est légèrement différente. Le complexe, qui est présent dans le Pacifique, occupe une aire de répartition qui s’étend du nord-ouest du Pacifique jusqu’à la Colombie-Britannique et au sud de la Californie. L’aire de répartition et l’abondance relative de ces deux espèces dans les eaux canadiennes demeurent cependant inconnues.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.