Profil d'espèce

Requin griset

Nom scientifique : Hexanchus griseus
Taxonomie : Poissons
Distribution : Océan Pacifique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Requin griset

Description

Le requin griset est le plus grand requin prédateur (longueur maximale enregistrée de 4,8 m) que l’on retrouve habituellement dans les eaux pacifiques du Canada. Il est l’une des quatre espèces appartenant à la famille des Hexanchidés, désignée parfois en anglais sous le nom de « cow sharks ». Le nom anglais de l’espèce (« sixgill ») désigne les six fentes branchiales que possède cette espèce alors que la plupart des autres requins n’en ont que cinq. De plus, le requin griset se distingue facilement des autres espèces par son unique nageoire dorsale contrairement aux autres requins de la côte du Pacifique qui en possèdent deux. Sur la face dorsale, les requins grisets sont de teinte brun foncé ou gris allant jusqu’au noir mais cette coloration s’éclaircit vers la face ventrale. Leur tête est large et comprimée verticalement avec un museau arrondi et des yeux d’un vert vif.

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Répartition et population

Le requin griset compte parmi les espèces de requins possédant la plus vaste aire de répartition dans le monde. Il est très répandu sur les plateformes continentales et insulaires des mers tempérées et tropicales de la planète. Au Canada, l’espèce se retrouve très probablement dans l’ensemble des eaux du Pacifique, y compris dans les bras de mer, la plateforme et la pente continentales ainsi que le détroit de Georgie. La présence de cette espèce a également été signalée deux fois dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable qui permette de déterminer la population du requin griset en eaux canadiennes. Historiquement, la population de l’espèce dans le nord-est du Pacifique a été estimée, d’après des techniques génétiques, à environ 8 000 individus. Toutefois, ce nombre demeure très incertain et ne peut être utilisé pour estimer l’abondance actuelle. D’après une vidéosurveillance et des données empiriques recueillies lors de plongées, le nombre de requins grisets immatures aperçus en un point peu profond du détroit de Georgie a diminué de plus de 90 % au cours des cinq dernières années. Il est peu probable que le déclin observé à cet endroit soit relié à la mortalité des prises accessoires mais plutôt à un changement distributionnel lié à des modifications importantes des conditions environnementales comme la hausse des températures de l’eau dans le détroit.

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Habitat

Le requin griset est surtout considéré comme une espèce benthique qui fréquente les eaux à des profondeurs supérieures à 91 m, mais il peut se retrouver aussi bien à la surface qu’à des profondeurs de 2 500 m. L’espèce vit principalement à la limite extérieure des plateformes continentale et insulaire. On croit que les jeunes requins grisets demeurent dans les eaux moins profondes de la plateforme continentale et du sommet de la pente continentale. Avant d’atteindre l’âge adulte, ils descendent en eaux plus profondes, le long de la pente. Au Canada, les requins grisets immatures effectuent régulièrement des incursions dans les eaux peu profondes de certaines zones du Pacifique, ce qui permet aux plongeurs de les observer.

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Biologie

Les chercheurs croient que l’accouplement et la parade nuptiale ont lieu en eaux profondes. Les requins grisets sont ovovivipares, c’est-à-dire que le jeune éclot dans le corps de la femelle avant d’être libéré. Les femelles ont un cycle de reproduction de deux ans et une gestation estimée de 12 à 24 mois. Selon les trois seules sources crédibles que nous possédons, le nombre de petits portés par les femelles serait de 47 à 70 petits d’une taille allant de 61 à 73 cm. Les femelles du requin griset atteignent une plus grande taille que les mâles. La longueur à maturité pour les femelles est de 421 à 482 cm alors que celle des mâles est de 310 cm. Il est très rare d’observer des animaux matures : une seule femelle mature a été enregistrée dans les eaux du nord-est du Pacifique à ce jour. L’âge de la maturité est le plus souvent de 11 à 14 ans pour les mâles et de 18 à 35 ans pour les femelles, et la longévité de cette espèce est estimée à 80 ans. Ces chiffres n’ont toutefois pas été confirmés par des études valides sur la détermination de l’âge. Le requin griset est omnivore et s’alimente surtout la nuit d’une grande diversité de proies. Les individus matures se déplacent généralement vers des zones nourricières moins profondes lorsque vient le temps de mettre bas. Les juvéniles semblent privilégier les eaux côtières moins profondes et demeurent longtemps dans des zones relativement restreintes. Les comportements migratoires liés aux saisons et/ou à la latitude n’ont pas été consignés.

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Menaces

La pêche est la seule menace immédiate connue pour les populations de requins grisets au Canada. De récentes observations démontrent que cette espèce est régulièrement capturée comme prise accessoire dans les pêches du flétan et de l’aiguillat commun. Il n’y a actuellement pas de pêche au requin griset au pays. Toutefois, l’espèce a déjà été la cible d’au moins trois pêches dirigées en eaux canadiennes. La première a eu lieu au début des années 1920 et s’intéressait à la peau de l’espèce utilisée dans la fabrication de cuir de requin. La deuxième, dont la cible était le foie des requins en raison de la vitamine A qu’il contient, s’est déroulée entre 1937 et 1946. La troisième pêche commerciale de requins grisets a débuté, à titre expérimental, à la fin des années 1980 et s’est poursuivie jusqu’au début des années 1990. Elle a cependant été interrompue en raison de préoccupations ayant trait à la conservation.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’UICN a désignée le requin griset comme « espèce à faible risque/quasi menacée » (LR/nt) (Shark Specialist Group 2000). En Colombie-Britannique, il est interdit de conserver ou de vendre des requins grisets capturés à la ligne, que ce soit dans le cadre de pêches commerciales ou récréatives. Dans les eaux de Puget Sound, les pêches commerciales et récréatives de l’espèce sont fermées de façon permanente depuis 2001. Depuis avril 2006, toutes les pêches commerciales à la ligne menées dans les eaux canadiennes du Pacifique font l’objet d’une surveillance en mer de 100 % assurée par des observateurs et une surveillance électronique (vidéosurveillance). Cette surveillance permettra éventuellement de faire des estimations très fiables de la capture d’espèces non visées, dont celle du requin griset. (Le niveau actuel de présence d’observateurs ne permet pas d’identifier les requins au niveau des espèces.)

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin griset (Hexanchus griseus) au Canada (2007)

    Le requin griset (Hexanchus griseus) est l’une des quatre espèces appartenant à la famille des Hexanchidés, que l’on désigne parfois en anglais sous le nom de « cow sharks » (requins vaches). Le nom anglais de l’espèce, « sixgill », fait référence à la présence de six fentes branchiales puisque la plupart des autres espèces de requins n’en ont que cinq. La structure de la population des requins grisets dans les eaux du Pacifique du Canada est inconnue. Aux fins du présent rapport, les requins grisets de l’ensemble des eaux canadiennes sont considérés comme une seule unité désignable.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Requin griset (2007)

    Ce grand requin massif (longueur maximale enregistrée de 4,8 m) est une espèce benthique très répandue dans les plate-formes continentale et insulaire des mers tempérées ou tropicales à l’échelle mondiale. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il se trouve dans les anses et le long du plateau et de la pente continentales, généralement à des profondeurs supérieures à 91 m (de 0  à 2 500 m). En l’absence d’information sur la structure de la population, il est traité à des fins d’évaluation comme une seule population. La taille actuelle de la population et les tendances en matière d’abondance sont inconnues. Le seul indice d’abondance disponible, à savoir les taux d’observation de requins immatures à un site peu profond du détroit de Géorgie, a diminué de manière significative (> 90 %) au cours des cinq dernières années. Il est peu probable que cet indice soit représentatif de la tendance générale en matière d’abondance parce qu’on y observe seulement des requins immatures et que le site est peu profond par rapport à la profondeur préférée. La pêche est la principale menace connue qui pèse sur l’espèce. Ce requin a fait l’objet d’au moins trois pêches dirigées dans les eaux canadiennes, plus récemment à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Il continue d’être capturé de façon accessoire, mais le taux de survie des requins rejetés à la mer est inconnu. Les requins observés par les plongeurs portent parfois des cicatrices qui sont le résultat d’un enchevêtrement dans les engins de pêche. En raison de son âge de maturité tardif (de 18 à 35 ans chez les femelles), il est probablement vulnérable à la surpêche même à de faibles taux de mortalité. L’abondance et les habitudes de déplacement de cette espèce ailleurs dans le monde sont peu connues; par conséquent, le potentiel d’immigration de source externe est inconnu.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national Pacific Rim (2017)

    Adossée aux monts insulaires de l'île de Vancouver et faisant face à l'océan Pacifique, la réserve de parc national Pacific Rim (RPN Pacific Rim) protège et présente le riche patrimoine naturel et culturel de la côte Ouest du Canada. La RPN Pacific Rim se compose de trois secteurs géographiques distincts, soit les secteurs de la plage Long, de l'archipel Broken Group et du sentier de la Côte-Ouest, chacun d'eux offrant une gamme unique d'expériences aux visiteurs. D'une superficie totale de 51 216 hectares, la réserve de parc abrite d'importantes zones de forêt humide tempérée mature, de systèmes de dunes côtières, de zones humides, de zones intertidales et d'habitats marins, ce qui lui permet de démontrer l'interdépendance qui existe entre la terre, la mer et les humains. Ces merveilles de la nature sont intimement liées à la culture des Premières nations Nuu-chah-nulth (passée et présente) et à celle des explorateurs et colons européens.
  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas satisfait à l’article 47 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui exige l’élaboration d’un plan d’action pour les espèces présentes à l’intérieur des limites de ce site nécessitant un plan d’action. Ce plan d’action sera mis à jour afin d’inclure toutes les mesures de conservation et de rétablissement des espèces marines en péril après l’achèvement du premier plan directeur intégré pour la terre, la mer et les gens concernant la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation, et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (ci­après appelé Gwaii Haanas). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces avec des préoccupations de conservation, qui sont régulièrement présentes sur le site.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du requin griset (Hexanchus griseus) et du milandre (Galeorhinus galeus) au Canada (2012)

    Le requin griset (Hexanchus griseus) et le milandre (Galeorhinus galeus) sont deux poissons marins qui ont été inscrits en tant qu’« espèces préoccupantes » à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en mars 2009. Cette inscription faisait suite à la désignation des deux espèces comme étant « préoccupantes » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2007. Le requin griset est un prédateur opportuniste largement réparti dans les mers tempérées et tropicales autour du globe. Il fréquente vraisemblablement une vaste fourchette de profondeurs (de la surface à 2500 m) dans l’ensemble des eaux canadiennes du Pacifique, y compris les bras de mer, les eaux du plateau et du talus continentaux ainsi que le détroit de Georgia. On estime que l’âge à la maturité se situe entre 11 et 14 ans chez le mâle et entre 18 et 35 ans chez la femelle, et que la longévité peut atteindre 80 ans. La longueur maximale est de 350 cm chez le mâle et de 480 cm chez la femelle. On ignore quelle est l’abondance actuelle de l’espèce dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.